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	<title>Indiscipline ! &#187; savoirs</title>
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	<description>Recherche, université, culture, institutions et critique sociale</description>
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		<title>Crise du savoir et haine de la jeunesse : l’inquiétante démographie française</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 10:34:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Positions]]></category>
		<category><![CDATA[démographie]]></category>
		<category><![CDATA[savoirs]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Un même mouvement de réformes réactionnaires frappe l’ensemble des champs du savoir, de leur production à leur transmission, de l’Ecole à l’université. Ces réformes s’installent avec autoritarisme et convergent dans la direction d’une bureaucratisation des métiers du savoir, et de leur assujettissement aux pouvoirs économiques et politiques. Ce mouvement régressif, du point de vue des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-73" style="border: 0pt none; margin: 5px;" title="statlerjpg1" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2009/02/statlerjpg1.bmp" alt="statlerjpg1" width="280" height="182" />Un même mouvement de réformes réactionnaires frappe l’ensemble des champs du savoir, de leur production à leur transmission, de l’Ecole à l’université. Ces réformes s’installent avec autoritarisme et convergent dans la direction d’une bureaucratisation des métiers du savoir, et de leur assujettissement aux pouvoirs économiques et politiques.</p>
<p>Ce mouvement régressif, du point de vue des plus élémentaires libertés démocratiques et d’une conception humaniste du savoir, s’installe dans la brutalité. Il nécessite une analyse globale. Il ne s’agit en effet pas seulement de réformes réactionnaires, mais sans doute d’un changement sociologique important qu’on ne comprendrait qu’imparfaitement si on n’y voyait que la trace des idéologies étroites de l’actuel gouvernement : il y a sans doute plus en jeu.</p>
<p>L’une des clés de lecture &#8211; non exclusive et certainement insuffisante &#8211; peut être trouvée dans le changement de la démographie française. Je me contenterai ici de signaler cette piste. Je ne vais pas faire dans la subtilité universitaire : il n’y a rien de très subtil à analyser, et nous sommes confrontés à une telle brutalité et à des enjeux suffisamment vitaux pour qu’on laisse la rhétorique molle de l’universitaire au placard, du moins pour cette fois.</p>
<p><em>En 1946, la part des 18-24 ans et celle des 65 ans et plus dans la population étaient à peu près équivalentes (respectivement 12,9 % et 12,5 %). En 2007, la part des seniors est presque deux fois plus importante que celle des jeunes (respectivement 18 % et 9,8 %). En chiffres absolus, les 65 ans et plus ont dépassé les 10 millions.</em> [[Mariette Sineau, Effets de genre, effets de génération ? Le vote hommes/femmes à l’élection présidentielle 2007, Revue française de science politique, Vol 57, n° 3-4, juin-août 2007, p. 353-369.]]</p>
<p>Le retour aux &laquo;&nbsp;fondamentaux&nbsp;&raquo; autoritaristes de l’avant 68 s’explique finalement assez bien quand on fait un lien entre le vieillissement de la population française et la droitisation de son opinion publique : Sarkozy n’a pas été élu par la jeunesse et ne représente aucunement &#8211; les statistiques et diverses études le prouvent &#8211; un élan de la jeunesse vers un avenir radieux. Non, comme certains démographes et politologues l’ont montré, le vieillissement de la population française (et plus généralement celui de la population des régions industrialisées de l’hémisphère nord : Europe, Canada, USA) porte le plus souvent des valeurs réactionnaires, xénophobes, et également hostiles au savoir. D’autres études sont disponibles, qui montrent de plus une certaine détestation des jeunes. Ainsi, selon une enquête de l&#8217;INSEE portant sur la Perception et le vécu des comportements intolérants (enquête &laquo;&nbsp;Histoire de vie&nbsp;&raquo;) [[<a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es393-394h.pdf" target="_blank">http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es393-394h.pdf</a> ]] :<span id="more-71"></span></p>
<blockquote><p><strong>Les jeunes déclarent plus que le reste de la population avoir subi des attitudes négatives au cours de leur vie</strong></p>
