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Le secret de la confession …


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Depuis plu­sieurs années le tronc situé à côté des cierges d’une église du Var, accu­sait un défi­cit de recette de l’ordre de trois mille euros.
Nul n’avait jamais pu iden­ti­fier l’auteur ou les auteurs d’actes de pira­te­rie fort pré­ju­di­ciables au bon équi­libre finan­cier de la paroisse.
L’avant-veille de Noël, ayant repé­ré que l’usage du tronc en dis­tri­bu­teur auto­ma­tique de billets sem­blait coïn­ci­der avec l’heure du déjeu­ner, le curé alla s’installer vers midi dans le confes­sion­nal, d’où il avait une vue impre­nable sur le fameux tronc.
Il n’eut pas à attendre une éter­ni­té, puisqu’à midi-trente, un parois­sien du genre auquel on donne le Bon Dieu sans confes­sion se diri­gea, non vers le confes­sion­nal, mais vers le tronc sans inten­tion d’y dépo­ser des fonds mais d’y opé­rer dis­crè­te­ment un petit pré­lè­ve­ment.
A cette fin il usa d’un astu­cieux dis­po­si­tif basé sur une bande de plas­tique souple revê­tu de scotch biface … per­met­tant de remon­ter rapi­de­ment pièces et billets.
Sitôt son opé­ra­tion de retrait ache­vée, il repla­ça son ins­tru­ment dans une boite pla­cée dans son cabas et, ayant char­gé ses poches d’un peu de liqui­di­tés, il sor­tit de l’église afin d’aller fort hon­nê­te­ment s’acheter de quoi se res­tau­rer.
Sor­tant alors de sa cachette, le curé le sui­vit dis­crè­te­ment tout en pré­ve­nant la police qui put cueillir l’astucieux parois­sien au moment où il se ravi­taillait. Il s’avéra que ce fidèle régu­lier était un SDF de soixante-sept ans.

La pre­mière réflexion que cette anec­dote m’inspire c’est que si le curé est astreint à obser­ver le secret de la confes­sion … il ne semble pas l’être au secret du confes­sion­nal.

La deuxième réflexion c’est qu’il ne faut pas for­cé­ment croire les curés qui vous diront que l’argent dépo­sé dans les troncs ser­vi­ra aux pauvres. C’est uni­que­ment pour les pauvres qui ne se servent pas.

La troi­sième réflexion c’est que la fré­quen­ta­tion régu­lière des églises peut s’avérer dan­ge­reuse pour les SDF.
Jean-Paul BOURGЀS 4 jan­vier 2016

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6 réponses “Le secret de la confession …”

  1. Igor Babou 4 janvier 2016 à 20 h 24 min

    Voi­là qui ne nous rajeu­nit pas… 😆

  2. Al Ceste
    4 janvier 2016 à 22 h 47 min

    Igor, j’avais pen­sé à ce film.

    Votre curé, JPB, il doit pas s’appeler Myriel.

  3. 5 janvier 2016 à 10 h 38 min

    Com­ment font-ils la comp­ta­bi­li­té de leurs “troncs”… pour cal­cu­ler un “défi­cit de 3000 euros”.

    Auraient-ils des sta­tis­ti­ciens, tels ceux de l’Education Natio­nale, qui étu­die­raient les écarts par rap­port aux “résul­tats atten­dus”?

    Votre his­toire repose en par­tie sur l’idée de l’usage d’un confes­sion­nal comme cachette, res­source de nombre de films poli­ciers.

    Le confes­sion­nal, offrant un faux ano­ny­mat au confes­seur et au confes­sé est à l’image de la plu­part des règles et conven­tions de l’Église catho­lique: on fait comme si…

    De même que le curé de votre petit récit fait comme s’il était cha­ri­table aux pauvres et aux pêcheurs… et le “SDF” a bien tort de faire lui aus­si “comme si”… il pou­vait comp­ter sur sa bien­veillance…

    Votre récit me fait pen­ser à une blague qui cir­cu­la, il y a une dizaine d’années, dans les bureaux de mon uni­ver­si­té. Quelques étu­diants de l’UNI (orga­ni­sa­tion d’étudiants mani­pu­lée par le RPR) s’étaient mobi­li­sés pour … reven­di­quer “le res­pect de l’anonymat des épreuves orales d’examen…” (sic…). Cha­cun riva­li­sa dès lors pour trou­ver une solu­tion… La plus inté­res­sante, qui pour­tant n’atteint pas le stade d’une pro­po­si­tion de modi­fi­ca­tion du Régle­ment Inté­rieur de l’Université, était de faire l’acquisition des confes­sio­nals déserts des églises alen­tours et de les implan­ter dans le hall de l’Université pour y faire pas­ser les épreuves …

    D’autres pro­po­saient le port du masque d’inquisiteur pour les inter­ro­ga­teurs et celui du sac de pomme de terre (façon Ges­ta­po) pour les étu­diants.…

    Comme quoi le confes­sion­nal est une sacrée ins­pi­ra­tion pour les ima­gi­na­tifs…

    Plus sérieu­se­ment, l’unde mes anciens thé­sards a écrit un petit livre sur la Confes­sion, y mon­trant concrè­te­ment l’une des ori­gines des méthodes qua­li­ta­tives de recherche en sciences humaines.…

     

     

     

    • 5 janvier 2016 à 11 h 05 min

      Je me dois d’être hon­nête. Je suis repar­ti de quelques lignes d’une dépêche, disant l’essentiel cepen­dant, dont les 3.000 €, et ensuite j’ai racon­té à ma façon.

      J’adore l’idée de l’anonymat des épreuves orales. Mais pour­quoi n’avaient-ils pas pen­sé au recours à un tiers incon­nu pour répondre à l’examinateur ? Dans le fond n’est-ce pas le prin­cipe du recours à un pseu­do ?

      On pour­rait pas mal s’amuser sur ce thème … n’est-il pas ?

      Concer­nant les 3.000 €, je pense que ce brave curé avait dû obser­ver une baisse de la recette annuelle de cette impor­tance … sans se deman­der si la qua­li­té de ses ser­mons ne serait pas la cause d’une baisse de ren­ta­bi­li­té de ses troncs. Illus­tra­tion pro­ba­ble­ment de l’arbre qui cache la forêt !

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