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Il a aboli la peine de mort du Droit du Travail


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Robert BADINTER est un grand bour­geois, étroi­te­ment lié aux milieux éco­no­miques qui dominent notre vie publique, régime après régime, depuis Fran­çois GUIZOT qui avait convié tous les Fran­çais à s’enrichir.

Mais on ne peut oublier qu’il fut aus­si un grand avo­cat et celui qui fit adop­ter par l’Assemblée Natio­nale, le 9 octobre 1981, l’abolition de la peine de mort, alors que la majo­ri­té des Fran­çais sou­hai­taient conser­ver ce sup­plice bar­bare.

Jamais à court d’idées retorses pour pié­ger ses enne­mis … comme ses « amis », Fran­çois HOLLANDE avait cru génial de confier à Robert BADINTER les pré­li­mi­naires d’une réforme du Code du Tra­vail, dont tout le monde avait bien com­pris qu’il s’agissait de conduire à l’échafaud un siècle de conquêtes sociales.

Il y avait une belle bande d’assassins de notre pros­pé­ri­té à pas­ser sous le cou­pe­ret de Mon­sieur GUILLOTIN.

Made­moi­selle DURÉE du TRAVAIL, le tout juste majeur TRENTE-CINQ-HEURES, le qua­si vieillard SALAIRE-MINIMUM, le per­fide DROIT-SYNDICAL et même l’archaïque sur­vi­vant, REPOS-DOMINICAL, étaient pro­mis à l’exécution capi­tale qui devait avoir lieu en Place de Grève, rebap­ti­sée Place du Patro­nat.

Hélas, comme cha­cun sait, on n’est jamais si bien tra­hi que par les siens.

Le rap­port remis lun­di à Manuel VALLS par Robert BADINTER rap­pelle la fonc­tion incon­tour­nable du Droit du Tra­vail et refor­mule en soixante et un articles l’ensemble de ce qu’il doit obli­ga­toi­re­ment conte­nir.

Même si, point par point, il ren­voie sou­vent à la loi pour les moda­li­tés pra­tiques de cha­cun des articles, il ver­rouille un grand nombre de prin­cipes. Il devien­dra, dès lors, dif­fi­cile de pour­suivre le détri­co­tage de ce qui est le seul bou­clier des sala­riés en un temps où, compte-tenu du chô­mage, leur situa­tion est deve­nue si fra­gile.

Fran­çois HOLLANDE, Manuel VALLS et Emma­nuel MACRON vou­laient la mort du Droit du Tra­vail, mais Robert BADINTER vient d’abolir cette deuxième peine de mort. Le Patro­nat ne s’y est pas trom­pé, et Alexandre SAUBOT, spé­cia­liste des ques­tions sociales au MEDEF, vient de faire part de son désap­poin­te­ment en par­lant « d’occasion man­quée ».

Le MEDEF espé­rait tordre le cou au Droit du Tra­vail … il devra attendre une autre occa­sion. Mer­ci à Robert BADINTER pour ce sur­sis à exé­cu­ter.

Jean-Paul BOURGЀS 26 jan­vier 2015




  • 33 réponses “Il a aboli la peine de mort du Droit du Travail”

    1. 27 janvier 2016 à 16 h 56 min

      Comme on vou­drait que ce soit cela la vraie his­toire…

      En réa­li­té, tout en affir­mant le main­tien de prin­cipes “au niveau des prin­cipes”, le rap­port Badin­ter ouvre la porte au niveau des “règles”:

      à la fin de toute effi­ca­ci­té de la notion de durée légale du tra­vail … puisque, si celle-ci reste ins­crite, ce n’est qu’à titre de vague réfé­rence… les négo­cia­tions au cas par cas étant habi­li­tées à fixer “le seuil de déclen­che­ment des heures com­plé­men­taires”. La ministre a d’ailleurs annon­cé de plus que les heures sup­plé­men­taires ne seraient plus valo­ri­sées que de 10% …
      à l’organisation de réfé­ren­dums bidon à l’initiative de syn­di­cats inféo­dés au patro­nat
      à l’établissement en même temps que d’un CDI … du devis du licen­cie­ment …
      etc. etc.

      Pro­ba­ble­ment les sol­fé­ri­niens ont-ils espé­ré que le cha­risme de Badin­ter, le garde des sceaux de l’abolition de la peine de mort, suf­fi­rait à légi­ti­mer ce rap­port, pré­cur­seur de la trans­for­ma­tion du code du tra­vail en règle­ment inté­rieur du patro­nat …

      Mais pour l’instant, il n’y a guère que la CFDT, pour comme à son accou­tu­mée applau­dir à ce mau­vais coup…

      • 27 janvier 2016 à 19 h 22 min

        Oli­vier, tout en res­tant méfiant, d’où ma for­mule du “sur­sis à exé­cu­ter”, je pense que la lec­ture de l’interview d’Alexandre SAUBOT donne un éclai­rage dif­fé­rent. Le Gou­ver­ne­ment et le MEDEF espé­raient bien autre chose et, même si le ren­voi aux lois et règle­ments doivent conduire au main­tien de la mobi­li­sa­tion des sala­riés, il n’est plus pos­sible, par exemple de dire qu’il n’y a pas besoin de “durée légale du tra­vail”. C’est la loi qui l’avait fixée à 40 heures, puis à 39 heures, puis à 35 heures … et une autre loi peut des­cendre à 32 ou remon­ter à 42. Dire que c’est la loi qui fixe la durée légale, c’est nor­mal … et là on entre dans le champ des res­pon­sa­bi­li­tés poli­tiques.

        De nom­breux autres articles sont dans le même esprit.

        Très cor­dia­le­ment. Jean-Paul

        • 27 janvier 2016 à 19 h 58 min

          Jean-Paul,je ne connais pas cet inter­view… Ni celui qui s’y exprime. Pou­vez-vous en don­ner la ref? Un lien?

          Pour ma part, je m’en tiens à la pré­sen­ta­tion faite par Badin­ter lui-même, en duo avec la ministre du tra­vail… sur France-Inter. Et à ce que j’ai lu dans Le Monde.

          Le rap­port de la com­mis­sion Badin­ter tend à deve­nir un pré­am­bule, et celui-ci est can­ton­né à l’énoncé de “prin­cipes”.

          Ces “prin­cipes” ne sont pas en eux-mêmes appli­cables… Cela sera du res­sort des “règles”… qu’il appar­tien­dra à la loi et/ou aux pro­cé­dures sur le ter­rain de déter­mi­ner.

          La ministre s’est empres­sée de don­ner l’exemple de “la durée légale du tra­vail” … dont elle pré­serve le “prin­cipe” tout en ren­dant ce prin­cipe tota­le­ment inopé­rant… puisque la défi­ni­tion du “seuil déclen­chant le paie­ment des heures sup­plé­men­taires” sera sans réfé­rence à la durée légale du tra­vail.

          Cela me rap­pelle l’époque où le minis­tère Allègre invi­tait les équipes uni­ver­si­taires à “sur­li­gneur 3,5,8 ” les for­ma­tions… sans tou­cher aux diplômes défi­nis par la loi à Bac+2 et Bac+4… Afin de ne pas impli­quer le Par­le­ment (sic). La loi allait tom­ber peu à peu en désué­tude et on allait se retrou­ver avec le sys­tème LMD… Mais la loi, deve­nue inopé­rante, défi­nis­sait tou­jours des DEUG, des DUT, des maî­trises.… Sim­ple­ment ces réa­li­tés légales, non abo­lies, étaient deve­nus inopé­rantes et démo­né­ti­sées..