<p>La diversité des motifs évoqués par les personnes  interrogées renvoie directement à leur propre diversité et leurs caractéristiques spécifi ques. Bien évidemment, les personnes immigrées ou d’origine immigrée ont davantage  énoncé des comportements négatifs concernant leurs origines et les personnes handicapées des  attitudes renvoyant à leur handicap ou leur état de santé. De plus, certaines situations peuvent  exposer davantage que d’autres aux comportements  intolérants, comme le fait d’avoir vécu  dans une cité et plus généralement de vivre dans  une grande ville, par opposition à ceux vivant  en milieu rural. Le fait le plus saillant est cependant la régulière  et forte décroissance de la proportion de faits  énoncés avec l’âge : de 49 % des personnes  âgées de 18 à 24 ans à 13 % de celles ayant plus  de 70 ans.</p></blockquote>
<p>Les aspects statistiques de la démographie coïncident donc avec le vécu quotidien, le ressenti, des attitudes négatives : plus on est jeune, plus on se sent victime d&#8217;intolérance, et plus on est âgé, plus on se sent à l&#8217;abri des jugements négatifs. Et sans doute plus on en énonce&#8230;</p>
<p>De toute manière, qui ne sent pas, dans son environnement de travail ou de loisirs, cette haine montante pour la jeunesse portée par la France Sarkozyste ? Qui ne sent pas cette haine du savoir qui gagne tous les milieux sociaux ?</p>
<p>Pour se convaincre du lien entre vieillissement de la population, faible capital culturel et autoritarisme (et pas seulement percevoir cela intuitivement, mais pour pouvoir l’argumenter un tant soi peu rationnellement, ce qui est autre chose&#8230;), et même s’il faudrait approfondir et étayer ce type d’analyse, chacun peut lire l’article de Mariette Sineau (directrice de recherche au CNRS/CEVIPOF) dans la Revue française de science politique (Vol 57, n° 3-4, juin-août 2007, p. 353-369). L’article s’intitule &laquo;&nbsp;Effets de genre, effets de génération ? Le vote hommes/femmes à l’élection présidentielle 2007&#8243;.</p>
<p>Les quelques extraits de cet article, que je cite plus bas pour faciliter la lecture de ce texte, plus quelques données grappillées ici ou là dans diverses études (voir par exemple le site de l’INSEE), plus ce qu’un certain nombre d’entre nous sentent confusément (ou clairement…), nous dressent un portrait glaçant de la France de 2008 : une France égoïste et détestant sa jeunesse, une France refusant de transmettre son héritage à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, seront son avenir. Une France du passé, réactionnaire, et surtout fort peu dotée culturellement et sous diplômée. C’est cette France qui n’a réussi ni à l’école, ni dans son appréhension de la culture, qui donne aujourd’hui la direction à suivre aux institutions du savoir et de la culture, avec les dégâts que l’on sait. Cette France, c’est celle qui pense que l’homosexualité et le suicide sont &laquo;&nbsp;génétiques&nbsp;&raquo; : une France inculte, bête à bouffer du foin, vulgaire, un condensé de barbarie en devenir. Qui ne sent pas confusément le lien qui existe entre l’ambiance de la France de 2008 et l’ambiance de la France des années 38 à 40 ?</p>
<p>Bref : la France de 2008 se construit une Ecole d’avant guerre en tablant sur un modèle éducatif du passé porté par une idéologie régressive, paternaliste et autoritaire. Une France qui n’aime pas le savoir, et qui est maintenant prête à retomber dans la barbarie&#8230;</p>
<p>La désobéissance civile sera le seul moyen de sortir par le haut de l’impasse dans laquelle nos anciens nous ont fourvoyés. Ce n’est pas à gauche que nous trouverons le moindre soutien : la gauche française est morte, entièrement livrée au marketing politique, au cynisme et au relativisme. Mais c’est dans les refus quotidiens que chacun peut faire que l’on pourra inverser ce mouvement délétère et rebâtir en commun des principes et une éthique humaniste, hors des partis politiques.</p>
<p>Appelons aussi nos anciens, du moins ceux qui ont voté Sarkozy, à prendre leurs responsabilités, et à ne pas oublier qu’ils disparaîtront un jour et qu’il y a une jeunesse dans ce pays qui doit avoir un avenir : vieillir plus longtemps et dans de meilleures conditions n’est pas une raison suffisante pour sacrifier l’avenir d’une nation au profit d’un hédonisme égocentrique. Rappelons-leur, par exemple, que ce que l’UMP détruit aujourd’hui c’est ce qui leur a permis, en général, de vivre mieux et plus longtemps que leurs propres parents : le service public.</p>
<p>Et espérons qu’il ne soit déjà trop tard pour lutter contre le retour de la bête…</p>
<p>Remarque : bien entendu, mes propos ne signifient absolument pas que tout individu de plus de 65 ans serait raciste et illettré. Il ne s’agit ici (en tout cas dans l’article cité qui va suivre, que de signification STATISTIQUE).</p>
<p>Voici les extraits promis :</p>
<p>Citation (de Mariette Sineau) :</p>
