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Lutte des classes


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Un article de Mat­thieu Sta­del­mann http://indiscipline.fr/la-commercialisation-de-la-pratique/ m’a ame­né à faire le com­men­taire ci-des­sous (en gras). C’est pour moi une inter­ro­ga­tion récur­rente, j’ai cher­ché des réponses un peu par­tout mais je n’ai pas trou­vé de “théo­rie de la lutte des classes” qui me satis­fasse. Cette lutte est pré­sen­tée comme un pos­tu­lat ou un article de foi et les gar­diens du temple m’ont ren­voyé à ma débi­li­té men­tale (que je ne conteste pas). Ma vie m’a ame­né à d’autres consta­ta­tions concer­nant les conflits entre inté­rêts diver­gents. Trop près des arbres, je n’ai pas pu voir la forêt. La colo­ni­sa­tion (que j’ai connue) a des simi­li­tudes avec l’état de notre socié­té inéga­li­taire : la com­pa­rai­son par le colo­ni­sé entre le confort de vie du colon et le sien amène à un conflit explo­sif ini­tié par le colo­ni­sé, mais la réponse du colon est déjà prête. Nous sommes en train de pré­pa­rer un ate­lier sur le thème des conflits et j’aimerais avoir à ma dis­po­si­tion des concepts et un voca­bu­laire simples. Indis­ci­pline est un lieu où je pour­rais trou­ver ce maté­riel à voir la qua­li­té des inter­ven­tions. Mer­ci d’avance.

D’accord avec Oli­vier sur ce que la lit­té­ra­ture peut nous appor­ter de plus per­ti­nent lorsqu’on étu­die le fonc­tion­ne­ment de notre socié­té. Voi­là ce qu’elle m’a appor­té, peut-être mal­gré elle :
Je pense qu’il n’y a jamais eu de luttes des classes per­ma­nente. Pour qu’il y ait per­ma­nence d’une lutte, il faut que cha­cun des adver­saires ait pré­sent à l’esprit la noci­vité de l’autre et qu’il ait une riposte tou­jours prête. Les gar­diens de la paix n’œuvrent que pour la paix des domi­nants, ils sont la riposte tou­jours prête de ceux-ci à une révolte. Les domi­nés n’en ont pas l’équivalent, ils n’ont pas l’arme au pied.
Je pense plu­tôt à une domes­ti­ca­tion plus ou moins bien réus­sie. Tant que la pres­sion des cupides est sup­por­table, pas de lutte. Quand la pres­sion aug­mente, les domi­nés grognent. Quand la pres­sion devient insup­por­table, les domi­nés se révoltent, la répres­sion fait son tra­vail, les domi­nants lâchent du lest et les domi­nés retournent à leur pâtu­rages en ron­chon­nant encore un peu.
Les humains sont domes­ti­cables, dif­fi­ci­le­ment, mais ça le fait. La domes­ti­ca­tion des humains est beau­coup plus déli­cate que la domes­ti­ca­tion des ani­maux, mais avec un peu de pra­tique et de morgue on y arrive.”

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  • 14 réponses “Lutte des classes”

    1. 31 décembre 2015 à 12 h 56 min

      Toute per­sonne qui pour­ra m’aider de ses conseils pour­ra être remer­ciée par des conseils sur le bâti­ment ( maçon­ne­rie, char­pente, cou­ver­ture, menui­se­rie, enduits divers, plom­be­rie, élec­tri­ci­té, etc.) qui sont des sujets que je maî­trise assez bien ayant diri­gé 20 ans une entre­prise géné­rale de bâti­ment.

    2. 31 décembre 2015 à 13 h 05 min

      Oulah, vous lan­cez un sacré défi Lar­bi…

      Cela me fait rap­pe­ler que pour répondre à cer­taines néces­si­tés d’exercice pro­fes­sion­nel j’avais éla­bo­ré quelques idées il y a trente ans. Mais 1) c’était du “théo­ri­co-empi­rique” plu­tôt que de l’assuré ; 2) il faut retrou­ver et don­ner un for­mat exploi­table ici.

      Je prends le temps de voir, et je repasse ?