          Le social-libé­ra­lisme fonc­tionne ain­si, social au niveau des prin­cipes inopé­rants, ultra-libé­ral au niveau de la réa­li­té.

          Badin­ter n’est plus le grand homme poli­tique qui por­ta l’abolition de la peine de mort devant le Par­le­ment…

          Ce qu’il fait aujourd’hui avec le code du tra­vail res­semble au pro­jet Hol­lande-Valls à pro­pos de la déchéance de natio­na­li­té: au niveau du prin­cipe ins­crit dans la consti­tu­tion il “concerne tous les citoyens, sans dis­cri­mi­na­tion”, au niveau de la réa­li­té mise en oeuvre, il ne pour­ra s’appliquer qu’à des bi-natio­naux (ou “bâtards de natio­na­li­té”) …

          Quand ce gou­ver­ne­ment pro­clame un prin­cipe … c’est qu’il s’apprête à le bafouer.

           

      • Al Ceste
        27 janvier 2016 à 21 h 34 min

        Mais pour l’instant, il n’y a guère que la CFDT, pour comme à son accou­tu­mée applau­dir à ce mau­vais coup…

        Tout le monde connaît ce pro­verbe : quand le pou­voir réta­bli­ra l’esclavage, la CFDT négo­cie­ra la lon­gueur des chaines.

        • 30 janvier 2016 à 11 h 23 min

          Je viens de relire les com­men­taires pos­tés ici et ceux sur Media­part, puisque je publie encore aux deux endroits.

          La ques­tion qui me vient : “Qu’auriez-vous vou­lu que dise, ou que ne dise pas, ce rap­port ?”.

    2. 27 janvier 2016 à 18 h 09 min

      Mr Badin­ter est de ces gens qui pensent que la richesse par la cap­ta­tion de la plus-value n’est pas un pri­vi­lège éhon­té et que la misère fait par­tie de l’ordre des choses. Dire que Mr Badin­ter est une réfé­rence morale est une contre-véri­té qui ne peut être consi­dé­rée comme vraie qu’à l’intérieur d’un sys­tème de réfé­rence inférieur/supérieur. Pour ceux qui, comme moi, consi­dèrent que l’inégalité ne peut être que l’exception (désordre phy­sique ou men­tal), Mr Badin­ter est à ran­ger dans le camp des adver­saires. Il doit être très dif­fi­cile d’être l’époux de Mme Publi­cis sans par­ta­ger la vision de l’innocuité de la publi­ci­té et des com­mu­ni­cants.

      • 27 janvier 2016 à 19 h 28 min

        Lar­bi, ça n’est pas pour faire joli que j’ai com­men­cé par rap­pe­ler de quel milieu fait par­tie Robert BADINTER et, à ce titre, il est évi­dem­ment mar­qué par cette appar­te­nance.

        Tes façons de rai­son­ner et les siennes sont, évi­dem­ment, fort écar­tées.

        Le pro­blème est plu­tôt dans la com­po­si­tion de la com­mis­sion qui a plan­ché autour de Robert BADINTER qui ne com­pre­nait que des juristes experts … alors qu’il eut été inté­res­sant d’y retrou­ver des syn­di­ca­listes et des patrons.

        Bien à toi. Jean-Paul

        • 27 janvier 2016 à 20 h 13 min

          Tu as des rai­sons d’être modé­ré dans tes appré­cia­tions. Moi je n’en ai pas. Quand les riches bour­geois se sentent une âme com­pa­tis­sante, c’est à la façon des dames patron­nesses qui savent mieux que nous com­ment adou­cir notre condi­tion, qui en attendent de la recon­nais­sance et un sur­croît de sou­mis­sion. Mais elles regimbent quand on leur demande ce qui devrait nous reve­nir de droit, à savoir moins de com­pas­sion mépri­sante et un plus juste par­tage des richesses que nous pro­dui­sons. Les George Sand qui font fonc­tion­ner les glandes lacry­males avec “La mare au diable” mais qui traitent les com­mu­nards de canailles ne m’ont jamais paru fré­quen­tables long­temps mal­gré le plai­sir qu’on peut prendre à leur conver­sa­tion.

          Ces gens-là n’ont jamais sou­ri à un “subal­terne” mais à l’image qu’ils s’en font. Les classes supé­rieures, les études supé­rieures, les races supé­rieures, tout cela est basé sur le sché­ma qu’ils se font de l’humanité. La soli­da­ri­té leur est étran­gère, sauf celle de classe.

          J’espère que je ne te fâche pas, mon ami.

          • 27 janvier 2016 à 21 h 59 min

            Lar­bi, pour­quoi “aurais-je des rai­sons d’être modé­ré” ? J’ai lu le texte, je me suis rap­pe­lé ce qu’on disait quand cette com­mis­sion a démar­ré son tra­vail … et je trouve que cette pre­mière étape de cadrage d’ensemble est posi­tive. Je constate aus­si que le spé­cia­liste du MEDEF fait la gueule en par­lant “d’occasion man­quée” pour expri­mer sa décep­tion.

            Je ne fais pas de pro­cès d’intention, et ça tu pour­rais le regret­ter.

            En tout cas, nous sommes suf­fi­sam­ment sou­vent d’accord, pour que ton pro­pos ne risque pas de me fâcher.

            Très ami­ca­le­ment. Jean-Paul

            • 27 janvier 2016 à 22 h 39 min

              Je trouve les cri­tiques à ce sujet bien trop com­pré­hen­sives vis-à-vis des dif­fi­cul­tés ren­con­trées par cette com­mis­sion. Pour moi, il ne s’agit pas d’une contre-offen­sive face au Medef, quel que soit les com­men­taires qu’il en fait.  Les avides de pou­voir et d’argent ont rare­ment des dis­cours de satis­fac­tion, mis à part lors des dic­ta­tures qu’ils sont arri­vés à mettre au pou­voir. Ils grattent, par­fois au bull­do­zer, par­fois à la petite cuiller, mais ils grattent. Ils parlent d’occasion man­quée comme s’il s’agissait d’une per­drix man­quée sur dix abat­tues.

              Tu as poin­té l’absence de repré­sen­tants des “sans dents”, cette com­mis­sion savait donc où aller. Sur­tout ne pas rap­pel­ler les dif­fi­cul­tés de la popu­la­tion, les écarts énormes d’espérance de vie, la san­té de plus en plus négli­gée et le sort des employés jetables. Ils dansent un mor­tel tan­go, mor­tel pour nous : deux pas en arrière, trois pas en avant. Et nous recu­lons d’autant.

              • 27 janvier 2016 à 23 h 42 min

                A mes yeux, Lar­bi, tu confonds la mis­sion qu’avait la com­mis­sion BADINTER de fixer le cadre d’un Code du Tra­vail à rendre plus clair parce que refor­mu­lé, non en mille-feuille, mais en doc­trine de réfé­rence … et la lutte poli­tique à mener par ceux qui veulent pro­té­ger les acquis sociaux et en obte­nir de nou­veaux, face à ceux à qui des régres­sions pro­cu­re­raient encore plus de pro­fits.

