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« Non, non … ils n’en font pas trop ! »


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« Tant que ça marche, faut sur­tout pas mol­lir. Le peuple aime ça, il en rede­mande même … et puis ça fait autant d’occasions de ne pas voir la binette de Nico­las SARKOZY ou la che­ve­lure blonde de Marine LE PEN au pre­mier rang … allons-y ! ».

Devant les inter­ro­ga­tions qui ne peuvent man­quer d’assaillir les moins atteints par l’esprit cour­ti­san, ain­si par­lait sûre­ment, non Zara­thous­tra, mais le chef des com­mu­ni­cants de l’Elysée à pro­pos de la rafale — oh par­don pour ce mot que j’aurais dû évi­ter — de célé­bra­tions et remises de Légions d’Honneur post­humes à ceux qui ne sont plus là pour la refu­ser. Et puis Fran­çois MITTERRAND, le Men­tor, qui a eu la bonne idée de mou­rir il y a juste vingt ans …

La per­fide Albion s’est empa­rée, elle, de la mémoire de Dié­sel, cette chienne de race mâli­noise qui mou­rut dans l’offensive du RAID à Saint Denis. Les Anglais lui ont attri­bué la médaille Dickin, pri­vant ain­si Fran­çois HOLLANDE de la pos­si­bi­li­té de lui remettre à titre post­hume le Mérite Agri­cole et d’apposer une plaque à la niche où elle avait vu le jour !

En tout cas, plan­ter un chêne du sou­ve­nir Place de la Répu­blique … ça n’est pas bête du tout. Lorsqu’on approche de la fin de son pre­mier man­dat, il ne fau­drait pas plan­ter un tremble … qui pousse beau­coup trop vite et que le moindre coup de vent fait jus­te­ment trem­bler. Non un chêne qui pousse très len­te­ment ça ne peut que don­ner l’envie de recon­duire le Pré­sident pour un nou­veau man­dat afin qu’il puisse, chaque année et jusqu’à ce que l’arbre soit deve­nu majes­tueux, venir l’arroser un peu et ajou­ter une plaque com­mé­mo­ra­tive. Puisqu’on parle de révi­sion consti­tu­tion­nelle, pour­quoi, d’ailleurs, ne pas sup­pri­mer cette idiote limi­ta­tion à deux quin­quen­nats ? On pour­rait modi­fier l’article 6 en disant plu­tôt « Le Pré­sident de la Répu­blique est élu pour cinq ans au suf­frage uni­ver­sel direct. Il doit exer­cer le nombre de man­dats néces­saires pour voir gran­dir les chênes com­mé­mo­ra­tifs qu’il a plan­tés ».

Ah ! non, vrai­ment Fran­çois HOLLANDE, Manuel VALLS, Anne HIDALGO n’en font pas trop avec cette sur­ac­ti­vi­té com­mé­mo­ra­trice, qui n’a abso­lu­ment pas les appa­rences d’une récu­pé­ra­tion poli­ti­cienne de l’émotion popu­laire.

D’ailleurs, l’an pro­chain, vous ver­rez que les céré­mo­nies seront consa­crées aux cinq-cent-mille chô­meurs de moins que l’inflexion de la courbe du chô­mage aura pro­vo­qués. Cinq-cent-mille ex-chô­meurs conviés, Place de la Répu­blique, pour entou­rer les plus hautes auto­ri­tés de l’Etat en train d’arroser le chêne … ça aurait de la gueule cent jours avant l’élection pré­si­den­tielle ! On peut bien rêver … non ?

Jean-Paul BOURGЀS 10 jan­vier 2016




  • 17 réponses “« Non, non … ils n’en font pas trop ! »”

    1. Al Ceste
      10 janvier 2016 à 16 h 01 min

      Pour l’indécence récu­pé­ra­trice, ne pas oublier le coup de la Légion d’honneur attri­buée à des morts et non à des vivants. Copie d’un mel envoyé à CH :

      Hier sur Inter, en fin d’après-midi, il a été ques­tion de l’indécente Légion d’honneur jetée sur les corps de vos amis. Je veux bien que la fatigue com­men­çait à vous gagner, et à cor­ro­der votre luci­di­té, mais quelle décep­tion que votre réac­tion molle, moi qui atten­dais rire et colère ! La Légion d’honneur à Cabu l’éternel anti-mili­ta­riste, inca­pable de se défendre avec un crayon dans son trou ! Le même ruban con dont se pare une Bal­ka­ny, un Woerth, un De Maistre ! Pou­vez-vous réa­li­ser le sale coup en cours sur des morts sans défense ? N’avez-vous pas vu qu’ils se gardent bien de la don­ner à Riss, à Nico­li­no, à Lan­çon dont la résur­rec­tion par chro­nique inter­po­sée est ce que je lis de plus fort dans CH ? Alors que si les morts ont eu le cou­rage de leurs écrits et des­sins, eux ont en plus le cou­rage de conti­nuer ? Que si la Hol­lan­die ne les médaille pas c’est qu’elle a trop peur qu’un refus à la Tar­di (vous connais­sez ?) leur pète à la gueule ? Que les mêmes poli­ti­cards qui jesui­schar­lient à tour de bras conti­nuent et aggravent la casse de la France ?
      Pitié, réglez-leur ce compte au plus vite et ces­sez de par­ler dans le poste, retour­nez à votre heb­do, c’est ce que vous faites de mieux.