<blockquote><p><em>En 1946, la part des 18-24 ans et celle des 65 ans et plus dans la population étaient à peu près équivalentes (respectivement 12,9 % et 12,5 %). En 2007, la part des seniors est presque deux fois plus importante que celle des jeunes (respectivement 18 % et 9,8 %). En chiffres absolus, les 65 ans et plus ont dépassé les 10 millions.</em></p></blockquote>
<p>Citation (de Mariette Sineau) :</p>
<blockquote><p><em>En tant que favori des femmes âgées, le candidat de l’UMP dispose d’une base électorale au profil très typé, qui présente des caractères antinomiques avec celle de Ségolène Royal. Il est ainsi le leader préféré des femmes mariées (37 %) et plus encore des veuves (40 %), arrivant loin devant les trois autres candidats. Il trouve aussi un meilleur écho parmi les électrices pauvres en dot scolaire, conséquence logique de ce que, chez les seniors, les femmes sont déficitaires en diplôme. Nicolas Sarkozy concentre ainsi sur son nom plus du tiers des voix des femmes qui n’ont, au mieux, pour titre scolaire que le seul certificat d’études primaires (+ 11 points par rapport aux hommes), contre seulement 24 % pour Ségolène Royal, 15 % pour François Bayrou et 10 % chez Jean-Marie Le Pen. La prise en compte de l’articulation entre le genre et la profession de la personne interrogée, l’appréhension de son statut ou encore de sa vulnérabilité face au chômage permettent de pointer d’autres « différends » électoraux (tableau 3). Quand on décrit la base sociologique du candidat de l’UMP, il vaut d’abord de souligner que Nicolas Sarkozy est le candidat « naturel » des femmes inactives, qu’elles soient femmes au foyer ou retraitées. Ainsi, 38 % des premières ont l’intention de voter pour lui comme 39 % des secondes (+ 5 points par rapport aux hommes), alors que Ségolène Royal ne polarise que 28 % d’audience auprès des femmes au foyer et 23 % auprès des retraitées.</em></p></blockquote>
<p>Citation (de Mariette Sineau) :</p>
<blockquote><p><em>Si on s’attache, maintenant, à dresser le portrait idéologique et culturel des électorats (tableau 5), on observe que le genre est porteur de divergences significatives, en lien plus ou moins direct avec les clivages sociologiques et politiques précédemment énoncés. Ainsi, Nicolas Sarkozy, parce qu’il est soutenu par les femmes âgées et même très âgées, attire tout naturellement les générations socialisées par les normes catholiques les plus strictes : plus de la moitié des pratiquantes lui accordent leur suffrage (+ 10 points par rapport aux hommes). D’ailleurs, 39 % des catholiques non pratiquantes le soutiennent aussi, contre 17 % seulement des électrices se déclarant sans religion (qui, elles, rallient Ségolène Royal à près d’un tiers). Parallèlement, le candidat de l’UMP exerce sa force d’attraction chez les femmes dont les valeurs les rattachent à un univers de droite, voire d’extrême droite, tant en matière de féminisme que de libéralisme culturel et économique, d’autoritarisme et d’ouverture aux autres. Ainsi, le porte-drapeau de l’UMP rassemble les voix de 45 % des électrices qui désapprouvent l’idée que « les choses iraient mieux en France si les femmes étaient plus nombreuses au Parlement » (+ 11 points par rapport aux hommes), comme 39 % de celles qui sont en désaccord avec l’idée que « les couples homosexuels devraient avoir le droit d’adopter des enfants » (+ 7 points). Expriment aussi un net penchant pour Nicolas Sarkozy (39 %) toutes celles qui, ayant une vision passéiste du rôle des femmes, les enferment dans leur rôle de procréatrices (39 %). De même, ce candidat fait une très bonne audience, de l’ordre de 40 % ou davantage, chez celles qui, libérales au plan économique, pensent que « les chômeurs pourraient trouver du travail s’ils le voulaient vraiment », ou adhèrent à l’idée qu’il faut donner « la priorité à la compétitivité de l’économie française sur l’amélioration de la situation des salariés ». Enfin, Nicolas Sarkozy fait aussi ses meilleurs scores chez les électrices marquées du sceau de l’autoritarisme, qui souhaiteraient le rétablissement de la peine de mort (39 % de vote en sa faveur), chez celles que taraude la préoccupation de l’immigration (40 %), l’augmentation de la délinquance (34 %), ou encore chez celles, empruntes de frilosité, qui voudraient que « la France se protège davantage du monde d’aujourd’hui » (36 %).</em></p></blockquote>
<p>Citation (de Mariette Sineau) :</p>