    3. 1 janvier 2016 à 21 h 47 min

      Oh j’étais pas­sé à ce moment-là, il y avait de la lumière, j’ai juste pous­sé la porte

      Bon voi­là une refonte syn­thé­tique de mes notes d’il y a trente ans :

      Alpha) Dans la concep­tion mar­xienne clas­sique la lutte des classes est liée au deuxième moment de l’industrialisation — celui de son triomphe -, elle émane de la frange “haute” (sécu­ri­sée socia­le­ment, cultu­rel­le­ment consciente) du pro­lé­ta­riat indus­triel ;

      Beta) Il n’existe plus effec­ti­ve­ment à pro­pre­ment par­ler de véri­tables luttes de classes dans les nations post-indus­trielles, d’abord parce que le pro­lé­ta­riat indus­triel y est est deve­nu très mino­ri­taire, rem­pla­cé par des couches certes popu­laires mais ne reven­di­quant pas la réap­pro­pria­tion de la plus-value.

      Gam­ma)  Ces  der­nières tentent de s’identifier aux couches sociales pos­sé­dantes, et se retrouvent pié­gées par les fonc­tion­ne­ments modernes par rap­port aux­quels elles les singent (comptes sur livret, pos­ses­sions du lieu d’habitation, sou­ci de de s’élever, vacances, etc.).

      Et donc peut-être par rap­port à la Malai­sie ou la Chine la lutte des classes reste-t-elle encore une notion per­ti­nente, elle ne l’est plus pour la France.

      Y pour­raient sans doutes se recons­ti­tuer des luttes sociales struc­tu­rantes, mais la théo­ri­sa­tion de leur moyen de pos­si­bi­li­té reste à pro­duire.

      En ce sens Mai 68 ne cor­res­pond sur rien à un moment de lutte des classes. Plu­tôt à une reven­di­ca­tion de libé­ra­tion des mœurs.

      Ami­ca­le­ment.

      • 2 janvier 2016 à 0 h 25 min

        Quel bou­lot, je vous en remer­cie.

        J’entends bien ce que vous expo­sez, mais je n’y trouve pas de quoi me faire chan­ger d’avis sur la non-per­ti­nence du concept “lutte des classes”.
        Que ce soit dans “L’état …”, dans “La polé­mique avec les anar­chistes”, dans “… le rené­gat Kauts­ky” ou ailleurs, je n’ai pas trou­vé la contra­dic­tion avec ce que j’avance, à savoir qu’il s’agit plu­tôt d’une domes­ti­ca­tion, par les psy­cho­pathes domi­nants, du reste de la popu­la­tion. Si lutte constante il y a, elle se mani­feste entiè­re­ment entre les dif­fé­rentes castes (ou classes) du reste de la socié­té. Un peu comme dans un trou­peau, il n’y a pas une hié­rar­chie qui irait de l’agneau au ber­ger, il y a d’un coté le ber­ger et de l’autre le trou­peau dans lequel une hié­rar­chie et une lutte se mani­festent. Les domi­nants se font par­fois la guerre entre eux,  mais ils passent le plus clair de leur temps à la répres­sion ou à sa pré­pa­ra­tion.
        Quand je parle de franges et de confins, ceux-ci n’existent qu’à l’intérieur du “trou­peau”. Et même si de temps en temps, un groupe (ex. les Tem­pliers) ou un indi­vi­du (ex. Jacques Cœur, Nico­las Fou­quet) par­viennent à s’approcher du “ber­ger”, ils sont très vite mis au pas. Il existe une lutte pour le pou­voir entre “ber­gers”, mais celle-ci se déroule tou­jours avec l’aide des “trou­peaux” comme dans la concur­rence libre et non faus­sée des pro­duc­teurs de viande : l’abattoir est pour le trou­peau.
        Il y a des domi­nants psy­cho­pathes de chaque côté de la bar­rière. Du côté du “trou­peau”, ces psy­cho­pathes (ex. Napo­léon, Hit­ler) trouvent devant eux la coa­li­tion des psy­cho­pathes “ber­gers”, ou sont uti­li­sés pour res­tau­rer l’ordre ancien (ex. Fran­co).
        Quel que soit le pays, les “ber­gers” sont en train de perdre face aux psy­cho­pathes de la finance, et, à moins d’un sur­saut de leur part, ils risquent fort de tom­ber dans les pou­belles de l’histoire. Je pense que leurs valets (ex. Riche­lieu) vont leur sau­ver la mise in extré­mis.
        Voi­là où j’en suis. J’aimerais chan­ger d’avis car ma vision des socié­tés humaines est assez pes­si­miste.
        Vous pou­vez démo­lir ce qui pré­cède, ça m’aidera.
        Mer­ci encore.

