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	<title>Indiscipline ! &#187; recherche</title>
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	<description>Recherche, université, culture, institutions et critique sociale</description>
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		<title>Laurent Loty : &#171;&#160;Pour l&#8217;indisciplinarité&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Apr 2011 09:15:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Positions]]></category>
		<category><![CDATA[Indisciplinarité]]></category>
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		<description><![CDATA[Laurent Loty nous fait le plaisir de nous envoyer un texte très intéressant sur la notion d&#8217;&#160;&#187;indisciplinarité&#160;&#187;, à laquelle il apporte ses compétences d&#8217;historien des relations entre mots, textes, savoirs et politiques. Ce texte correspond parfaitement aux interrogations qui nous motivent ici. La référence exacte du texte est la suivante : Loty, Laurent. « Pour l&#8217;indisciplinarité », The [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cellf.paris-sorbonne.fr/annuaire/chercheur.php?idr=7&amp;idc=630">Laurent Loty</a> nous fait le plaisir de nous envoyer un texte très intéressant sur la notion d&#8217;&nbsp;&raquo;indisciplinarité&nbsp;&raquo;, à laquelle il apporte ses compétences d&#8217;historien des relations entre mots, textes, savoirs et politiques. Ce texte correspond parfaitement aux interrogations qui nous motivent ici. La référence exacte du texte est la suivante :</p>
<p style="text-align: justify;">Loty, Laurent. « Pour l&#8217;indisciplinarité », <em>The Interdisciplinary Century ; Tensions and convergences in 18th-century Art, History</em> <em>and Literature</em>,  edited by Julia Douthwaite and Mary Vidal, Oxford, Studies on Voltaire  and the Eighteenth Century 2005:04, Voltaire Foundation, 2005,  pp. 245-259.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Introduction du texte :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">INDISCIPLINARITE:  l’invention d’un mot est parfois nécessaire pour lutter contre le poids  des idées inscrites en nos mémoires de génération en génération. Si ce  mot me paraît utile, c’est qu’il peut aider a rejeter l’apprentissage de  la soumission qui va souvent de pair avec le respect des disciplines.  C’est aussi qu’il permet de souligner l’insuffisance de la pluri-, de  l’inter-, ou même de la transdisciplinarité, au regard de mes  aspirations et de ma conception de l’enseignement, de la recherche, et  de leurs fonctions dans la société. J’espère avoir suffisamment suggéré,  dans les lignes qui suivent, à quel point la défense de  l’indisciplinarité est paradoxale (à divers titres, la discipline est  indispensable), mais aussi à quel point elle est nécessaire.  C’est-à-dire utile, pour la liberté, pour la découverte, pour la  création, pour l’affirmation de valeurs qui dépassent largement les  domaines de la recherche et de l’enseignement, à moins que recherche et  enseignement ne soient conçus comme ce qui participe à une dimension  culturelle fondamentale pour nos modes de vie en société.</p>
</blockquote>
<p><span id="more-977"></span></p>
<p><a href="http://science.societe.free.fr/documents/pdf/Loty_Indiciplinarite_2005.pdf">Télécharger le texte (pdf)</a>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Numérisation et mise en ligne de la revue Labo Contestation</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Apr 2011 17:34:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[contestation]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous sommes heureux de vous annoncer la numérisation complète ainsi que la mise en ligne du corpus de la revue &#171;&#160;Labo Contestation&#160;&#187;, revue contestataire lyonnaise réalisée par des chercheurs entre 1970 et 1973, et dont l’objectif était de réaliser une critique des conditions de production de la science et une analyse des rapports de domination [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nous  sommes heureux de vous annoncer la numérisation complète ainsi que la  mise en ligne du corpus de la revue &laquo;&nbsp;Labo Contestation&nbsp;&raquo;, revue  contestataire lyonnaise réalisée par des chercheurs entre 1970 et 1973,  et dont l’objectif était de réaliser une critique des conditions de  production de la science et une analyse des rapports de domination au  sein de l’université.</p>
<p><a href="http://science-societe.fr/labo-contestation/">http://science-societe.fr/labo-contestation/</a></p>