<blockquote><p><em>En terme d’adhésion à l’univers des valeurs, on notera une inversion constante selon le genre au sein des deux électorats lepeniste et sarkozien : dans celui de Jean-Marie Le Pen, ce sont les hommes qui se donnent à voir comme les plus droitiers sur toutes les dimensions évoquées, alors que dans l’électorat de Nicolas Sarkozy, ce sont les femmes qui adhèrent le plus volontiers aux valeurs de la droite la plus conservatrice, sinon la plus traditionaliste. Ce résultat renvoie là encore à la structure par âge et par genre des deux clientèles électorales : alors que le candidat de l’extrême droite est délaissé par les « anciennes », le candidat de l’UMP fait florès chez elles. Si on analyse le succès de Nicolas Sarkozy comme la victoire du candidat qui s’est réclamé « sans complexe » des valeurs de droite, alors on peut dire que sa stratégie a touché les femmes au cœur. Dans le même temps, il a su aussi incarner, auprès d’elles, le retour du politique et de la confiance dans cette élection reine de la Cinquième République. Plus de 40 % des électrices sarkoziennes croient que « les résultats de la présidentielle permettront d’améliorer les choses en France » (+ 4 points par rapport aux hommes), contre un peu plus du quart des électeurs de Ségolène Royal, qu’ils soient hommes ou femmes. Last but not least, ce sont près des trois quarts des électrices de Nicolas Sarkozy qui se disent confiantes dans la droite pour gouverner (+ 7 points par rapport aux hommes). Dans le camp d’en face, les électeurs et les électrices de Ségolène Royal ne sont que deux tiers à faire confiance à leur propre camp, la gauche, pour gouverner. Le vote d’adhésion que Nicolas Sarkozy a su déclencher, en incarnant, pour l’instant, une sorte d’idéal de l’action politique, a trouvé un écho encore plus grand, on le voit, auprès des électrices.</em></p></blockquote>
<p>Citation (de Mariette Sineau) :</p>
<blockquote><p><em>Les données de l’enquête pré-électorale PEF 2007 mettent au jour un effet genre et un effet génération qui se renforcent et se cumulent l’un l’autre dans les urnes. Plus on vieillit, plus on vote à droite ; plus on appartient à des générations âgées (qui n’ont pas été socialisées aux valeurs soixante-huitardes et post-matérialistes), plus fortes sont les probabilités que l’on adhère à des valeurs traditionnelles, aux antipodes de la modernité, du féminisme et de l’ouverture aux autres. Ce constat a pesé à l’évidence de façon décisive sur l’issue finale du scrutin. On a voulu faire de Nicolas Sarkozy le symbole de l’arrivée aux affaires d’une nouvelle génération tournée vers la France du 21e siècle. Le fait est indéniable, mais on peut remarquer parallèlement que, dans un électorat vieillissant – au sein duquel le poids numérique des seniors est double de celui des juniors –, le prétendant de l’UMP n’est pas le candidat des jeunes, qui sont l’avenir de la société et de l’économie, mais bien plutôt le leader préféré des vieux et surtout, comme nous avons tenté de le montrer, des vieilles femmes [19]. Bien qu’il ait fait campagne en réhabilitant la valeur travail, Nicolas Sarkozy doit son succès aux électeurs et surtout aux électrices qui sont, depuis longtemps, retiré(e)s du marché du travail. Or, les rentiers et rentières, auxquelles s’ajoutent les femmes au foyer, ne représentent pas la fraction du corps électoral la plus emblématique du désir de renouveau et de changement social. Certains font le pari que, dans quelques années, quand les baby boomers seront parvenus massivement à l’âge de la retraite, alors la gauche pourra être portée au pouvoir par la conjonction entre le vote des jeunes et celui des personnes âgées (des deux sexes), qui, alors, continueront à soutenir les idées de gauche des générations ayant vécu Mai 68 et le féminisme. Le vieillissement ne sera plus, pour les analystes, synonyme de conservatisme [20]. L’appartenance aux générations âgées – qui, à l’avenir, seront beaucoup plus titrées scolairement – n’ira pas forcément de pair avec l’adhésion à un système de valeurs traditionnel.</em></p></blockquote>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Culture et savoirs aux prises avec la (dé)raison technocratique</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Feb 2007 09:51:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Positions]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Igor Babou et Joëlle Le Marec Que l’on soit chercheur, enseignant, organisateur d’activités culturelles institutionnalisées ou pas, artiste, professionnels de l’action sociale, de la santé, du droit, que l’on soit parent, militant associatif, étudiant, on ressent partout la même incohérence entre une sorte de pragmatisme désabusé et les valeurs au nom desquelles on exerce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Igor Babou et Joëlle Le Marec</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-102" style="border: 0pt none; margin: 5px;" title="folon" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2007/02/folon.jpg" alt="folon" width="300" height="224" />Que l’on soit chercheur, enseignant, organisateur d’activités culturelles institutionnalisées ou pas, artiste, professionnels de l’action sociale, de la santé, du droit, que l’on soit parent, militant