Appel européen

Chers amis et camarades des universités d’Europe,

Depuis plus de trois mois l’Université française est en lutte.

Pendant plus de mille heures, des milliers de personnes ont tourné place de l’Hôtel de Ville, jadis place de grève, à Paris, pour manifester obstinément leur refus des décrets que veut imposer le gouvernement français aux universités et à la recherche, et plus généralement la loi LRU (Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) née du processus de Bologne qui, prenant prétexte de l’harmonisation européenne, vise à faire du savoir une marchandise.

Pour inscrire notre obstination au cœur des élections européennes, nous tournerons jour et nuit du 1er au 7 juin à Paris et vous invitons à nous y rejoindre pour manifester la véritable harmonisation de l’Europe de la connaissance et de la culture que nous souhaitons. Nous vous accueillerons plus particulièrement le vendredi 5 juin pour en débattre ; prévenez-nous de votre venue : rondeinfinie@gmail.com

Site : http://rondeinfinie.canalblog.com/

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JOURNÉE D’ALERTE SERVICES PUBLICS

Salle Rameau, Lyon, samedi 16 mai 2009
(09h00-13h00 / 14h00-21h00)
1 rue Hippolyte Flandrin (69001, Lyon)
Entrée libre

Suite à « Navire Night. La Nuit blanche de l’université » (conférences scientifiques interdisciplinaires et performances artistiques, Université Lumière Lyon 2 et inter-sites, 8-9 avril 2009), le collectif universitaire qui a initié cette manifestation poursuit son action avec une « Journée d’alerte Services Publics ».

Cette nouvelle action s’inscrit dans la continuité de la mobilisation du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche contre un plan gouvernemental de réformes visant à en déconstruire les statuts, les structures et les valeurs. Mais ce sont les services en général qui sont gravement menacés par une révision des politiques publiques touchant la plupart des secteurs, notamment l’éducation dans son ensemble, l’information, la culture, la justice, la santé, et quantité d’autres besoins fondamentaux… C’est pourquoi il s’agit d’étendre l’action et de contribuer à une convergence des mobilisations, comme y incite la multiplication des appels en France, en Europe.

Quelques constats possibles : 1. Les réformes engagées dans différents secteurs sont pour beaucoup similaires par leur logique et leur idéologie. 2. Le caractère à la fois chaotique et systématique de ces réformes, ainsi que leur caractère autoritaire, vont à l’encontre des positions largement exprimées par les communautés concernées, ainsi que par nombre de citoyens bénéficiant des services qu’elles ont en charge. 3. Les communautés concernées, loin d’un supposé immobilisme, sont les premières à se préoccuper sans cesse d’une amélioration de leurs services, mais elles refusent la prétention au réformisme lorsque celui-ci est estimé dangereux pour la République.

La « Journée d’alerte Services Publics », ouverte à tous les publics, se présente sous la forme de conférences, de  tables rondes et de témoignages suivis de débats, au plus près de la conjoncture. En sollicitant des compétences respectives, il paraît d’abord nécessaire d’exposer des dossiers complexes, aussi objectivement que possible, selon une tâche d’information. Il paraît également nécessaire de proposer à la réflexion des éléments d’analyse et de proposition, selon une tâche critique.

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Lundi 18 mai – 18h45 à 20h45

Café de la Cloche- 4, rue de la Charité – 69002 Lyon

http://www.1001-sciences.org

Le point de départ : le décret d’application de la loi Pécresse, concernant la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Une « goutte d’eau qui fait déborder le vase » selon les étudiants et chercheurs grévistes.

A l’heure ou le monde de la science s’enflamme, Mille et une sciences souhaite interroger les citoyens sur leurs visions de ce que doit être la recherche en France, avec le concours de spécialistes du sujet.

Les inquiétudes grandissent petit à petit depuis des années. Difficile de déterminer avec précision de quand date le ras-le-bol du milieu de la recherche. Ce qui est certain, c’est que le projet de loi Pécresse, sur l’autonomie des universités, a bel et bien mis le feu aux poudres.