<p style="text-align: justify;">Labo Contestation est à prendre comme un témoignage,  comme un document historique, mais aussi comme une raison de rester  vigilant avec lucidité dans nos analyses du champ STS, ainsi que dans  nos luttes pour une université et une recherche qui restent à libérer  des pouvoirs qui l’enserrent encore.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, avec l’aval de Pierre Clément qui était  la cheville ouvrière  de Labo Contestation à Lyon, nous avons décidé de  numériser et de mettre en ligne la collection complète des six numéros  de cette revue, ainsi que deux hors-série.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette numérisation de la revue Labo Contestation, ainsi  que sa mise en ligne, s’inscrivent dans l’une des opérations de  recherche du Cluster &laquo;&nbsp;Enjeux et représentations de la science, de la  technologie et de leurs usages&nbsp;&raquo; (opération 1 : &laquo;&nbsp;Pour une histoire des  recherches sur la vulgarisation et le champ Sciences, Technologies et  Société&nbsp;&raquo;).</p>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Sauvons La Recherche : pétitions contre les mensonges gouvernementaux sur la recherche et le supérieur, et pour soutenir les précaires de l&#8217;ENS</title>
		<link>http://indiscipline.fr/fr/sauvons-la-recherche-petitions-contre-les-mensonges-gouvernementaux-sur-la-recherche-et-le-superieur-et-pour-soutenir-les-precaires-de-lens/</link>
		<comments>http://indiscipline.fr/fr/sauvons-la-recherche-petitions-contre-les-mensonges-gouvernementaux-sur-la-recherche-et-le-superieur-et-pour-soutenir-les-precaires-de-lens/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 Mar 2011 15:42:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

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		<description><![CDATA[Sauvons La Recherche propose deux pétitions à signer : - L'une pour exiger que cessent les mensonges d’état sur la recherche et l’enseignement supérieur : http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3433 - L'autre pour soutenir les précaires de l'École normale supérieure en grève depuis plusieurs mois, et soutenus par des élèves et enseignants de l'ENS, face à une direction qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<pre>Sauvons La Recherche propose deux pétitions à signer : 

- L'une pour exiger que cessent les mensonges d’état sur la recherche
  et l’enseignement supérieur :
  <a href="http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3433">http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3433</a>

- L'autre pour soutenir les précaires de l'École normale supérieure en
  grève depuis plusieurs mois, et soutenus par des élèves et enseignants
  de l'ENS, face à une direction qui reste intransigeante :
  <a href="http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3437">http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3437</a>

Merci de votre soutien et de diffuser largement autour de vous.
</pre>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<item>
		<title>Egypte : Le Monde relaie, sans les vérifier, les erreurs du Quai d&#8217;Orsay à propos d&#8217;un prétendu &#171;&#160;devoir de réserve&#160;&#187; des chercheurs</title>
		<link>http://indiscipline.fr/fr/egypte-le-monde-relaie-sans-les-verifier-les-erreurs-du-quai-dorsay-a-propos-dun-pretendu-devoir-de-reserve-des-chercheurs/</link>
		<comments>http://indiscipline.fr/fr/egypte-le-monde-relaie-sans-les-verifier-les-erreurs-du-quai-dorsay-a-propos-dun-pretendu-devoir-de-reserve-des-chercheurs/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 05 Feb 2011 20:15:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un article du 05.02.11 intitulé &#171;&#160;Les chercheurs français sommés d&#8217;être discrets&#171;&#160;, la rédaction du Monde relaie les propos de Bernard Valéro, porte-parole du Quai d&#8217;Orsay. On y lit que les chercheurs fonctionnaires seraient &#171;&#160;astreints à une obligation de réserve&#160;&#187; : Le Quai d&#8217;Orsay a demandé aux spécialistes français de l&#8217;Egypte présents sur place de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un article du 05.02.11 intitulé &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lemonde.fr/international/article/2011/02/05/les-chercheurs-francais-sommes-d-etre-discrets_1475699_3210.html" target="_blank">Les chercheurs français sommés d&#8217;être discrets</a>&laquo;&nbsp;, la rédaction du Monde relaie les propos de Bernard Valéro, porte-parole du Quai d&#8217;Orsay. On y lit que les chercheurs fonctionnaires seraient &laquo;&nbsp;astreints à une obligation de réserve&nbsp;&raquo; :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/1904/quai-d-orsay.html">Quai d&#8217;Orsay</a> a demandé aux spécialistes français de l&#8217;Egypte présents sur place de  ne plus s&#8217;exprimer dans les médias sur ce pays. L&#8217;information, <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/040211/alliot-marie-fait-taire-les-chercheurs-francais-en-egypte" target="_blank">révélée par Mediapart</a>, a été confirmée par le ministère, samedi 5 février.</p>