                Le pro­blème actuel, et c’est ce que j’avais trai­té dans mon billet récent sur la droi­ti­sa­tion de notre socié­té ( http://indiscipline.fr/deux-mois-apres-il-refuse-de-comprendre/   ), c’est que le centre de gra­vi­té de notre vie poli­tique s’est consi­dé­ra­ble­ment dépla­cé en direc­tion des plus favo­ri­sés. Et c’est ça qui est inquié­tant.

          • Igor Babou 28 janvier 2016 à 17 h 33 min

            @Larbi ben­Bel­ka­cem : ” Les classes supé­rieures, les études supé­rieures, les races supé­rieures, tout cela est basé sur le sché­ma qu’ils se font de l’humanité. La soli­da­ri­té leur est étran­gère, sauf celle de classe.”

            Faut peut-être pas exa­gé­rer non plus : en France, 80% d’une classe d’âge arrive au bac et peut donc accé­der à des études supé­rieures. Excu­sez-moi, mais com­pa­rer ça avec le nazisme est infect. J’ai fait des études supé­rieures, et je forme dans le supé­rieur des cen­taines d’étudiants chaque année. Par­mi ces étu­diants, cer­tains (ici à La Réunion) sont sans doute dans une mouise éco­no­mique qui ferait pas­ser un pro­lo fran­çais de ban­lieue pour un “bour­geois” (63% de chô­meurs chez les moins de 25 ans ici), et ces étu­diants comptent sur les études supé­rieures pour avoir un des­tin moins mer­dique que celui de leurs parents. Ce site, où vous écri­vez et où vous com­pa­rez la “race supé­rieure” et les “études supé­rieures” n’existe que parce que des “bour­geois” dans mon genre sont assez cons pour accep­ter de s’en occu­per à leurs heures per­dues. Est-ce que nous devons en tirer l’idée que vous, Lar­bi, vous contri­buez à la domi­na­tion bour­geoise en y écri­vant ? Si vous pen­sez vrai­ment ce que vous écri­vez, alors pour des rai­sons de cohé­rence intel­lec­tuelle, vous devriez refu­ser d’écrire ou de lire ce qui s’écrit ici, car sans le “supé­rieur”, ce site n’aurait jamais exis­té. L’idée même de “domi­na­tion” n’aurait aucune consis­tance intel­lec­tuelle sans les tra­vaux d’un socio­logue, Pierre Bour­dieu, for­mé à… l’ENS ! Le sum­mum du sum­mum du lieux de la consé­cra­tion et de la repro­duc­tion. Et tiens, je vais en rajou­ter une couche : Joëlle et moi avons ensei­gné à l’ENS durant une décen­nie, et Indis­ci­pline est née dans une ENS. Et je n’en ai pas honte du tout : mes parents étaient de simples ins­tits, et mes grands parents des ouvriers : comme quoi, les sché­mas défi­ni­tifs sur la repro­duc­tion, bof bof.

            Un peu de rete­nue, quoi, mince ! Et de tact ! J’en ai marre par­fois de cet esprit “anar com­pul­sif” à deux balles qu’on trouve par­tout sur les forums qui se croient de gauche : si on n’a que la lutte des classes ver­sions Grou­cho Marx (les bons vs les méchants, les gen­tils pro­los tous roses vs les méchants bour­geois domi­nants, etc.), on n’est pas sor­tis de l’auberge à sens com­mun, et c’est pas comme ça qu’on avan­ce­ra vers une réelle éman­ci­pa­tion, et encore moins vers un monde plus éga­li­taire. parce que le dis­cours vic­ti­maire est par­fois plus sur­plom­bant et mépri­sant que l’arrogance des domi­nants. Et parce que si la socié­té se résu­mait à l’opposition dominés/dominants, alors le monde serait si simple que cette oppo­si­tion n’aurait pas tenu un siècle. Or, c’est bien la com­plexi­té et l’hétérogénéité qu’il faut arri­ver à pen­ser, en dépas­sant (d’urgence !) ces sché­mas sans doute ras­su­rants pour l’ego, mais faux et poli­ti­que­ment inef­fi­caces.

            D’une cer­taine manière, il y a une arro­gance de ceux qui, pour reven­di­quer leur carac­tère popu­laire, passent leur temps à uti­li­ser les mêmes armes (mépris, excès, refus des nuances) que les domi­nants. En gros, les humains ne se résument pas à des classes sociales, pas plus que les des­tins indi­vi­duels ne se résument à des pour­cen­tages.

            • 28 janvier 2016 à 18 h 52 min

              Appa­rem­ment, je m’exprime mal puisqu’on me com­prend mal. Je ne fai­sais pas allu­sion au nazisme mais à Jules Fer­ry, grand bour­geois, chantre des études supé­rieures et de la civi­li­sa­tion supé­rieure à appor­ter aux races infé­rieures béné­fi­ciaires du colo­nia­lisme et dont le nom figure sur beau­coup de lieux d’enseignement.
              Ma charge por­tait non sur les bour­geois (dont je fais par­tie par le lan­gage que j’emploie et par mon savoir qui n’est pas inexis­tant), mais sur les cupides dont les plus nocifs se retrouvent dans la bour­geoi­sie. Il existe éga­le­ment des pro­los cupides mais le rayon d’action de leur noci­vi­té n’a rien à voir avec celui des bour­geois cupides.
              Je n’attaque pas les profs mais le sys­tème édu­ca­tif qui condamne tant d’humains en les convain­quant de leur infé­rio­ri­té. La révolte interne est en marche, je l’attends.

              Pour la valeur de mon anar­chisme, deux balles c’est trop. Comp­tons en cen­times puisque les mil­limes n’existent pas en Europe. Ou cou­pons la pièce en tout petits mor­ceaux et un seul suf­fi­ra.

              Si je range, en pre­mier crible, les humains en domi­nants et domi­nés c’est que la vie me l’a appris. Après ce pre­mier tri, je sais en faire d’autres, pas à l’infini puisque le nombre des humains est fini. Et quand on lutte contre un incen­die, on s’attaque d’abord aux flammes les plus dan­ge­reuses.

              Je dois man­quer de cou­rage puisque je ne me suis pas joint à la péti­tion deman­dant ma déchéance de la natio­na­li­té fran­çaise. Je suis bina­tio­nal et Mr Caze­neuve n’aurait pas man­qué d’exaucer mon sou­hait et j’ai eu peur.

              J’écris sous mon nom sur inter­net, ce qui me vaut des menaces de la part de cer­tains, mal inten­tion­nés vis-à-vis d’un apos­tat. Mais ma lâche­té ne va pas jusqu’à me faire taire.

              Mes dis­cours sont hir­sutes, et quel­que­fois il y a une très grosse mèche qui dépasse.
              Char­bon­nier est maître chez lui. Vous êtes maître chez vous.
              A vous lire, tous.

              • 29 janvier 2016 à 8 h 01 min

                Le grand pro­blème avec Jules FERRY c’est qu’il est double. C’est à la fois “l’homme de l’école gra­tuite et obli­ga­toire”, et celui “du colo­nia­lisme triom­phant”.