associatif, étudiant, on ressent partout la même incohérence entre une sorte de pragmatisme désabusé et les valeurs au nom desquelles on exerce ces activités, ou on assume ces statuts. La même désespérance, le même sentiment de paralysie anime les conversations quotidiennes. Car chacun est sommé de s’inscrire dans des visions réformistes et acritiques dont les promoteurs sont eux-mêmes incapables de défendre la portée politique. Il ne s’agit que de changement, de compétitivité, de mise en visibilité, de rationalisation, etc. Le fait d’agir au nom de principes (principes républicains par exemple) est publiquement disqualifié comme relevant d’une pensée dogmatique et théorique, dépassée, et éloignée de la demande sociale. Chacun sent confusément le piège des inversions idéologiques : la critique serait passéiste, l’émergence et la créativité sympathiques mais relevant d’un amateurisme insupportable, le don et la gratuité dangereux voire « intolérables ». [1]</p>
<h3>Un enjeu épistémologique majeur : grossir ou se fondre dans la masse…</h3>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas de la recherche : en ce qui concerne les laboratoires en sciences humaines et sociales, l’émergence (par exemple de jeunes laboratoires, ou de thématiques nouvelles) a fini par devenir un processus systématiquement stoppé ou canalisé vers le renforcement de grosses structures déjà existantes. On peut résumer schématiquement la situation en disant qu’il faut déjà avoir été là pour avoir la possibilité d’exister. On en arrive à regrouper systématiquement des laboratoires en fonction de critères géographiques ou disciplinaires, même si par ailleurs leurs thèmes de recherche n’ont rien de compatible. En effet, ces mouvements ne découlent en aucune manière des nécessités propres à la recherche ou des logiques de développement des équipes. Il s’agit avant tout d’être présent sur l’échiquier européen, de faire masse et de favoriser ainsi la concurrence entre grands secteurs d’implantation universitaire. Pour quoi faire ? Personne n’en a plus aucune idée. Les tutelles politiques imposent l’objectif principal de contribuer à la compétitivité économique des unités géographiques (Région, État, Europe) [2]. À des niveaux de responsabilité plus locaux, au sein des établissements, on naturalise une sorte de principe de réalité : « on ne peut pas faire autrement ». Le processus de décision devient alors extrêmement technique et interdit tout débat sur les enjeux pratiques, cognitifs et politiques du pilotage de la recherche, confirmant a posteriori le diagnostic d’Habermas qui voyait dans la technicisation du débat public politique la méthode, propre au capitalisme, pour rendre impossible une saisie par le citoyen des enjeux des décisions le concernant [3]. À un niveau interne aux institutions, ce même processus de technicisation dépossède les acteurs professionnels (les enseignants et chercheurs) des finalités pratiques et éthiques de leur propre travail. Dans ce contexte, celui qui en appelle aux valeurs et aux normes de son métier est soupçonné d’immaturité professionnelle. L’un des instruments de cette technicisation est le changement des échelles de prise de décision qui deviennent européennes ou mondiales, et le foisonnement obscur des intermédiaires chargés de leur mise en œuvre (bureaux d’études, consultants, gestionnaires, administrateurs, services de communication, informaticiens, etc.). Par exemple, le travail de réponse aux appels d’offres européens a généré la création de professions intermédiaires et de services de consultance spécialisés, situés en dehors des laboratoires. Au nom d’une efficacité que rien ne démontre, on met actuellement en place des dynamiques dont l’unique évaluation repose sur le contrôle de leur propre mise en place, indépendamment de ce à quoi elles aboutissent en termes de connaissance. L’évaluation tatillonne des programmes de recherche consomme une énergie incroyable et suscite une inflation de procédures et de formalismes bureaucratiques, au point de dépasser parfois, en volume d’écriture, la production scientifique elle-même. Dans le même temps, le contenu des publications ne semble guère passionner les instances d’évaluation. Dans ces conditions on assiste à la montée d’un intérêt purement quantitatif pour ces publications (approches scientométriques).</p>
<h3>Les musées dans les griffes du marketing et du management…</h3>