Ces modifications apportées au paysage de la recherche française conduisent, au sein de la communauté scientifique, à de nombreuses interrogations, notamment sur l’autonomie des universités, la valorisation des métiers de la recherche, le rôle des organismes de recherche nationaux, ainsi que sur les budgets, les modes d’attribution et les manières d’évaluer la recherche. Entre autre.

Au fond le désaccord entre le monde scientifique et politique provient, peut-être, de visions différentes de ce que doit et ne doit pas être la recherche. Et si ces deux points de vue s’expriment régulièrement, il en est un qui est peu exposé : celui du grand public.

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Il serait temps de mener une campagne auprès de tous les organismes types UTLS (université de tous les savoirs), Collégiums, universités du temps libre, qui s’adressent à une fraction de la population consommatrice de l’Université comme service public (gratuité, disponibilité, générosité), mais qui est très largement indifférente à la question de la transmission de ce qu’elle consomme : le troisième âge aisé cultivé, celui qui vote et qui engage l’avenir de tous les actifs et futurs actifs que sont leurs petits enfants.

J’ai pu mesurer l’ampleur du problème lors d’une intervention où j’ai évoqué le mouvement de contestation. Il y a là des électeurs du gouvernement qui est en train de stopper la transmission des services publics et d’organiser la consommation pure et simple de ce qui a été hérité et qui votent bien à l’abri des conséquences de leur vote pour leurs descendants.

Même idée par extension avec les innombrables universitaires qui interviennent gratuitement à la radio sur d’innombrables sujets scientifiques ou sociaux et qui sont entendus par des auditeurs qui trouvent naturel de les entendre sur les quarks ou la banlieue mais peuvent gober la propagande anti-universitaire dans les mêmes journaux, sur les mêmes chaînes de radio.

On pourrait par exemple lancer un mot d’ordre pour tous les intervenants qui donnent partout de leur temps dans les médias et à l’université du temps libre : si vous consommez le savoir universitaire alors écoutez aussi les universitaires quand ils disent qu’il y a danger de destruction rapide de ce qui permet aujourd’hui ce partage du savoir, et soutenez-les.

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Par Michel Barthélémy, Sociologue, CNRS.

Le quatrième « grand débat de l’EHESS » a eu pour thème la réception de la lettre pétition adressée au comité de visite de l’AERES (1) chargé d’évaluer l’établissement « EHESS » dans son ensemble. Cette évaluation administrative fait suite aux évaluations scientifiques des centres de l’Ecole. Programmée pour la période 27-30 avril, cette visite a finalement été reportée sine die.


La visite administrative serait-elle sans importance ?

La « section des établissements » est l’une des trois sections de l’AERES (les deux autres sections étant : « unités de recherche » et « formations et diplômes ») (2). Elle est compétente pour l’évaluation des universités, établissements d’enseignement supérieur, organismes de recherche, ANR, pour l’ensemble de leurs missions et activités. Elle est également compétente pour la validation des procédures d’évaluation des personnels de ces établissements et organismes.

La description des profils des six membres de ce comité de visite fait ressortir une orientation marquée d’administrateurs de la recherche issus de disciplines, pour les chercheurs et universitaires, assez éloignées des sciences sociales.

