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L’université trahie


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Voi­ci la réac­tion offi­cielle com­mune de :
- l’As­so­cia­tion des Ensei­gnants Cher­cheurs en Science Poli­tique (AECSP) ;
- l’As­so­cia­tion Fran­çaise de Socio­lo­gie (AFS)
- l’As­so­cia­tion des Socio­logues Ensei­gnants du Supé­rieur (ASES)
face au vote au sénat d’un amen­de­ment sup­pri­mant les pro­cé­dures de qua­li­fi­ca­tion par les CNU.

L’u­ni­ver­si­té tra­hie

Après le vote de la loi sur l’enseignement supé­rieur et la recherche de la ministre Gene­viève Fio­ra­so au Sénat, la com­mu­nau­té scien­ti­fique est aba­sour­die et ulcé­rée. En effet, un amen­de­ment pro­po­sé par le groupe éco­lo­giste qui per­met à une uni­ver­si­té de recru­ter un ensei­gnant cher­cheur sans que ce der­nier n’ait été qua­li­fié par une sec­tion du Conseil natio­nal des uni­ver­si­tés (CNU) a été adop­té. Or, en allant dans cette direc­tion, c’est toute la ges­tion et l’organisation natio­nale de l’activité des scien­ti­fiques qui est aban­don­née.

La pro­cé­dure de qua­li­fi­ca­tion du CNU per­met de garan­tir la qua­li­té des thèses sou­te­nues dans l’ensemble des uni­ver­si­tés fran­çaises à par­tir de cri­tères d’évaluation équi­va­lents pour l’ensemble des can­di­dats aux métiers d’enseignants-chercheurs. Ces cri­tères sont fixés par la com­mu­nau­té scien­ti­fique elle-même. Avec la sup­pres­sion de cette éva­lua­tion natio­nale – en totale contra­dic­tion avec la mul­ti­pli­ca­tion des pro­cé­dures d’évaluation inutiles que l’on nous impose par ailleurs —  les uni­ver­si­tés et leurs ins­tances admi­nis­tra­tives seront libres de déter­mi­ner les cri­tères de recru­te­ment des nou­veaux col­lègues. Le risque sera donc grand de voir s’aggraver le loca­lisme, c’est-à-dire de voir se mul­ti­plier les recru­te­ments qui devront moins à la qua­li­té d’enseignant et de cher­cheur du can­di­dat sélec­tion­né, qu’à des jeux d’arrangements poli­tiques et de petites faveurs per­son­nelles.
Alors que le pro­jet de loi pré­sen­té par le gou­ver­ne­ment souffre d’un manque fla­grant d’ambition et rend impos­sible la rup­ture deman­dée avec la loi LRU de Valé­rie Pécresse, cet amen­de­ment ne contri­bue pas seule­ment à remettre un peu plus en cause le sta­tut des ensei­gnants-cher­cheurs et le cadre natio­nal de l’université publique. Il menace aus­si direc­te­ment la qua­li­té de l’enseignement et de la recherche qui y sont pra­ti­quées aujourd’hui.
C’est pour­quoi l’As­so­cia­tion des Ensei­gnants Cher­cheurs en Science Poli­tique (AECSP) ; l’As­so­cia­tion Fran­çaise de Socio­lo­gie (AFS) et l’As­so­cia­tion des Socio­logues Ensei­gnants du Supé­rieur (ASES) exigent que la com­mis­sion mixte pari­taire qui se réuni­ra la semaine pro­chaine retire cet amen­de­ment. Elles comptent sur le sens des res­pon­sa­bi­li­tés et des réa­li­tés de cha­cun des par­le­men­taires. Elles rap­pellent qu’elles sou­haitent aus­si la sup­pres­sion de l’agence d’évaluation AERES au pro­fit de la créa­tion d’une nou­velle ins­tance pari­taire et démo­cra­tique.
Igor Babou
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