<p><span id="more-38"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-104" style="margin: 5px;" title="caisse_enregistreuse" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2007/02/caisse_enregistreuse.jpg" alt="caisse_enregistreuse" width="300" height="261" />Ce qui se passe dans institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche peut être rapproché sans difficulté des tensions qui affectent le monde des musées. Ceux-ci se sont fortement rapprochés de la sphère des industries de la culture et du tourisme, avec une explosion des professionnels issus du marketing, de la communication professionnalisée, et du management. Ces évolutions se font au nom d’une demande sociale supposée indifférente à des institutions traditionnelles, et friande de nouveaux produits et services. On assiste à la promotion d’une vision dans laquelle il a fallu attendre l’arrivée des démarches issues du marketing pour que le public soit « au centre des préoccupations » (des sociologues et psychologues s’évertuaient pourtant depuis le début du XXème siècle à promouvoir la prise en compte d’une connaissance de ces publics). Or, à l’occasion des enquêtes menées depuis plusieurs décennies, ce même public manifeste avec constance un attachement au musée comme institution patrimoniale et de service public. Ce sont parfois les visiteurs qui posent la question de l’ancrage du musée dans des temporalités historiques lorsque des mutations semblent nier cette épaisseur institutionnelle. Ils expriment une culture des musées et des institutions plus forte que celles des nouveaux professionnels travaillant au sein de ces musées et institutions : ceux-ci confondent le musée comme incarnation d’une institution globale (l’institution étant définie comme dispositif héritant de valeurs et les transmettant), et le musée comme équipement destiné à des pratiques culturelles et touristiques. Cette confusion aboutit à l’élimination de certaines structures majeures (musée de l’Homme, musée des Arts et Traditions Populaires) et à l’émergence simultanée de centres d’expositions et galeries supposée mieux répondre aux exigences de la vie culturelle et sociale des populations. Le constat d’une prise en charge par le public des valeurs oubliées par nombre de professionnels et d’instance politiques intervenant dans les institutions de la culture est très proche de ce que l’on peut observer dans le débat public à propos de sciences : certains citoyens (faucheurs d’OGM, écologistes, naturalistes, etc.) sont ainsi prêts à risquer leurs biens ou leur liberté pour défendre des valeurs qui étaient associées aux sciences à l’époque des Lumières : indépendance de la connaissance par rapport aux intérêt marchands ou politiques, continuité d’un effort anonyme et collectif dans la compréhension des phénomènes, publicité des débats, etc. Autre phénomène lié aux musées : on retrouve, comme dans le cas de la recherche, un changement des échelles de décision et de gestion au nom d’une rationalisation de l’offre muséale, avec l’abandon du tissu très dense des petits musées de société ancrés dans des dynamiques et des engagements locaux (musées souvent associatifs) et un renforcement des très grosses structures capables de drainer une clientèle internationale. Les régions elles-mêmes ne rêvent que de devenir des capitales européennes de la culture et tournent le dos à leur propre population.</p>
<p style="text-align: justify;">Les musées et la recherche sont historiquement et structurellement liés : la crise qui les affecte est aussi une crise profonde du lien aux savoirs. La disparition des écomusées, puis des grands musées d’ethnographie, accompagne ainsi une crise de légitimité des disciplines qui les ont portés : l’ethnologie perd ses lieux d’inscription dans l’espace public, et dans le temps historique. On supprime au passage l’espace physique et intellectuel où l’ethnologie s’est engagée dans la résistance au nazisme (réseau « Musée de l’Homme » dirigé par Paul Rivet). Les conditions de création du musée du Quai Branly ne permettent hélas guère d’espérer une telle force du lien entre connaissance, éthique et engagement.</p>
<h3>Le contrôle des pratiques culturelles</h3>
<p style="text-align: justify;">Nous venons de passer sommairement en revue certains éléments relatifs à la situation des institutions de la culture et du savoir. Bien d’autres milieux sont également touchés par un réformisme destructeur. Par exemple, dans les grandes villes, on regroupe certains acteurs culturels tant au plan géographique que temporel : il s’agit des « mises en résidences d’artistes ». Ces dispositifs de regroupement géographique d’artistes subventionnés dans un temps donné permettent une centralisation et des économies d’échelle tout en assurant, au moins sur le papier, une visibilité aux actions des politiques, en particulier en matière de communication des élus locaux. On observe également des regroupements dans le cadre de la multiplication des festivals qui sont des opérations se déroulant à dates fixes, presque des rituels, entérinant ainsi l’idée que ce qui a existé une fois perdurera dans le futur, encore et encore&#8230; mais une fois dans l’année, et pas plus ! Cela conduit bien souvent les élus locaux à se dédouaner d’une gestion au long terme de l’action culturelle, car celle-ci devrait alors être pensée en fonction d’usages locaux ou d’attentes parfois marginales, émergentes, complexes à saisir. Cela permet enfin de pousser les amateurs vers la professionnalisation. Les pratiques culturelles amateures sont pourtant extrêmement répandues, souvent basées sur des prises en charge du lien social que les institutions abandonnent.