<p style="text-align: justify;">Le porte-parole du Quai d&#8217;Orsay, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/33db/bernard-valero.html">Bernard Valero</a>, a précisé que cette recommandation concernait des chercheurs français fonctionnaires, qui sont astreints à <em>&laquo;&nbsp;une obligation de réserve&nbsp;&raquo;</em>. Il a ajouté que cette règle s&#8217;appliquait au fonctionnaire <em>&laquo;&nbsp;surtout lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de parler de ce qui se passe dans le pays où il a reçu une autorisation de séjour et de travail&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;La deuxième raison, c&#8217;est que compte tenu du contexte en Egypte,  pour des raisons de sécurité, il y a eu une recommandation de  l&#8217;ambassade de dire n&#8217;en faisons pas trop, n&#8217;apparaissez pas trop  publiquement. Si vous rentrez en France, vous pouvez vous exprimer, mais  là, il faut faire attention&nbsp;&raquo;</em>, a-t-il estimé.</p>
<p style="text-align: justify;">Les attaques contre des journalistes ou des étrangers, commises le  plus souvent par des partisans de M. Moubarak se sont multipliés ces  derniers jours.</p>
<p><span id="more-934"></span></p>
<p>LeMonde.fr</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Or, il y a un problème : comme tout chercheur fonctionnaire soucieux de son indépendance intellectuelle et scientifique vis à vis des pouvoirs devrait le savoir, cette prétendue &laquo;&nbsp;obligation de réserve&nbsp;&raquo; n&#8217;existe pas dans le droit français pour les chercheurs. C&#8217;est en effet la <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006068812&amp;dateTexte=20110205" target="_blank">loi de 1983</a> qui régit le statut des fonctionnaires et qui les protège en leur assurant la liberté d&#8217;opinion :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">La liberté d&#8217;opinion est garantie aux fonctionnaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite  entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques,  syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur  orientation sexuelle, de leur âge, de leur patronyme, de leur état de  santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur  appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une  ethnie ou une race.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas la première fois que des tutelles ministérielles prétendent museler les fonctionnaires en mettant en avant, de manière mensongère, ce fameux &laquo;&nbsp;devoir de réserve&nbsp;&raquo;. En 2009, la Ligue des Droits de l&#8217;Homme a publié <a href="http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3249" target="_blank">un article</a> dénonçant cette invention qui n&#8217;est validée par aucun texte de loi :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Dans un entretien publié sur le site Rue89, une magistrate déclarait récemment « <em>le devoir de réserve n’existe pas dans les textes, c’est une création jurisprudentielle.</em> » Elle poursuivait : « <em>dans  la loi, notamment celle de 1983 qui régit la fonction publique et son  article 26,  on ne trouve qu’un impératif de discrétion professionnelle  et d’obéissance hiérarchique</em> ». Et elle concluait :  « <em>toute la question est de savoir où se situe la liberté d’opinion et la liberté de conscience par rapport à cette obéissance </em> ». [<a id="nh1" title="Ce chapeau a été complètement réécrit le 15 juillet, et il s’inspire (...)" rel="footnote" href="http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3249#nb1">1</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant  le “devoir de réserve” est de plus en plus souvent invoqué pour tenter de couper court au débat. Et les exemples de fonctionnaires  sanctionnés pour ne pas l’avoir respecté, en s’exprimant publiquement  contre la politique menée par leur ministère de tutelle, se font plus  fréquents. C’est par exemple le cas d’un gendarme, Jean-Hughes Matelly,  et d’un commandant de police, Philippe Pichon. Dans l’Education  nationale, Bastien Cazals, directeur d’une école maternelle de  l’Hérault, a été explicitement prié par son inspecteur d’académie de « <em>ne plus s’exprimer dans les médias</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Anicet Le Pors qui, en tant que ministre de la fonction publique du  gouvernement de Pierre Mauroy de 1981 à 1984, a conduit l’élaboration de  la <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000504704">loi n°83-634 du 13 juillet 1983</a> portant droits et obligations des fonctionnaires,  s’est exprimé à ce sujet. Dans un <a href="http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3372">article</a> paru le 1er février 2008, il rappelle que leur statut accorde la liberté d’opinion aux agents publics et que « <em>l’obligation de réserve ne figure pas dans le statut général et, à </em>[sa]<em> connaissance, dans aucun statut particulier de fonctionnaire</em> »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Seuls les fonctionnaires dits &laquo;&nbsp;d&#8217;autorité&nbsp;&raquo; sont soumis au devoir de réserve. Ces fonctionnaires sont ceux qui, par leur position hiérarchique, font appliquer la loi dans leurs établissements. Il s&#8217;agit par exemple des directeurs de grandes écoles, des présidents d&#8217;universités, des directeurs de lycées et collèges, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">On trouve dans divers sites syndicaux des analyses de la législation en vigueur, qui, par exemple dans le cas du <a href="http://66.snuipp.fr/spip.php?article115" target="_blank">SNUIPP</a>, précisent les droits des fonctionnaires en matière d&#8217;expression publique :</p>