                Mais sommes-nous, nous-mêmes, tou­jours d’une cohé­rence par­faite ?

                Plu­tôt que sur des noms du pas­sé, avec le risque de com­mettre de sérieux ana­chro­nismes, je pré­fère les points de vue liés au pré­sent et aux faits.

          • 28 janvier 2016 à 19 h 06 min

            En construi­sant une série, par amal­game de tout ce qui peut être acco­lé au qua­li­fi­ca­tif supé­rieur, vous abou­tis­sez à expri­mer haine et mépris pour: “ces gens-là”…

            Qui ont été au pas­sage un peu spé­ci­fié par le per­son­nage des “dames patron­nesses” … auquel, bien sûr, per­sonne ne peut s’identifier posi­ti­ve­ment!

            C’est pour expri­mer une reven­di­ca­tion d’égalité, je crois, et cette reven­di­ca­tion est évi­dem­ment juste et légi­time.

            Mais c’est aus­si insul­ter bien des gens qui sont pour­tant enga­gés eux aus­si dans la lutte pour l’égalité.

            En ce qui me concerne, alors que rien dans mon “ori­gine” (terme que je récuse) fami­liale ne m’y des­ti­nait j’ai pris, per­son­nel­le­ment les moyens de faire des études “supé­rieures”, qui m’ont pris fort long­temps (beau­coup plus de temps que si mes condi­tions éco­no­miques avaient été dif­fé­rentes) pour m’amener aux diplômes, grades et fonc­tions de pro­fes­seur d’université. Après avoir ensei­gné en col­lège, et en lycée (“tech­nique”), éga­le­ment en IUT, tou­jours en me bat­tant pour que le plus grand nombre de mes élèves accède éga­li­tai­re­ment et libre­ment aux for­ma­tions, y com­pris de “haut niveau”, qui leur conve­naient. J’ai au total été ensei­gnant 42 ans, pour­sui­vant tou­jours le pro­jet, et le met­tant en pra­tique, d’un ensei­gne­ment supé­rieur pour le plus grand nombre. J’ai très sou­vent eu la satis­fac­tion de par­ti­ci­per à la réus­site au plus haut niveau d’étudiant(e)s comme moi “issus” de caté­go­ries sociales où la géné­ra­tion pré­cé­dente avait “arrê­té l’école” à 13 ans (comme mon père) ou après un CAP, ou avec un “niveau bac” (c’est-à-dire sans le bac).

            L’enseignement supé­rieur de masse, d’esprit uni­ver­si­taire, c’est-à-dire asso­cié à la recherche et sans sépa­ra­tion des réa­li­tés scien­ti­fiques, tech­niques et sociales de monde contem­po­rain.

            La défense de l’enseignement supé­rieur, c’est tout le contraire du racisme.

            Ne serait-ce, par ailleurs, que parce qu’un mini­mum de for­ma­tion en sciences sociales ou en bio­lo­gie humaine ruine la notion de race… et, évi­dem­ment, avec elle tout idée de hié­rar­chie entre les races…

            • 28 janvier 2016 à 19 h 51 min

              Expé­rience per­son­nelle, moi aus­si : En CM2, je passe l’examen d’entrée en sixième. Pre­mier du can­ton. Le choix du lycée m’est offert par le régle­ment. Ma mère demande mon ins­crip­tion en clas­sique (Latin-Grec). “Vous n’y pen­sez pas ! Un algé­rien qui ferait des études supé­rieures !”. On m’inscrit d’autorité en col­lège tech­nique CAP d’ajusteur, l’aristocratie ouvrière. J’y suis res­té jusqu’à mes qua­torze ans révo­lus et suis des­cen­du à la mine le jour de mon anni­ver­saire. J’ai été choyé par cer­tains de mes profs avec les­quels j’ai fait du théâtre et qui m’ont inci­té à mon­ter une troupe com­po­sée de magh­ré­bins, à dix sept ans. Je les révère encore aujourd’hui.

              Anar­chiste à deux balles dites-vous ! En atten­dant la révolte interne.

               

              • 28 janvier 2016 à 22 h 52 min

                Lar­bi, tu as lu mon texte de l’autre jour “de l’indiscipline … à la dis­ci­pline et vice ver­sa”. Ton par­cours est plus proche de celui de mon grand-père que de celui des “grands bour­geois” que j’évoquais en par­lant de Robert BADINTER.

                Les bour­geois sont ce qu’ils sont … nous ne les refe­rons pas, mais tous ceux qui ont pla­cé le res­pect de l’Homme au-des­sus du res­pect de ce que pos­sèdent maté­riel­le­ment les hommes, et par­mi eux tous les ensei­gnants, de l’école mater­nelle jusqu’à l’Université, ne doivent pas offrir aux puis­sants (Et non aux “supé­rieurs”) le plai­sir de nous entre-dévo­rer sur des nuances de for­mu­la­tion.

                Haïr les puis­sants n’apporte pas grand-chose, il vaut mieux les vaincre.

                • 28 janvier 2016 à 23 h 12 min

                   

                  Quand je fré­quen­tais les classes auto-pro­cla­mées supé­rieures, para­phra­sant Chi­mène, j’ai dit à un plou­to­crate : “Va ! Je ne te hais point, mais j’essaierais de te vaincre.” Il m’a répon­du : “Tu as dejà per­du !  Nous avons, dans ton camp, des alliés incons­cients de l’être, et il y a de fortes chance que tu en fasses par­tie “.

                  Et c’est vrai, hélas.

              • 28 janvier 2016 à 23 h 57 min

                Il s’agit d’une injus­tice, raciste et racia­liste. Visi­ble­ment, vous ne vous en êtes pas lais­sé abattre et avez conser­vé votre liber­té, et votre volon­té de conduire votre vie. Pour­tant cette injus­tice en a été sui­vie d’une série d’autres…

                Des injus­tices de ce genre j’en ai com­bat­tu tout au long de ma car­rière (ce qui prouve qu’elles exis­taient, comme elles existent tou­jours, et ce n’est pas avec l’actuel gou­ver­ne­ment qu’elles sont près de dis­pa­raître…). Com­battre ces injus­tices c’est, acces­soi­re­ment, défendre l’enseignement supé­rieur.

                Je n’ai par­lé nulle part “d’anarchiste à deux balles” … d’autant plus que je ne sais même pas ce que peut signi­fier cette expres­sion…

                Je vois qu’Igor a par­lé “d’esprit anar com­pul­sif à deux balles” Venant d’un ex-keu­pon … j’y vois une invi­ta­tion à ne pas trop vite sau­ter sur un mot pour autour de celui -ci amal­ga­mer des gens, des idées, des pra­tiques qui n’ont rien en com­mun.. et dont cer­tains peuvent légi­ti­me­ment trou­ver être ain­si trai­tés injus­te­ment…

                • 29 janvier 2016 à 0 h 10 min

                  Déso­lé. J’ai cru que vous aviez lu tout le fil, comme je le fais. Le com­men­taire d’Igor Babou: “J’en ai marre par­fois de cet esprit « anar com­pul­sif » à deux balles qu’on trouve par­tout sur les forums qui se croient de gauche”. Lec­tu­rede mon com­men­taire et réponse à en 1/4 d’heure, je m’avoue per­dant.