        • 2 janvier 2016 à 16 h 35 min

          Ce que je trouve inté­res­sant dans le terme lutte des classes, c’est aus­si l’idée que le rap­port de force entre domi­nants et domi­nés (ce qui est rare, je vous rejoins là-des­sus, et néces­site une pres­sion deve­nue insup­por­table), ne peut se faire que dans la lutte, la vio­lence phy­sique, et pas dans le dia­logue. Si le dia­logue était réel­le­ment pos­sible, il y aurait cer­tai­ne­ment une per­ma­nence  dans le posi­tion­ne­ment des domi­nés par rap­port aux domi­nants. Mais il est vain, car trop inégal et per­du d’avance face au pou­voir, à l’argent, à l’apprentissage très tôt de la langue de bois, aux argu­ments d’autorités et non véri­fiables… à la vio­lence sym­bo­lique. Donc la seule issue semble bien être la lutte, mais ce n’est pas ano­din, ça demande un vrai effort, un vrai inves­tis­se­ment, la peur de perdre le peu qu’on a, et du coup, en effet, ce n’est pas per­ma­nent, il faut être à bout. A ce pro­pos, j’avais trou­vé par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant le livre de Franz Fanon “Les dam­nés de la Terre” qui ana­lyse ces dif­fé­rentes ten­sions dans le cadre de la déco­lo­ni­sa­tion.

    4. 2 janvier 2016 à 1 h 35 min

      Bon­soir,

      Sur votre idée pre­mière et ce déve­lop­pe­ment je ne vais évi­dem­ment rien ten­ter de démo­lir du tout, parce qu’il n’y a ombre de quoi que ce soit à démo­lir : mon pro­pos conver­geait avec le vôtre, et n’avait que ceci de dif­fé­rent de prendre pour seul objet la for­mule “lutte des classes”.

      L’idée que les rap­ports de force sociaux s’apparentent à une “domes­ti­ca­tion” est en effet loin d’être inin­té­res­sante. Le seul bémol que j’apporterais à l’ensemble de vos pro­pos porte sur deux détails qui se vou­laient exem­pli­fiants et que vous avez rajou­tés.

      Nous avons en effet peut-être par­fois besoin de com­plexi­fier l’analyse : les conflits entre ber­gers sont impor­tants (la Révo­lu­tion fran­çaise nait, pour employer votre voca­bu­laire, d’un conflit entre ber­gers sei­gneu­riaux et ber­gers royaux, ce n’est qu’ensuite que les mou­tons y mêlent leur voix). Il y a aurait donc peut-être des ber­gers et des com­pa­gnie de ber­gers : le chef de la com­pa­gnie de ber­gers Louis XIV  se serait éner­vé de l’achat mas­sif d’actions par un ber­ger sin­gu­lier nom­mé Fou­quet ; il y aurait donc peut-être aus­si par­fois conflit local, mais en rien géné­ral, entre ber­gers finan­ciers et ber­gers éco­no­miques “clas­siques”.

      Vous avez une pen­sée per­son­nelle forte et authen­tique, conti­nuez à la culti­ver, à la livrer. Faites seule­ment atten­tion, peut-être, quand vous arti­cu­lez le par­ti­cu­lier et le géné­ral, à tou­jours confron­ter le pre­mier à ses contin­gences pré­cises. Mais comme je l’ai déjà dit, il ne s’agit que d’un bémol dans une jolie par­ti­tion d’ensemble.

      Très ami­ca­le­ment, et avec mes meilleurs voeux à vous, à tou(te)s.

    5. 2 janvier 2016 à 16 h 41 min

      Chaque fois qu’un “éco­no­miste” pré­sente sur un média le “coût du tra­vail” comme une source de dépenses pré­ju­di­ciables, il mène la “lutte de classes”.

      Chaque fois qu’un ministre pro­meut une loi pour “sim­pli­fier les condi­tions” de licen­cie­ment, il mène “la lutte de classes”

      La der­nière fois que le gou­ver­ne­ment Hol­lande a mon­té le taux de la TVA, il a pris une mesure de lutte de classes.

