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Quelle action pour soutenir les Turcs, leurs libertés, la démocratie


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Dans le cadre du récent Congrès de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française, à Montréal, une discussion a eu lieu entre deux jeunes chercheurs turques, dans le cadre du comité de recherche de socio-anthropologie du politique. L’une des deux montrait l’étendue des exactions de l’armée turque contre les populations kurdes, sur les terrains de guerre entre cette armée et les islamistes, mais aussi dans ce qui s’apparente à une guerre de l’armée turc contre les civils turcs… Les formes politiques d’organisation des communes en territoire turc sont très probablement tout à fait insupportable pour le gouvernement, et l’armée turque. Contre les innombrables crimes de guerre contre des civils un certain nombre d’universitaires se sont exprimés publiquement, par une pétition collective… Ils ont ainsi fait une première expérience, en quelque sorte prémonitoire, de la répression multiforme par le gouvernement turc, son administration, l’administration universitaire, une partie de la population prête à de véritables lynchages et boycott de personnes, et une partie du crime organisé se déclarant disponible pour liquider les traîtres à la nation…

L’autre se déclarait choquée d’entendre ce discours « anti-turc », qui lui semblait une atteinte intolérable au président, et un aspect de la propagande antiturque, internationale et européenne… à laquelle elle reprochait à la première de se prêter.

Depuis, dans sa riposte prétendue au récent coup d’état manqué, le gouvernement turc a étendu à des milliers d’universitaires, de juges, de militaires et de citoyens les pratiques dictatoriales et fascisantes que le première intervenante décrivait.

Nous sommes donc bien, comme l’a écrit Igor dans la situation de chercher comment agir pour défendre et soutenir les démocrates turcs, et plus particulièrement, parce que c’est notre devoir, les libertés universitaires et démocratiques.

Un aspect de la discussion mérite d’être retenu pour nos réflexions, notre analyse et notre action d’aujourd’hui.

Nous ne sommes plus dans la situation où le pouvoir turc cherchait à préserver sa respectabilité démocratique … et l’éventualité – prétendument attachée par l’oligarchie européenne à « l’état de droit », dont cette m^me oligarchie a si bien montré son mépris quand il s’agissait de l’Ukraine – de son entrée dans l’Union Européenne.

Le pouvoir turc est en position de force, étant donnée sa situation dans le conflit avec « l’état islamique » et sa position clé dans la crise des « réfugiés ». Ce n’est plus sa « démocratie » mais sa « force » et son « efficacité » qui garantissent aujourd’hui son statut et sa légitimité aux yeux des gouvernements atlantiques et européens.

C’est donc bien l’opinion publique qui doit agir et s’exprimer, pour défendre la liberté et la démocratie en Turquie, qui ne doivent pas passer par pertes et profits, par la magie d’un rapport de forces défavorable à cette liberté et cette démocratie. Mais en même temps, il faut prendre garde à ne pas impliquer, marquer, signaler les opposants à la dictature turque, laquelle n’a pas l’intention d’être très tatillonne dans sa constitution de listes de proscrits, d’emprisonnés, de maltraités …

Sans doute une première action, mineure mais nécessaire, serait de faire savoir aux universités turques que nous n’envisageons pas de collaborer avec elles si elles ne sont plus des universités, ne protégeant plus les libertés académiques et d’expression…

Il faut aussi briser le mur du silence et de la désinformation…

Mais je sais aussi que je n’apporte pas ici de bien grandes solutions…




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