                   

    3. 29 janvier 2016 à 0 h 57 min

      Puis-je ?  Je crois qu’il y a incom­pré­hen­sion mutuelle. C’est déjà peut-être une ques­tion de géné­ra­tion, c’est aus­si, à n’en pas dou­ter, une ques­tion de pro­ve­nance (et je dis bien de pro­ve­nance, pas de “milieu”). Lorsque je lis ce qu’écrivent Igor et Oli­vier sur l’ouverture que peut appor­ter l’éducation, l’accès aux études supé­rieures, les par­cours indi­vi­duels toutes classes sociales confon­dues -il existe bien tou­jours des dif­fé­rences, mais il n’y a plus de “par­cours” empê­ché-, je ne peux effec­ti­ve­ment qu’être d’accord avec eux. Je vois les mêmes choses, j’ai sui­vi un par­cours simi­laire, alors que mes grands-parents étaient des ouvriers, des immi­grés ita­liens et mes parents… mes parents ont eu plus de chance, mais cela n’en fait pas des grands-bour­geois quand même. Lorsque je lis Lar­bi, j’ai le sen­ti­ment qu’il a cumu­lé une double peine, celle d’être un immi­gré d’un pays du Magh­reb, à une époque où les filières dites clas­siques et condui­sant vers l’université leur étaient fer­mées. Ce n’était pas le cas pour tous les enfants des classes popu­laires, ni même pour tous les enfants d’immigrés (ceux de l’émigration euro­péenne n’ont pas été concer­nés). Dans ma géné­ra­tion, déjà, la situa­tion qu’il décrit était impen­sable. Mais lui est arri­vé au mau­vais moment, de là où il est arri­vé, et son res­sen­ti­ment d’avoir été pri­vé de quelque chose qui, de fait, pour tous par la suite est deve­nu pos­sible, alors qu’à le lire il l’aurait lar­ge­ment méri­té, je peux l’entendre. Il y est par­ve­nu autre­ment, par l’art, mais j’entends bien la dif­fi­cul­té d’un che­min qui aurait dû être moins “bar­ré”. Ce que j’entends moins, c’est la remise en cause des lieux de trans­mis­sions du savoir, ou leur rejet, pour cause de pseu­do appar­te­nance à la “bour­geoi­sie”, parce que ça je ne l’entendrai jamais. Et, si je puis me per­mettre, il me semble que Jean-Paul voit juste en écri­vant que nous ne devons pas offrir aux “puis­sants” le plai­sir de nous voir nous entre-dévo­rer. L’ennemi est le même pour 99% d’entre-nous, ouvriers, uni­ver­si­taires, artistes, ou tout ce qu’on vou­dra d’autre. Et il est le 1% qui reste. Ce qu’il ne nous faut pas perdre de vue.

      Bien cor­dia­le­ment, et bonne récon­ci­lia­tion à tous, j’espère. 🙂

      • 29 janvier 2016 à 7 h 51 min

        Je suis en par­fait accord avec ton com­men­taire, Chris­tine (Peut-être parce que, sen­si­ble­ment de l’âge de Lar­bi, mes grands-parents étaient nés socia­le­ment très bas, avaient su pro­fi­ter de l’ascenseur social de la IIème Répu­blique … mais avaient été sou­mis à des injus­tices de castes, et que mon père, ayant accé­dé à l’élite intel­lec­tuelle, aurait pu faire pen­ser qu’il était deve­nu bour­geois alors que c’est du “petit  peuple” qu’il se consi­dé­rait (J’entends encore mes parents dis­cu­tant de l’achat de leur pre­mière voi­ture en 1957. Papa avait envie d’une Aronde. Et maman lui disant “Ne trouves-tu pas que c’est un trop beau véhi­cule pour nous ? Qu’en aurait pen­sé ton père”).

        Chez nous, on ne res­pec­tait que l’Homme et on ne conce­vait qu’un moyen de pro­gres­ser dans la socié­té, sans deve­nir “supé­rieur” pour autant : faire des études.

        Je ne pense pas que nous ayons besoin de nous récon­ci­lier … car nous ne sommes pas fâchés par une diver­gence … heu­reu­se­ment.

        • Igor Babou 30 janvier 2016 à 7 h 27 min

          Non, bien enten­du, nous ne sommes pas fâchés 😉

          Chris­tine a cer­tai­ne­ment rai­son sur la pers­pec­tive tem­po­relle, qui ins­crit des dif­fé­rences de vécu et crée des incom­pré­hen­sions.

          C’est extrê­me­ment dif­fi­cile à vivre, pour moi, de lire des pro­cès en “bour­geoi­sie” et en posi­tion de “domi­na­tion” por­tées à l’encontre de l’enseignement supé­rieur. Par ce que nous sommes un cer­tain nombre à avoir lut­té, contre nos propres inté­rêts per­son­nels et de car­rière, au sein de l’enseignement supé­rieur, contre des domi­na­tions bureau­cra­tiques et poli­tique qui visaient à éra­di­quer toute pers­pec­tive d’émancipation de cet ensei­gne­ment.

          Nous avons per­du, certes, mais si nous avons per­du c’est aus­si faute d’avoir obte­nu le sou­tien de la popu­la­tion fran­çaise qui nous a lais­sé nous battre seuls face aux pré­ten­dues “réformes” du supé­rieur. Réformes qui n’étaient en fait que des tech­niques de casse des ser­vices publics, et dont le résul­tat est une édu­ca­tion à deux vitesses, bien plus inéga­li­taire qu’avant, et bien plus médiocre et confor­miste au plan des conte­nus.

          Indis­ci­pline est né de ces luttes, nous le rap­pe­lons dans les textes de pré­sen­ta­tion du site. Et si on a remis Indis­ci­pline en route, c’est aus­si parce que j’en avais plus qu’assez du pou­ja­disme de gauche (ce que je qua­li­fiais d’anarchisme com­pul­sif à deux balles) que je lisais à lon­gueur de dis­cus­sions sur Média­part, pou­ja­disme de gauche selon lequel à par­tir du moment où une per­sonne se pré­sente comme uni­ver­si­taire, ou intel­lec­tuelle, ou quoi que ce soit d’autre qu’ouvrier, elle ne pour­rait qu’être au ser­vice du capi­ta­lisme, de la domi­na­tion, et tout cela évi­dem­ment pour défendre ses inté­rêts de classe. Pou­ja­disme de gauche qui, comme celui de droite, s’accompagne d’un mépris des nuances et de toute forme de savoir consti­tué sur des concepts ou sur des obser­va­tions qui ne ren­tre­raient pas dans le sacro saint cadre de la pen­sée de la domi­na­tion : dogme laïque et gau­chiste, pen­sée qua­si­ment reli­gieuse (saint Marx pro­té­gez les…), pas si nou­velle que ça évi­de­ment, pen­sée qui a bien mon­tré son inca­pa­ci­té à abou­tir à une quel­conque révo­lu­tion faute  de pen­ser la diver­si­té et l’hétérogénéité des rap­ports de domi­na­tion qui n’opposent pas deux caté­go­ries mono­li­thiques d’acteurs sociaux, mais des strates com­po­sées de dis­cours, d’organisations, d’objets, et d’acteurs enche­vê­trés. On peut bien vouer Fou­cault aux gémo­nies, chez les adeptes des pen­sées binaires, il reste bien plus per­ti­nent de pen­ser “les” pou­voirs que “le” pou­voir, du moins si on veut sin­cè­re­ment pro­gres­ser contre les domi­na­tions, et non se conten­ter d’incantations sans por­tée poli­tique.