      L’évasion fis­cale des grands groupes indus­triels et finan­ciers, la com­pli­ci­té des états avec cette éva­sion, c’est de la lutte de classes.

      Se ser­vir de “l’état d’urgence” pour limi­ter l’expression de cri­tiques contre l’ordre éco­lo­gique capi­ta­liste, c’est mener la lutte de classes.

      Quand Caze­neuve envoie ses flics arrê­ter au petit matin des ouvriers cou­pables de laise-che­mise de patron, il mène la lutte de classes.

      Favo­ri­ser le finan­ce­ment des études uni­ver­si­taires par un sys­tème de prêt ban­caire, c’est mener la lutte de classes…

      Orga­ni­ser la ségré­ga­tion urbaine par une poli­tique de loge­ment dis­cri­mi­na­toire, c’est mener la lutte de classes.

      Il suf­fit de regar­der autour de soi et nombre de choses qui nous semblent des bana­li­tés, du flux cou­rant de l’ordinaire, sont en fait de la lutte de classes.

      Il est vrai que c’est géné­ra­le­ment la classe domi­nante qui est la plus active et la plus consciente de la néces­si­té de mener la lutte de classes…

      Ce n’est pas une rai­son pour lui faci­li­ter les choses en l’aidant à faire cela dans la dis­cré­tion…

       

      • 2 janvier 2016 à 16 h 51 min

        Mer­ci pour ces illus­tra­tions, je suis entiè­re­ment d’accord, et comme je l’évoquais dans un com­men­taire plus haut, celle que l’on nomme la classe domi­nante a les moyens de mener cette lutte sans prendre de risque, au tra­vers de dis­cours qui semblent hono­rables, insi­dieu­se­ment… la classe domi­née ne dis­pose pas de ces moyens, sa réponse sera vio­lente, et aus­si­tôt mon­trée du doigt comme inac­cep­table, irre­ce­vable.

        • 3 janvier 2016 à 11 h 57 min

          La lutte de classes est un conflit per­ma­nent, un rap­port entre les insé­pa­rables du sys­tème de pro­duc­tion et d’échange que sont la pro­prié­té et l’exploitation active d’une part, la dépro­pria­tion et l’exploitation subie d’autre part.

          Ce rap­port n’assigne pas de manière simple leur place à tous les  indi­vi­dus dans telle ou telle caté­go­rie. Plu­tôt, s’agissant d’un rap­port, il struc­ture et confi­gure la vie des groupes et des indi­vi­dus, qu’il tra­verse.

          Il orga­nise la socié­té, et pour per­du­rer et se repro­duire il se res­source en per­ma­nence dans tous les dis­po­si­tifs de domi­na­tion qui lui sont dis­po­nibles, en s’appuyant sur les idéo­lo­gies de la domi­na­tion que sont l’âgisme, le sexisme, les rap­ports de castes et de classe, le racisme.

          Ce sys­tème de pro­duc­tion et d’échange, à la fois pro­duit et expres­sion de la lutte de classes qui pour­rait être son autre nom, se déploie dans le pay­sage social dans le cor­tège des dis­cri­mi­na­tions et domi­na­tions: racia­lisme, sexia­lisme, clas­sisme, âgisme, eugé­nisme, eth­ni­cisme, natio­na­lisme …

          Dans le contexte contem­po­rain il fau­drait sans doute rajou­ter “l’identitarisme” ou “l’originarisme” tant les notions ségré­ga­tives d’identité et d’origine sont en train de deve­nir les évi­dences par­ta­gées du sys­tème de ges­tion des per­sonnes et des groupes… Lar­bi, dans un autre billet, dési­gnait aus­si, à sa façon, “l’esthétisme” (une caté­go­rie à creu­ser elle aus­si, que le ciné­ma a tou­ché par exemple dans “Le gout des autres”, ou cer­tains fils de Vis­con­ti … que Bour­dieu a décor­ti­qué sous l’étiquette dis­tinc­tion et don Proust est l’analyste inéga­lé…)

      • 2 janvier 2016 à 17 h 43 min

        Cette illus­tra­tion de “lutte des classes” au tra­vers de divers com­por­te­ment est très inté­res­sante … mais on a juste du mal à voir quelle est, exac­te­ment, la “classe” qui est enga­gée dans cette lutte.