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-106" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" title="gare_experimentale" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2007/02/gare_experimentale.jpg" alt="gare_experimentale" width="288" height="235" />Un exemple : le 6 juin 2006, les occupants de la Gare Expérimentale, local désaffecté aux portes de Paris, sont expulsés et le bâtiment muré. Il était depuis quelques mois occupé et animé par une diversité de personnes, allant du sans domicile fixe résidant, à des bénévoles proposant des repas gratuits, en passant par des musiciens et artistes, des universitaires et des acteurs culturels indépendants, jeunes et moins jeunes, animant des soirées et développant des activités gratuites. Cette décision ne concerne pas seulement un lieu. Elle touche une dynamique, elle la sape, elle la détruit. À l’heure où la génération au pouvoir déplore la sinistrose, la crise des solidarités intergénérationnelles et promeut ce qu’elle appelle « participation », l’expulsion de tous les squats, phénomène récurrent partout en France, déracine en permanence la croissance et le développement possibles d’expériences uniques de prise d’initiatives et de solidarités. Tout se passe comme si l’initiative et la solidarité ne pouvaient tout simplement pas être perçues comme telles, ni même supportées, dès lors qu’elles ne sont pas pilotées par des instances politiques, techniques, ou par le marché. Ces expulsions ne se contentent pas de stopper un processus : elles créent le traumatisme durable de la désespérance chez ceux qui retournent à la rue, à la galère, à la méfiance. Les autres, ceux qui ont un travail, un domicile, y perdent moins matériellement. Mais ils y perdent parfois leur seul lien authentique avec l’engagement spontané.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment comprendre la schizophrénie d’une politique culturelle qui rénove à grands frais le Palais de Tokyo en 2002 en le transformant en faux squat chic pour artistes contemporains, mais qui ferme les vrais squats où des démarches indépendantes émergent et fédèrent spontanément des acteurs tout en créant du lien social ? Comment interpréter l’incohérence de ces mêmes politiques culturelles, cette fois-ci au plan local, quand chaque grande ville française semble prise de frénésie festivalière et prétend défendre les musiques actuelles à grands renforts de budgets alors qu’en parallèle ces mêmes mairies laissent les préfectures harceler puis fermer les lieux où cette culture tente de survivre [4] ? Cette situation absurde n’étant pas isolée, puisqu’il y a de nombreux exemples de ce type à Paris, Lille ou Marseille, elle s’interprète aisément si l’on considère que l’enjeu est soit de « valoriser » les centres-villes en les transformant en quartiers « de charme » expurgés des populations considérées comme marginales, soit de substituer aux dynamiques spontanées des amateurs une action rationalisée, encadrée et professionnalisante. La crise des musiques dites « actuelles » (rap, rock, jazz, electro, etc.) était de ce point de vue très perceptible lors du forum des musiques actuelles organisé à Nancy en octobre 2005 [5]. On y vit s’affronter des conceptions très antagonistes : d’un côté, celles portées par certains professionnels de la culture et par le ministère lui-même, qui ne voient dans les pratiques culturelles amateurs et émergentes que le point de départ d’une « structuration » par des « équipements culturels » et un « maillage territorial » (avec les fameuses SMAC, Scènes de Musiques Actuelles et Contemporaines) ayant pour enjeu ultime la « professionnalisation ». De l’autre, la revendication de pratiques culturelles pensées comme des moyens de tenir un discours de contestation de l’ordre établi et non de se mettre au service d’une technocratie de la culture, l’amateurisme étant parfois revendiqué comme une garantie de liberté. Dans ce contexte de crise, les lieux – et leur rareté – deviennent évidemment des éléments clés pour réguler, contenir et organiser ces pratiques culturelles, ou au contraire pour permettre à leur diversité et à leurs composantes contestataires de s’exprimer librement.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand les acteurs culturels ne sont pas incités à se regrouper, ils le font d’eux-mêmes tant ces logiques de massification de l’action, y compris de l’action revendicative, ont quelque chose à voir avec l’idéologie dominante qui veut que pour exister, il faut être nombreux et visibles, et maîtriser sa communication. Les immenses teknivals de la techno, ces sortes de disneylands de la contre-culture, témoignent de cette naturalisation de l’idéologie dominante.</p>