          Lar­bi, ima­gi­nez que je vienne sur un forum de théâ­treux ou de dan­seurs impli­qués dans des luttes poli­tiques depuis des années, et que je dise au détour d’une phrase : “le théâtre et la danse, dans leur rap­port scène-salle sécu­laire, n’est qu’un exer­cice de domi­na­tion d’une élite sur un public inféo­dé : l

        • Igor Babou 30 janvier 2016 à 7 h 30 min

          Non, bien enten­du, nous ne sommes pas fâchés 😉

          Chris­tine a cer­tai­ne­ment rai­son sur la pers­pec­tive tem­po­relle, qui ins­crit des dif­fé­rences de vécu et crée des incom­pré­hen­sions.

          C’est extrê­me­ment dif­fi­cile à vivre, pour moi, de lire des pro­cès en “bour­geoi­sie” et en posi­tion de “domi­na­tion” por­tées à l’encontre de l’enseignement supé­rieur. Par ce que nous sommes un cer­tain nombre à avoir lut­té, contre nos propres inté­rêts per­son­nels et de car­rière, au sein de l’enseignement supé­rieur, contre des domi­na­tions bureau­cra­tiques et poli­tique qui visaient à éra­di­quer toute pers­pec­tive d’émancipation de cet ensei­gne­ment.

          Nous avons per­du, certes, mais si nous avons per­du c’est aus­si faute d’avoir obte­nu le sou­tien de la popu­la­tion fran­çaise qui nous a lais­sé nous battre seuls face aux pré­ten­dues “réformes” du supé­rieur. Réformes qui n’étaient en fait que des tech­niques de casse des ser­vices publics, et dont le résul­tat est une édu­ca­tion à deux vitesses, bien plus inéga­li­taire qu’avant, et bien plus médiocre et confor­miste au plan des conte­nus.

          Indis­ci­pline est né de ces luttes, nous le rap­pe­lons dans les textes de pré­sen­ta­tion du site. Et si on a remis Indis­ci­pline en route, c’est aus­si parce que j’en avais plus qu’assez du pou­ja­disme de gauche (ce que je qua­li­fiais d’anarchisme com­pul­sif à deux balles) que je lisais à lon­gueur de dis­cus­sions sur Média­part, pou­ja­disme de gauche selon lequel à par­tir du moment où une per­sonne se pré­sente comme uni­ver­si­taire, ou intel­lec­tuelle, ou quoi que ce soit d’autre qu’ouvrier, elle ne pour­rait qu’être au ser­vice du capi­ta­lisme, de la domi­na­tion, et tout cela évi­dem­ment pour défendre ses inté­rêts de classe. Pou­ja­disme de gauche qui, comme celui de droite, s’accompagne d’un mépris des nuances et de toute forme de savoir consti­tué sur des concepts ou sur des obser­va­tions qui ne ren­tre­raient pas dans le sacro saint cadre de la pen­sée de la domi­na­tion : dogme laïque et gau­chiste, pen­sée qua­si­ment reli­gieuse (saint Marx pro­té­gez les…), pas si nou­velle que ça évi­de­ment, pen­sée qui a bien mon­tré son inca­pa­ci­té à abou­tir à une quel­conque révo­lu­tion faute  de pen­ser la diver­si­té et l’hétérogénéité des rap­ports de domi­na­tion qui n’opposent pas deux caté­go­ries mono­li­thiques d’acteurs sociaux, mais des strates com­po­sées de dis­cours, d’organisations, d’objets, et d’acteurs enche­vê­trés. On peut bien vouer Fou­cault aux gémo­nies, chez les adeptes des pen­sées binaires, il reste bien plus per­ti­nent de pen­ser “les” pou­voirs que “le” pou­voir, du moins si on veut sin­cè­re­ment pro­gres­ser contre les domi­na­tions, et non se conten­ter d’incantations sans por­tée poli­tique.

          Lar­bi, ima­gi­nez que je vienne sur un forum de théâ­treux ou de dan­seurs impli­qués dans des luttes poli­tiques depuis des années, et que je dise au détour d’une phrase : “Le théâtre et la danse, dans leur rap­port scène-salle sécu­laire, n’est qu’un exer­cice de domi­na­tion d’une élite auto-pro­cla­mée sur un public inféo­dé : la classe supé­rieure, la danse, la race supé­rieure c’est pareil”. Ca éner­ve­rait un peu, je pense…

          Essayons donc, avant d’écrire, de prendre en compte les lieux où nous écri­vons, et les gens qui s’y sont inves­tis. Sinon, Indis­ci­pline fini­ra dans le même bour­bier que Média­part.

          • 30 janvier 2016 à 10 h 00 min

            Igor, même si j’ai tou­jours un peu peur que l’auto-censure devienne de la cen­sure tout court … quand je lis : “Sinon, Indis­ci­pline fini­ra dans le même bour­bier que Média­part”, je me dis que ça mérite qu’on veille à évi­ter ce nau­frage.

            • Igor Babou 30 janvier 2016 à 10 h 24 min

              Heu­reu­se­ment, on en est encore loin !

              • 30 janvier 2016 à 11 h 28 min

                Oui, mais ça mérite, en effet, de res­ter vigi­lant. N’hésitons donc pas à nous signa­ler, sans agres­si­vi­té, les dérives éven­tuelles … aux­quelles cha­cun d’entre nous peut céder … ça sera une bonne façon de s’aider mutuel­le­ment à main­te­nir la qua­li­té d’Indiscipline.