<blockquote><p>Dans l’exercice de vos fonctions (en  classe, en conseil d’école, en entretien avec des parents d’élève,  etc.), vos propos doivent être empreints de modération et respecter la  neutralité qui est celle de l’État.</p>
<ul>
<li>Dans vos conversations privées, vous avez la même liberté que tout autre citoyen.</li>
<li>Dans  votre vie publique, vous n’êtes pas soumis à un devoir de réserve,  n’étant pas &laquo;&nbsp;fonctionnaire d’autorité&nbsp;&raquo;, et vous bénéficiez de la même  liberté d’expression que tout autre citoyen, à condition de ne pas  engager l’Éducation Nationale par votre prise de position.  Par exemple, vous ne pouvez pas dire : &laquo;&nbsp;en tant que directeur (ou  enseignant), je ne peux que dénoncer la décision d’expulser M. X&nbsp;&raquo;, car  cela pourrait signifier que l’Éducation Nationale est opposée à la  décision en question. Mais vous pouvez dire : &laquo;&nbsp;je suis directeur de  telle école où un papa immigré risque l’expulsion. En tant que citoyen,  je suis choqué par une telle mesure et je la dénonce.&nbsp;&raquo;</li>
</ul>
<p>Dans la période actuelle de remise en cause des droits  des salarié(e)s, il est important de ne pas opter pour une frilosité qui  validerait des méthodes abusives de « management des ressources  humaines ».</p></blockquote>
<p>Tous ces éléments, connus et balisés, sont facilement vérifiables en quelque clics sur le web. La question est de savoir pourquoi Le Monde, qui prétend être un journal de référence, ne fait pas ce travail et se contente, sur un thème pourtant essentiel comme celui de la liberté d&#8217;expression des chercheurs, de colporter les erreurs du Quai d&#8217;Orsay&#8230;
<ul class="lang_switch"></ul>
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		</item>
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		<title>Les évaluateurs de l’AERES sont-ils des « pairs » ?</title>
		<link>http://indiscipline.fr/fr/les-evaluateurs-de-l%e2%80%99aeres-sont-ils-des-%c2%ab-pairs-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Wed, 08 Apr 2009 11:26:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>micbarth</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<category><![CDATA[évaluation]]></category>
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		<description><![CDATA[Réflexions sur le débat à l’EHESS sur le thème « L’AERES et après ? » Par Michel Barthélémy, Sociologue, Cnrs Le premier des « Grands Débats de l’EHESS » à s’inscrire dans le prolongement de l’opération « Changeons le programme » s’est tenu le 25 mars 2009. Il a présenté un ensemble de témoignages, de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Réflexions sur le débat à l’EHESS sur le thème « L’AERES et après ? »</strong></p>
<p><strong><em>Par Michel Barthélémy, Sociologue, Cnrs</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier des « Grands Débats de l’EHESS » à s’inscrire dans le prolongement de l’opération « Changeons le programme » s’est tenu le 25 mars 2009. Il a présenté un ensemble de témoignages, de réflexions et d’analyses présentés quasiment à chaud sur la dernière vague en voie d’achèvement de l’évaluation des équipes de recherche par les comités de visite de l’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) (1). Ces interventions étaient le fait d’universitaires dont l’unité avait été l’objet de l’une de ces visites.</p>
<p style="text-align: justify;">Le présent texte ne prétend pas restituer en détail les différents points du débat (2). Il est plus limitativement consacré à discuter l’affirmation courante, et du reste réitérée par le représentant de l’AERES qui participait au débat, qui tient que l’évaluation à laquelle concourent ces comités est le fait de « pairs ». En ajoutant que le choix offert était entre cette configuration là ou bien le recours à un cabinet de consultants externes ou encore à des administratifs – « comme en Allemagne », a-t-il précisé.