Aller à…

Indiscipline !

Savoirs, nature, cultures et alternatives sociales

Indiscipline ! sur LinkedInFlux RSS

Par ici la danse … chemins de la Pierre de l’eau et de la Pierre de feu


J’ai passé l’après-midi à Saint-Agrève où trois associations locales, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler, le Centre Haroun TAZIEFF, la compagnie de danse L’Art Sème et le Centre Astronomique de Mars, présentaient à des élus et des acteurs de la culture du Val d’Eyrieux, un vaste projet culturel issu de diverses réflexions ancrées sur les caractéristiques de ce territoire qui bénéficie d’une appellation de « Géoparc » attribuée par l’UNESCO.

Le sommet de l’Ardèche se trouve au Mont Mézenc avec ses 1.753 m, à côté de son petit frère, le Mont Gerbier de Jonc 1.551 m, où la Loire prend sa source. C’est dans cette zone volcanique qui façonna ce pays, que les derniers volcans crachèrent le feu et la lave à l’époque où nos ancêtres faisaient de la Grotte Chauvet, cette cathédrale où ils peignirent de main de maître ce qui devait exprimer leur cosmogonie.

Alors que le volcanisme a laissé de magnifiques orgues de basalte jusqu’à quelques dizaines de kilomètres de Vallon-Pont d’Arc, on ne peut s’empêcher de penser que la pierre qui résulte du feu de la Terre, et la pierre qui, dans la grotte, résulte de l’écoulement de l’Eau dans des stalactites se sont mariées ici pour constituer la pierre angulaire culturelle de ce territoire.

Le projet présenté par les trois associations vise, en association étroite avec les habitants, les touristes, les collectivités, à parcourir le territoire à la redécouverte des racines de sa géographie humaine. Ces parcours reposeront sur la danse (Sûrement l’une des expressions artistiques primordiales dès les temps les plus reculés), les traditions orales par les contes, les métiers artisanaux qui utilisent la pierre. A chaque étape des conférences et des projections des films accumulés par Haroun TAZIEFF au long de quarante années d’exploration permettront de remettre le volcanisme au centre de la connaissance du territoire puisque les volcans l’expliquent largement.

Nous aurions tort de croire que l’homme ne s’est intéressé au ciel que récemment et le premier GPS s’est certainement fondé sur l’observation du ciel. La Grande Ourse et la Petite Ourse, avec son point fixe de l’Etoile Polaire, sont-elles vraiment sans lien avec ses ours nombreux dont les parois de Chauvet sont revêtues ? Je ne sais, mais l’observation des cieux, souvent si beaux sur le Plateau Ardéchois, grâce à un air plus pur qu’ailleurs, sera mise à contribution par l’intermédiaire du Centre Astronomique de Mars, qui est doté d’un matériel de pointe pour ces observations.

Nos interlocuteurs, dont certains qui avaient été associés à la préparation du projet, sont apparus tout à fait intéressés et prêts à accueillir cet ensemble aussi original que le rassemblement de ses promoteurs qui viennent d’horizons divers mais aiment ce pays.

Le Géoparc des Monts d’Ardèche fut constitué pour équilibrer l’ouverture de la réplique de la Grotte Chauvet par une animation culturelle de la montagne ardéchoise. Je considère que ce projet est une occasion de montrer que la Grotte Chauvet est la fille du Territoire du Géoparc et que les deux aspects ne peuvent être dissociés sans nous amputer d’une partie de notre extraordinaire patrimoine qui a au moins quarante-mille ans.

Jean-Paul BOURGЀS 2 février 2016




  • 5 réponses “Par ici la danse … chemins de la Pierre de l’eau et de la Pierre de feu”

    1. Photo du profil de
      Al Ceste
      2 février 2016 à 23 h 11 min

      Témoignage rassurant de la vitalité de territoires provinciaux (ce qui pour d’aucuns est une tare). De la capacité à fédérer toutes les énergies jusqu’aux plus modestes. De ce qu’on peut s’appuyer sur un patrimoine sans nostalgie passéiste équivoque à la Puy du Fou.

      • Photo du profil de Jean-Paul Bourgès 3 février 2016 à 0 h 56 min

        Je suis très attaché à ce territoire … d’adoption depuis quarante ans. On est loin d’une culture amidonnée et la densité d’énergies créatives y est impressionnante.

    2. Igor Babou 3 février 2016 à 6 h 14 min

      Depuis la maison de campagne de mes parents, on voit le Mézenc, et c’est un mont que je m’acharnais à peindre quand j’étais enfant et que je croyais avoir un talent de dessinateur, ce qui était loin d’être le cas…

      Je me demandais si l’Unesco avait déjà inscrit le géoparc ou si la procédure était encore en cours ? Et par ailleurs, quel est le lien entre ce projet et le projet d’inscription de la chaîne des puys au patrimoine mondial ? Il se trouve que j’avais été invité par les universitaires à l’origine du projet d’inscription à donner une conférence dans un colloque sur ces questions là, puisque j’ai aussi travaillé sur l’inscription d’un site marqué par le volcanisme (La Réunion).

      Petite précision : l’inscription d’un site à l’Unesco, en tout cas au patrimoine mondial (pour les géoparcs, c’est peut-être autre chose, je connais moins), n’a rien à voir avec la vitalité ou la pertinence d’un patrimoine dans son territoire, mais avec la démonstration scientifique de sa « valeur universelle exceptionnelle », donc avec une comparaison internationale de sites. Si jamais ça vous intéresse, j’ai écrit à ce sujet, et j’ai des textes qui vont sortir à nouveau bientôt sur cette question de la patrimonialisation de l’environnement et des enjeux culturels du patrimoine naturel qui est mon thème de recherche.

    Laisser un commentaire