          • 30 janvier 2016 à 11 h 30 min

            Lar­bi, ima­gi­nez que je vienne sur un forum de théâ­treux ou de dan­seurs impli­qués dans des luttes poli­tiques depuis des années, et que je dise au détour d’une phrase : « le théâtre et la danse, dans leur rap­port scène-salle sécu­laire, n’est qu’un exer­cice de domi­na­tion d’une élite sur un public inféo­dé : l
            Si sur­pre­nant que ça puisse paraître, cette phrase n’est qu’une par­tie de ce que j’ai dit en 1968 dans un de ces forums, à savoir que nous, du spec­tacle vivant, deve­nions des artistes gou­ver­ne­men­taux et que nous par­ti­ci­pions au frac­tion­ne­ment de la socié­té par son ver­sant cultu­rel. L’art n’a pas à être péda­go­gique, mais les artistes si. Je reprends sou­vent cette méta­phore d’une recette d’un plat connu de tous : le pot-au-feu. Rien n’a été oublié dans la mise en œuvre, ingré­dients, pré­pa­ra­tion, temps de cuis­son, … mais elle est écrite en russe, en alpha­bet cyril­lique et seuls les ini­tiés sont capables de com­prendre. Les­dits ini­tiés sont très satis­fait de cette dif­fé­rence qui leur per­met d’afficher un air de supé­rio­ri­té sur les incultes.
            Je défends la pra­tique d’un spec­tacle popu­laire exi­geant, qui s’adresse à tous les niveaux de com­pré­hen­sion. Je pour­rais m’étendre sur les deux formes d’intelligence que nous pos­sé­dons, la céré­brale et la sen­sible, mais je l’ai déjà fait lon­gue­ment et je crains de las­ser.
            Sur le litige : j’ai beau me relire vingt fois, je ne vois pas l’insulte aux ensei­gnants dont vous me char­gez.
            Ces gens-là n’ont jamais sou­ri à un « subal­terne » mais à l’image qu’ils s’en font. Les classes supé­rieures, les études supé­rieures, les races supé­rieures, tout cela est basé sur le sché­ma qu’ils se font de l’humanité. La soli­da­ri­té leur est étran­gère, sauf celle de classe.
            “Ces gens-là”, si on se réfère au para­graphe pré­cé­dent sont ” (…) les riches bour­geois se sentent une âme com­pa­tis­sante, c’est à la façon des dames patron­nesses qui savent mieux que nous com­ment adou­cir notre condi­tion”.
            Je suis un adepte du “Pour­quoi dit-il cela, et pour­quoi de cette façon ?”. C’est pour moi la meilleure façon d’entamer un dia­logue sans rejet à prio­ri. Asso­cié à “Tour­ner sept fois la pen­sée dans son crâne avant d’y réflé­chir”, ça per­met de sépa­rer le bon grain de l’ivraie.
            J’essaie d’être le moins nocif pos­sible, mais par­fois, j’oublie de cou­vrir ma tête en entrant dans une syna­gogue, et ça choque.

            Quant à la pers­pec­tive tem­po­relle, elle a son impor­tance, c’est vrai, mais uni­que­ment par le nombre de réajus­te­ments de la pen­sée que les années per­mettent.

            • Igor Babou 30 janvier 2016 à 12 h 19 min

              @Larbi “Sur le litige : j’ai beau me relire vingt fois, je ne vois pas l’insulte aux ensei­gnants dont vous me char­gez.
              Ces gens-là n’ont jamais sou­ri à un « subal­terne » mais à l’image qu’ils s’en font. Les classes supé­rieures, les études supé­rieures, les races supé­rieures, tout cela est basé sur le sché­ma qu’ils se font de l’humanité. La soli­da­ri­té leur est étran­gère, sauf celle de classe.
              « Ces gens-là », si on se réfère au para­graphe pré­cé­dent sont  » (…) les riches bour­geois se sentent une âme com­pa­tis­sante, c’est à la façon des dames patron­nesses qui savent mieux que nous com­ment adou­cir notre condi­tion« .
              Je suis un adepte du « Pour­quoi dit-il cela, et pour­quoi de cette façon ? ». ”

               

              On va dire qu’il y a eu une col­li­sion entre une phrase mal­adroite (de votre part) et une pos­sible sur­in­ter­pré­ta­tion (de ma part). Ce qui nous per­met­tra de repar­tir sur de bonnes bases 😉

              Disons que, dans ce que je vois à l’université, je n’arrive pas à faire un lien uni­forme et évident entre les classes supé­rieures ou bour­geoises et les études dites “supé­rieures” (qui n’ont de “supé­rieures” que rela­ti­ve­ment au “secon­daire” et au “pri­maire”, non en soi). Il y a bien long­temps (c’était déjà le cas au début des années 70) que pas mal d’étudiants sont pauvres, voire pour cer­tains dans la misère, avec le lot de pré­ca­ri­té, d’obligation de tra­vailler comme cais­siers (cais­sières) au Mc Do, voire de vie sous les ponts ou de pros­ti­tu­tion (si si… ça arrive, y com­pris au plus haut niveau des études doc­to­rales). On a tous des exemples en tête de ces par­cours étu­diants, qui n’ont rien de bour­geois : juste la classe moyenne pau­pé­ri­sée qui n’accède même pas aux bourses aux­quelles cer­tains enfants d’ouvriers accèdent, ce qui conduit au para­doxe que cer­tains enfants de la classe moyenne, en rai­son des pla­fonds sala­riaux d’attribution des bourses (les salaires des parents) deviennent plus pré­caires que des enfants d’ouvriers. Déjà, en 1966, parais­sait un célèbre texte : “De la misère en milieu étu­diant”. A lire ici : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=14

              Où en est-on aujourd’hui ? L’Insee, si on accepte pro­vi­soi­re­ment ici ses caté­go­ries, nous dit ceci au sujet des effec­tifs étu­diants :

              http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF07113

              Étu­diants ins­crits dans l’enseignement supé­rieur en 2014
              en mil­liers
              2005 2010 2013 2014 ℗
              p : don­nées pro­vi­soires.
              (1) : y c. Uni­ver­si­té de Lor­raine.
              (2) : classes pré­pa­ra­toires aux grandes écoles.
              (3) : écoles vété­ri­naires, écoles nor­males supé­rieures, écoles dépen­dant d’autres minis­tères, etc. ; y c. les effec­tifs des IUFM avant leur rat­ta­che­ment à une uni­ver­si­té (2008 à 2010).
              Note : les mil­lé­simes cor­res­pondent à la ren­trée sco­laire.
              Champ : France (hors Mayotte avant 2011).
              Source : SIES.
              Uni­ver­si­tés (hors CPGE, pré­pa­ra­tion DUT et for­ma­tions d’ingénieurs) (1) 1 284,3 1 299,3 1 355,9 1 385,8
              CPGE (2) et pré­pas inté­grées des écoles d’ingénieurs 80,2 87,6 93,5 95,0
              Sec­tions de tech­ni­ciens supé­rieurs (STS) 230,4 242,2 255,0 255,2
              Pré­pa­ra­tion DUT 111,3 115,7 115,8 116,4
              For­ma­tions d’ingénieurs (y c. en par­te­na­riat) 104,4 122,0 137,3 141,6
              Écoles de com­merce, ges­tion, comp­ta­bi­li­té et vente (hors BTS) 88,4 121,3 134,2 134,3
              Écoles para­mé­di­cales et sociales 131,7 137,4 135,1 135,1
              Autres éta­blis­se­ments d’enseignement supé­rieur (3) 252,6 194,1 205,3 207,4
              Total

              Donc près d’un mil­lion et demie d’étudiants rien qu’à l’université en 2014, aux­quels il faut rajou­ter tout le reste (pré­pas, for­ma­tions d’ingénieurs, etc.). Un ensei­gne­ment de masse, donc. Pas réser­vé à une oli­gar­chie, ni même à une élite.