<h3>Entrer en résistance…</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour conclure, une véritable analyse géostratégique des politiques culturelles ainsi que des politiques liées à l’enseignement et à la recherche serait utile et urgente. On a affaire à un changement de « granularité » dans les échelles de décision et d’action : le rapport entre les nœuds des réseaux sociaux et culturels et les territoires qu’ils maillent sont en train d’être bouleversés pour des raisons qui n’ont rien de culturel ni de social. Or &#8211; on a affaire ici à un apparent paradoxe -, ces changements sont largement accompagnés, voire suscités de l’intérieur, par les acteurs eux-mêmes, y compris par certains opposants traditionnels (syndicalistes, activistes, etc.) qui s’empressent de reproduire ce contre quoi ils s’imaginent lutter. Autrement dit, ces logiques ne sont pas seulement imposées de l’extérieur par le « pouvoir ». Car le pouvoir, c’est aussi et surtout la manière dont les idéologies réussissent à pénétrer au cœur des actions quotidiennes, les plus triviales, les plus secondaires en apparence. Dans ce contexte, les résistances à ces logiques doivent être assumées à tous les niveaux et en particulier dans les lieux de travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est temps que les milieux de la recherche et de la culture qui, à souffrance égale avec les milieux de l’action culturelle ou militante, sont les moins exposés, se sentent concernés et sortent de la paralysie et de la lâcheté qui les étouffent et qui ne peuvent déboucher que sur leur disparition. C’est parce que nous sentons que les valeurs et utopies des Lumières sont encore, pour le public, présentes et vivantes dans nos institutions, que nous nous devons d’avoir le courage de les incarner. Qu’importe si cette position est désormais rituellement ridiculisée. L’assumer, c’est se rendre témoins les uns des autres et permettre à des résistances de s’exprimer et de se reconnaître, et de se structurer entre elles au quotidien, et pas seulement dans les mouvements de crise ou dans les milieux politiques et syndicaux.</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] Un rapport élaboré par Pierre Sirinelli dans le cadre du Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (le CSPLA est sous tutelle du Ministère de la Culture) stipule que « Sur le plan économique, le mythe de la gratuité totale a vécu. Il n’est pas possible de tolérer des formes de distribution des œuvres qui ne permettent pas d’assurer la rémunération de la création et de la production. Quelles que soient les offres faites aux utilisateurs, sous forme gratuite et/ou payante, la rémunération et/ou le financement de la création et de la production doivent être assurés » (<a href="http://www.culture.gouv.fr/culture/cspla/Avis2005-2.pdf">http://www.culture.gouv.fr/culture/cspla/Avis2005-2.pdf</a>, p. 2)</p>
<p style="text-align: justify;">[2] Le contexte politique et les objectifs principaux sont définis dans la Communication de la Commission COM (2005) 118 final du 6 avril 2005 : « Bâtir l’Espace Européen de la Recherche de la connaissance au service de la croissance ». Il y est écrit : « En tant que moteur de la production et de l’exploitation des connaissances, la recherche est avant tout un pilier de la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne visant à faire de l’Europe l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable de soutenir la croissance économique, l’emploi et la cohésion sociale ». (<a href="http://cordis.europa.eu/search/documents/documentlibrary/2462FR.pdf">http://cordis.europa.eu/search/documents/documentlibrary/2462FR.pdf</a>, p. 1)</p>
<p>[3] Habermas, Jürgen, La technique et la science comme « idéologie », Paris :Gallimard, 1996, p. 41-42.</p>
<p style="text-align: justify;">[4] Par exemple, à Lyon le festival des Nuits Sonores a été doté d’un budget de 850000 € en 2006, mais le Squat « Grrnd Zero » a été fermé ainsi que la plupart des clubs electro qui faisaient vivre cette culture au quotidien, généralement pour cause de « nuisances sonores ».</p>
<p>[5] <a title="Foruma" href="http://www.foruma.fr" target="_blank">http://www.foruma.fr</a>
<ul class="lang_switch"></ul>
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