      • 10 janvier 2016 à 16 h 33 min

        Bra­vo ! L’un de mes grands-pères se vit attri­buer la Légion d’Honneur à titre post­hume en décembre 1914. Mais il était mort au front, en Bel­gique, en ayant refu­sé d’être éva­cué sur une civière bien qu’ayant eu la jambe bri­sée par une pre­mière balle … et c’est en com­man­dant depuis sa civière qu’une deuxième balle dans la tête l’avait ache­vé. Il détes­tait la guerre, il savait qu’il ne revien­drait pas de la guerre … il a trans­mis son hor­reur de la guerre à maman sa fille et à son petit-fils, un cer­tain Jean-Paul.

    2. 10 janvier 2016 à 18 h 46 min

      Il se ven­dait en Grande-Bre­tagne, dans les “car boot sales” (nos vide-gre­niers) des pots de chambre au fond des­quels était peinte la Vic­to­ria Cross, équi­valent de notre roseur de la légion d’honnêtes.

      Alphonse Allais disait qu’il ne vou­lait pas por­ter un trou du cul d’éléphant à sa bou­ton­nière.

      • 10 janvier 2016 à 19 h 18 min

        Dans mon bureau, à côté de la table où j’écris (En fait, où je tape sur mon cla­vier), j’ai la seule chose concrète qui me reste de ce grand-père. Sa veste de capi­taine avec la Légion d’Honneur qui fut accro­chée sur la veste il y a plus de cent ans. Je regarde donc sou­vent cette veste qui est un rap­pel per­ma­nent de l’horreur et de la sot­tise de la guerre, car rien ne jus­ti­fiait d’interrompre ain­si la vie d’un homme aimant la vie, les belles choses, sa famille (Dont une enfant de neuf mois … qui est morte cent un an plus tard, sans avoir eu de père, en novembre 2015).

        • Al Ceste
          10 janvier 2016 à 19 h 27 min

          Un grand père de ma connais­sance avait été gazé. Il fut dix ans sans pou­voir se nour­rir autre­ment que de lait. Il atten­dit en vain cette médaille pen­dant des dizaines d’années. Bah oui, les déco­ra­tions sont tou­jours l’occasion pour des poli­ti­ciens de faire leur com’, il convient donc de ne pas les don­ner toutes d’un coup. Il avait juré que s’il la rece­vait, il l’accrocherait au col­lier de son chien. Quand elle est arri­vée, il n’a pas osé et est mort en se le repro­chant.

          • 10 janvier 2016 à 20 h 12 min

            La guerre est atroce … et le com­por­te­ment des poli­ti­ciens ne l’est pas moins.

            • 10 janvier 2016 à 22 h 13 min

              Est-ce donc si dif­fi­cile d’éviter les évé­ne­ments qui mènent à la guerre ? Nous les éli­sons pour nous évi­ter cela, mais… Dans la main des cupides, ils oublient.

              • 10 janvier 2016 à 22 h 34 min

                Cher Lar­bi, sont-ils si inno­cents que l’on puisse juste les ima­gi­ner comme des jouets aux mains des “cupides” ? Je l’ai long­temps pen­sé … mais comme je mets du temps à com­prendre, j’ai de plus en plus de doutes à ce sujet. Si c’était le cas, n’auraient-ils pas un sur­saut de digni­té en disant leur révolte ?

                • 10 janvier 2016 à 22 h 47 min

                  J’ai le même doute. Pour­tant, n’y a-t-il pas plus de digni­té chez un serf que chez un baron ? chez un SDF que chez un ministre du loge­ment ? Ils ont de l’amour-propre, mais peu de digni­té. Les grandes écoles leur apprennent sur­tout à res­ter fermes sur leurs posi­tions. “Bon Dieu ! Qu’est-ce que j’ai été bête !” ne fait pas par­tie de leur (dé)formation.

                  • 10 janvier 2016 à 22 h 48 min

                    Oui … et que c’est triste !

                  • 11 janvier 2016 à 7 h 41 min

                    Par­mi ce que j’essaye d’apprendre à mes jeunes internes, il y a le doute, la pos­si­bi­li­té de faire des erreurs et de les accep­ter pour pro­gres­ser sans que cela ne remette en cause ses com­pé­tences…

                     

                    • 11 janvier 2016 à 9 h 12 min

                      L’expérience de l’échec est irrem­pla­çable.

                      • 11 janvier 2016 à 10 h 35 min

                        On n’apprend pas beau­coup par ses réus­sites … mais uni­que­ment par ses échecs.

                    • Al Ceste
                      11 janvier 2016 à 11 h 56 min

                      Oh là là, vous allez contre ma doxa domi­nante, qui veut que seuls comptent les win­ners, que la seule bonne place est la pre­mière…

                      • 11 janvier 2016 à 12 h 44 min

                        Mais, cher AL CESTE, les win­ners sont jus­te­ment ceux qui ont tel­le­ment appris de leurs échecs … qu’ils arrivent au pre­mier rang !

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