              Bon, et en ce qui concerne la pro­ve­nance sociale de ces étu­diants, l’Insee a aus­si des infos :

              http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF07150

              Ori­gine sociale des étu­diants fran­çais à l’université en 2014
              en %
              2014
              Uni­ver­si­té (1) (2) dont
              Lettres Sciences
              (1) : y c. DUT ; et non com­pris les IUFM rat­ta­chés à l’université avant 2010–2011.
              (2) : y c. Uni­ver­si­té de Lor­raine depuis 2013 (deve­nue grand éta­blis­se­ment en 2011).
              Note : les mil­lé­simes cor­res­pondent à la ren­trée sco­laire.
              Champ : France.
              Source : SIES.
              Agri­cul­teurs 1,7 1,4 1,9
              Arti­sans, com­mer­çants, chefs d’entreprise 7,5 6,5 7,3
              Pro­fes­sions libé­rales, cadres supé­rieurs 30,0 25,0 30,3
              Pro­fes­sions inter­mé­diaires 12,7 13,2 14,1
              Employés 12,7 13,8 13,4
              Ouvriers 10,8 11,2 12,2
              Retrai­tés, inac­tifs 13,1 16,3 11,5
              Indé­ter­mi­né 11,5 12,6 9,3
              Effec­tifs (en mil­liers) 1 312,8 402,8 268,9

              Si on prend le com­men­taire de l’Insee, à cette même page, on peut se dire que la repro­duc­tion joue à plein :

              En France métro­po­li­taine et dépar­te­ments d’outre-mer, l’origine sociale des étu­diants fran­çais évo­lue très peu d’une année à l’autre. Les étu­diants des caté­go­ries sociales les plus favo­ri­sées conti­nuent à être for­te­ment sur­re­pré­sen­tés par rap­port aux jeunes de caté­go­ries sociales plus modestes : toutes for­ma­tions confon­dues, 30 % des étu­diants ont des parents cadres supé­rieurs ou exer­çant une pro­fes­sion libé­rale tan­dis que 11 % sont enfants d’ouvriers.

              Oui, mais sauf que l’Insee ne dit pas que ça signi­fie tout de même que 70% des étu­diants ne sont pas issus de familles de cadres supé­rieurs. Si on oppose ouvriers et cadres sup, alors on reste dans une pers­pec­tive à la Bour­dieu, celle de la repro­duc­tion sociale des élites. C’est pas faux. Mais si on regarde la popu­la­tion qui se situe entre ces deux pôles, cela fait 60% d’étudiants qui viennent de cette fameuse et mal défi­nie “classe moyenne”. Mais c’est dif­fi­cile à caté­go­ri­ser en termes de capi­tal éco­no­mique, par exemple, puisque l’Insee amal­game les arti­sans avec les chefs d’entreprises (il y a tout de même une dif­fé­rence entre être le fils ou la fille du PDG d’Alcatel et le fils ou la fille d’un arti­san Plom­bier).

              L’Insee défi­nit ain­si ses caté­go­ries (http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/nomencl-prof-cat-socio-profes.htm) :

              La nomen­cla­ture des pro­fes­sions et caté­go­ries socio­pro­fes­sion­nelles dite PCS a rem­pla­cé, en 1982, la CSP. Elle classe la popu­la­tion selon une syn­thèse de la pro­fes­sion (ou de l’ancienne pro­fes­sion), de la posi­tion hié­rar­chique et du sta­tut (sala­rié ou non).
              Elle com­porte trois niveaux d’agrégation emboî­tés :
              — les groupes socio­pro­fes­sion­nels (8 postes) ;
              — les caté­go­ries socio­pro­fes­sion­nelles (24 et 42 postes) ;
              — les pro­fes­sions (486 postes).
              Cette ver­sion (PCS-2003) est en vigueur depuis le 1er jan­vier 2003. Les pre­mier et deuxième niveaux sont res­tés inchan­gés par rap­port à la ver­sion en vigueur de 1982 à 2003.
              La réno­va­tion de 2003 a donc por­té uni­que­ment sur le troi­sième niveau qui com­pre­nait 455 postes dans la ver­sion 1982. Elle a per­mis de regrou­per des pro­fes­sions dont la dis­tinc­tion était deve­nue obso­lète, et d’en écla­ter d’autres afin de tenir compte de l’apparition de nou­veaux métiers ou de nou­velles fonc­tions trans­ver­sales aux dif­fé­rentes acti­vi­tés indus­trielles.

              …ce qui rend toute ten­ta­tive de com­pa­rai­son des ori­gines étu­diantes entre avant 1982 et après 1982 hasar­deuse. De plus, la nomen­cla­ture PCS qui a rem­pla­cé les CSP amal­game des pro­fes­sions, des posi­tions hié­rar­chiques et des sta­tuts : dif­fi­cile d’en tirer des idées pré­cises sur le niveau de salaire des parents, dans un contexte où il n’y pas plus for­cé­ment cor­ré­la­tion entre un sta­tut et un salaire (un arti­san peut par­fai­te­ment gagner plus qu’un cadre de la fonc­tion publique).

              Voi­là, c’est en rai­son à la fois de la per­cep­tion au cas par cas que j’ai des étu­diants que je vois là où je suis (petit bout de la lor­gnette) et de ces sta­tis­tiques de l’Insee (et de la dif­fi­cul­té à les inter­pré­ter), que je récuse d’une part les asso­cia­tions directes entre milieux de pro­ve­nance et accès aux études supé­rieures, et d’autre part, que je doute de la per­ti­nence d’une repré­sen­ta­tion de la socié­té en “bour­geois” et “non bour­geois”. Si les choses étaient aus­si tran­chées, on sau­rait com­ment agir et ren­ver­ser la situa­tion. Le pro­blème, c’est que la réa­li­té sociale est beau­coup plus com­plexe. C’est ce que nous disent nos expé­riences de ter­rain, et les sta­tis­tiques. Même si per­sonne, bien évi­dem­ment, ne néglige les effets de la repro­duc­tion sociale des élites.

    4. 29 janvier 2016 à 20 h 18 min

      J’ai des sou­ve­nirs simi­laires, Jean-Paul,  et je crois bien que c’est un des pre­miers. Celui de mon grand-père, qui m’avait offert une pou­pée noire, dis­cu­tant avec une jeune ingé­nieur d’origine afri­caine. Et ce mon­sieur, dont avec le recul j’ai com­pris que cela n’avait pas dû être facile, me deman­dant si je vou­lais échan­ger ma pou­pée contre une pou­pée blanche. Je l’ai ser­rée contre moi, lui ai dit non. Et il m’a deman­dé pour­quoi. J’ai dit, ce qui était la véri­té, “parce que je l’aime”. Et je n’ai pas com­pris alors pour­quoi ce mon­sieur très sérieux a eu les larmes aux yeux. Je me sou­viens sim­ple­ment que c’était ce qui comp­tait pour mon grand-père, l’humanité, et qu’il res­pec­tait par des­sus tout les études, lui qui n’en avait pas fait, ou très peu. C’est ce qu’il m’a trans­mis de plus pré­cieux, les deux. La foi en l’être humain quand même et le désir d’apprendre, d’étudier, de trans­mettre, de cher­cher. C’était un petit hom­mage, à lui, pour ce qu’il m’a appris, à toi, pour ton ouver­ture et ta géné­ro­si­té.

      • 29 janvier 2016 à 22 h 15 min

        Chris­tine, je n’ai stric­te­ment aucun mérite. J’ai eu la chance immense d’être éle­vé d’une part par des parents ayant de hautes valeurs morales et d’avoir eu, d’autre part, des pro­fes­seurs remar­quables (Comme Oli­vier TODD, aujourd’hui âgé de quatre-vingt-six ans, avec qui j’ai eu le plai­sir de déjeu­ner ce mar­di.

        Ceux qui n’ont pas eu de telles chances ne sont pas à blâ­mer.

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