L’argument développé dans cette partie découle de l’enquête sur les profils et la méthodologie suivie par les membres des comités AERES pour procéder à l’évaluation des établissements d’enseignement supérieur. L’accent est mis sur un certain de mots-clés de la démarche telle qu’elle est présentée sur le site de l’agence (sous l’intitulé : « Le guide de l’expert »). Il en ressort que le protocole et les critères d’évaluation qui ont la faveur de l’agence sont étrangers au monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. Le point étant que le « danger » représenté par cette visite est que l’établissement visité accepte que lui sont appliquée une grille d’évaluation contestable car reposant sur une vision des choses qui ne tient aucun compte de la spécificité du milieu ainsi évalué. Ce qui peut à terme peser négativement sur l’organisation des activités de l’établissement, le choix de ses priorités, l’évaluation interne de ses résultats, en surdéterminant ces derniers de l’extérieur par les propres outils et concepts de l’AERES (stratégie, pilotage, gouvernance, tableaux de bord, sentiment d’appartenance, adhésion au projet d’établissement…), eux-mêmes largement empruntés au monde de l’entreprise et à la démarche qualité qui y est appliquée. Ce qui va naturellement avec la logique de l’orientation hiérarchique qui prévaut dans ce milieu. Ainsi les universitaires administrateurs sont-ils une catégorie liée de manière cohérente à celle du président-manager d’université. Ils sont le produit et les agents des réformes en cours. C’est tout cela qui serait implicitement accepté par les établissements jouant le jeu, sans réserves, de l’agenda imposé par ces agences. Par conséquent, c’est ce risque qu’entendait dénoncer la lettre-pétition.

La réception de la lettre-pétition

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Après plusieurs mois d’actions, de manifestations, de grèves perlées, face à un stupéfiant autisme gouvernemental d’une part, et plusieurs mois d’indifférence voire de censure médiatique d’autre part, l’université est dans une posture délicate, entre une volonté de radicalisation et un certain désespoir conduisant à l’inaction et au fatalisme. Cependant, la radicalisation nous semble conduire automatiquement à la reproduction de rapports de force et de mépris insupportables à l’intérieur même du mouvement de contestation. Ainsi, si la radicalisation conduisait à refuser en bloc de prendre en compte la situation parfois dramatique des étudiants, en première année notamment, alors le mouvement de contestation serait incohérent avec les valeurs mêmes qu’il prétend défendre.

Plutôt que de prôner une radicalisation « classique » qui serait soit une sorte d’opération de communication (être visible à tout prix), soit une incapacité à penser l’université en dehors du vieux cadre marxiste des rapports de production (le blocage de l’outil de production sinon rien), on devrait plutôt chercher dans la spécificité de nos missions et de notre héritage une cohérence intellectuelle. Cela n’est évidemment pas facile, mais on sait déjà que la radicalisation « classique », aboutira à l’échec car notre ministère se fiche éperdument du devenir des étudiants et des enseignants chercheurs. Bien au contraire, on peut penser que cette radicalisation est très attendue pour justifier une reprise en main autoritaire.

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La journée de réflexion du GRePS, intitulée “ Subjectivité et narrativité” initialement prévue sur le Campus Portes des Alpes, se tiendra le mercredi 29 avril de 8h30 à 18h30, au Périscope (13 rue Delandine
69002 Lyon, Terminus du métro Perrache) en collaboration avec l’Université populaire de Lyon, dans le cadre des rencontres “Hors les murs” de l’Université Lyon2.

Les étudiant-e-s du Master 2 Recherche “Représentations et transmissions sociales” à l’initiative du projet et les membres du Groupe de Recherche en Psychologie Sociale vous convient à participer à cette journée qui réunira enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants de psychologie sociale et du travail.

Mis à part le programme en .pdf ci-joint, vous pouvez aussi envoyer autour de vous le lien de la page d’accueil du GRePS: http://recherche.univ-lyon2.fr/greps/spip.php?article140

Merci de transférer cette invitation au plus grand nombre.

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« Succès monstre de la Nuit des Universités à Lyon 2 : plus de 2000 personnes y ont participé dans une ambiance très festive, avec un Grand Amphi (450 places) blindé de 19h à 7h du matin pour une trentaine de conférences…

Toute la nuit est déjà « podcastée » et accessible en ligne sur le site de Lyon 2.

Je vous invite notamment à écouter la belle intervention introductive de Bruno Gelas, ancien président de l’université. »

Jacques Gerstenkorn Vice-Président de Lyon 2, chargé de la culture

Lire aussi l’article de Libé Lyon rendant compte de la Nuit Blanche.

Commentaire (1)

Par Michel Barthélémy, Sociologue, CNRS.