    6. 2 janvier 2016 à 19 h 06 min

      O.K. Je vais adop­ter pour un temps le terme de “lutte des classes” et déve­lop­per autre­ment.
      La lutte entre les classes domi­nées est orga­ni­sée par une classe, celle des domi­nants. Cette orga­ni­sa­tion est illus­trée par les exemples que donne Oli­vier : des lois, des règle­ments édic­tés par les domi­nants, mis en place par les valets des domi­nants  et appli­qués par les domi­nés eux-mêmes. Pour reprendre l’analogie du trou­peau, on a le ber­ger domi­nant d’un côté, de l’autre le chien valet, puis le bélier meneur, et enfin les mou­tons qui se battent entre eux pour l’herbe. (avec en plus les bre­bis pro­té­geant leurs agneaux). Par­fois les ber­gers entrent en lutte pour le pacage le plus béné­fique à l’engraissement qui leur rap­por­te­ra un béné­fice plus impor­tant, mais ça ne dure pas et un modus viven­di est adop­té jusqu’au pro­chain affron­te­ment. Notons que le prin­ci­pal de la bagarre est assu­mé par les deux trou­peaux enne­mis, les ber­gers en viennent rare­ment aux mains quand il sont pré­sents (voir les pacages “libres” d’Écosse ou des Moors anglaises). Le trou­peau vain­cu et chas­sé se contente alors des terres les plus ingrates et son ber­ger fait maigre.
      Si j’ai des réserves sur l’emploi du concept “lutte des classes” c’est parce que je constate que cette lutte n’implique que les domi­nés, les domi­nants n’étant que rare­ment mena­cés dans leurs inté­rêts.
      Notre pré­sident a sur­nom­mé “sans dents” la classe des domi­nés et il a intro­duit le loup dans ma théo­rie. Le loup serait-il le béné­fi­ciaire des efforts du ber­ger, des valets et du trou­peau ?
      Je suis conscient de ne faire qu’un sur­vol rapide du concept et de négli­ger les aspects que j’ignore (com­ment pour­rais-je faire autre­ment ?) mais je suis en train de pré­pa­rer pour l’été 2016 un ate­lier sur les conflits avec quatre cas de figure et je me sens dépas­sé :
      Conflit avec soi-même qui peut mener au sui­cide.
      Conflit avec un proche qui peut mener au meurtre.
      Conflit inter-classes qui peut mener à la guerre civile.
      Conflit inter­na­tio­nal qui peut mener à la guerre mon­diale.
      Et ce que je vou­drais déga­ger, c’est que ces conflits sont pra­ti­que­ment tou­jours le résul­tat de ce qui est mis en œuvre par les domi­nants.
      Mer­ci de vos com­men­taires et objec­tions, Oli­vier, Jean-Paul, M. Car­bo, Under­ze­vol­ka­no.

    7. 2 janvier 2016 à 19 h 10 min

      Maga­li Car­bo pose une deuxième ques­tion, tout aus­si inté­res­sant que celle de Lar­bi : les méca­nismes de révolte contre l’exploitation et la mise sous tutelle (ce que Lar­bi appelle la “domes­ti­ca­tion”) se doublent-ils de dis­cours des­ti­nés à les sup­por­ter, et ces dis­cours sont-ils audibles ? Ce débat méri­te­rait à lui seul un billet dis­tinct, mais on peut aus­si bien conti­nuer la dis­cus­sion ici.

      Et sur ce point je suis d’accord avec vous, Lar­bi, pour dire que les “conflits sont pra­ti­que­ment tou­jours le résul­tat de ce qui est mis en œuvre par les domi­nants”.

      Par contre j’ai ten­dance à pen­ser que Jean-Marie nous en dit un peu trop en même temps, même si son indi­gna­tion juvé­nile fait plai­sir à voir.

      Ce qui me frappe c’est que nous tour­nons encore en cir­cuit fer­mé : nous sommes loin d’atteindre la masse cri­tique suf­fi­sante pour que le débat soit suf­fi­sam­ment aéré, qui tourne autour de deux cents par­ti­ci­pants — nous ne sommes que trente…

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