Suivi d’une réponse de Jean-Michel Roddaz, Responsable Département SHS/ANR

Après le débat consacré à l’AERES (1), des enseignants-chercheurs de l’EHESS organisaient une deuxième rencontre (2) portant cette fois sur une autre institution récente, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) (3). Celle-ci a pour objet de financer des recherches sur projet, émanant d’équipes de recherche publiques comme privées (entreprises, notamment), autour de certaines thématiques, et concernant les grandes branches de la connaissance. A côté de ces programmes, il existe la possibilité de soutenir un petit nombre de projets de recherches libres quant à leur sujet, appelés « programmes blancs ». Les financements portent sur une période maximale de quatre ans (4).

L’apport ambivalent de l’ANR à la recherche

Les constats des participants à ce débat qui ont soit participé au conseil scientifique de l’ANR à ses débuts ou bien bénéficié d’un contrat de cet organisme, se rejoignent sur un certain nombre de points. Ils reconnaissent tout d’abord que les sommes que l’ANR met au service des équipes dépassent de loin ce qu’ils auraient pu obtenir de leurs laboratoires de recherche. L’ANR a pu ainsi concourir à la réalisation de recherches de qualité y compris en finançant des disciplines sous-dotées.

Si au départ l’apport financier de l’ANR se faisait dans une perspective de supplémentation des ressources dont les équipes disposent sur les crédits récurrents de leur laboratoire, l’évolution négative de ces crédits tend de plus en plus à faire prévaloir un caractère substitutif.

Par ailleurs, un problème soulevé par divers intervenants tient à l’absence de modulation possible dans le soutien financier qui ne concerne que des projets assez lourds, pas toujours adaptés aux besoins de la recherche en SHS, ceux où quelques milliers d’euros suffisent. Or ce n’est pas le format des contrats ANR.

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LA NUIT BLANCHE DE L’UNIVERSITÉ

Université Lumière Lyon 2-Université de Lyon

mercredi 8 avril (19h00) / jeudi 9 avril (08h00)

Grand Amphi

« Rien dans le jour.

Les mouvements du Navire Night devraient témoigner d’autres mouvements qui se produiraient ailleurs et qui seraient de nature différente. »

(Marguerite Duras, Le Navire Night)

« - Oui, mais il faut parier. Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqués. »

(Blaise Pascal, Pensées)

Déclaration d’intention

Un vaste plan de réformes gouvernemental met en cause les principes fondamentaux et la nature même de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce plan réformiste menace plus largement le sort de l’Éducation nationale dans son ensemble, de l’école maternelle jusqu’à l’université. Plus largement encore, il conduit à un démantèlement des services publics de la République française. Les communautés concernées, loin d’un supposé « immobilisme », sont les premières à se préoccuper sans cesse d’une refonte dynamique de leurs structures. Mais elles s’opposent de façon massive à la révision des politiques publiques par le gouvernement actuel. Elles dénoncent en globalité et en détail un réformisme mal venu, portant atteinte de façon systématique aux structures et, plus profondément, aux valeurs du bien public.

Un front commun sans précédent, un « mouvement », rend ainsi solidaires des tendances très diverses parmi les personnels de l’enseignement, de la recherche, de l’administration, parmi les étudiants. Des initiatives comme l’Appel de la Sorbonne, un grand nombre d’organisations y contribuent (syndicats, Sauvons l’université, Sauvons la recherche, sociétés savantes, collectifs et comités non apparentés…). La mobilisation universitaire, déclenchée à l’échelle nationale le 2 février 2009, est d’une rare ampleur, et s’avère durable. Elle converge désormais avec les luttes de plusieurs autres secteurs menacés au sein de l’Éducation, de la Fonction publique (notamment culture, santé, justice…), ainsi que du secteur privé. Dans un contexte général de crise de société néolibérale, le mouvement qui s’amplifie, d’ores et déjà historique, n’est pas seulement de protestation : il est de réflexion constructive. C’est en faveur de ce mouvement que nous parions.

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