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un point de vue formel, il est indéniable que les participants à ces comités de visite sont composés de membres de la communauté universitaire. Un certain nombre d’entre eux sont des universitaires étrangers. A ce titre, ils peuvent se réclamer légitimement de ce statut de « pairs » vis-à-vis des membres des unités de recherche qu’ils viennent évaluer (3). Toutefois, une bonne partie du débat a avancé des arguments rendant cette identité pour le moins problématique. Le point faisant problème était précisément la signification qu’il convient d’accorder au terme évaluation en comparant les anciennes aux nouvelles pratiques qui se mettent en place.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on reprend l’affirmation du représentant de l’AERES, et qu’on la compare à l’intervention de N. Dodier, on s’aperçoit que les deux formes d’évaluation qui se font face sont très différentes l’une de l’autre dans leur esprit comme dans leur procédure. L’évaluation en vigueur jusque là, dans les commissions des organismes de recherche, notamment, est le fait de petits groupes de chercheurs et d’enseignants-chercheurs, dont une partie sont élus par leurs pairs, pour une durée de quelques années et qui mettent en place des règles d’évaluation ad hoc. Ils le font en fonction de critères qu’ils dégagent de l’intérieur même de leur comité et pour les fins pratiques de la tâche qui leur est assignée, soit l’évaluation d’équipes, projets de colloque ou d’édition, chercheurs, etc. La mise en place des critères jugés pertinents donc objectifs, c&#8217;est à dire acceptables par les participants comme fondement adéquat de leur travail d’évaluation, et reconnaissable sous ce jour par les instances supérieures de même que, potentiellement, par l’ensemble des membres de la communauté scientifique à laquelle ils appartiennent, suppose de faire activement partie de ces commissions et de prendre part à leur définition collective. En ce sens, la commission est à une double place d’observateur et de juge de la vie de la communauté dont elle est appelée à se prononcer sur les réalisations les plus récentes de ses membres ainsi que sur les activités projetées. Elle évalue leur intérêt et portée scientifique, sur la base de critères localement établis, internes à la profession, à son état et ses pratiques disciplinaires du moment, à la nature et à la teneur des dossiers à traiter ici-et-maintenant, en mobilisant la compétence et l’expertise variées de ses membres qui sont appelés à parvenir à une position commune sur les principes leur permettant de traiter les dossiers soumis à l’appréciation de la commission. C’est une version éprouvée de la parité et de la collégialité. Perfectible, certes, mais effective.</p>
<p><span id="more-656"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Qu’en est-il maintenant de la démarche de l’AERES ? Les propos du représentant de l’AERES, cités plus haut, apportent un éclairage précieux sur ce point. La notion de « pairs » est présentée comme une protection, ou du moins comme une situation préférable à celle d’une évaluation réalisée par des « non-pairs ». Cependant, l’idée même que cette option pourrait être le cas, affaiblit gravement la pertinence de la défense que représenterait le fait qu’elle soit réalisée par des collègues, à partir du moment où il est explicitement admis que des membres de catégories étrangères au domaine d’activités examiné et à ses spécificités, pourraient tout aussi bien faire le (même) travail. Ceci conduit à penser que l’esprit et la procédure de l’évaluation dans ce nouveau système ont d’ores et déjà rompu avec la pratique collégiale qui existait jusque là. Ceci au sens où cette dernière exigeait que les évaluateurs soient des membres compétents du milieu sur lequel portait leur activité d’évaluation. Dans cette approche il n’était pas concevable de faire appel à des praticiens non informés des aspects distinctifs qui constituent le socle des activités des membres de la communauté universitaire. Ce n’est désormais plus le cas. On pourrait avancer que les « collègues » sont ici instrumentalisés et transformés en Cheval de Troie d’un ensemble de procédures initialement conçues pour le secteur privé, issues de la démarche qualité, et que les « pairs » évaluateurs ont pour mission première d’acclimater en douceur au monde de la recherche et de l’enseignement supérieur, sans en avoir discuté auparavant avec les principaux intéressés. Or, pour que les procédures employées puissent être mises en œuvre par des familiers du milieu, des « insiders », comme par des étrangers à celui-ci, cela implique que l’essentiel de la procédure suivie puisse faire l’économie d’une adéquation au milieu local visé par ses outils et son entreprise d’évaluation, sans nuire à son efficacité. Ce qui se paye par une externalité du dispositif et de ses catégories aux milieux et pratiques habituelles et effectives de la communauté visée, laquelle se trouve fortement invitée à y souscrire, souvent contre son gré,  si l’on en juge par les nombreuses réserves que suscitent les méthodes de la nouvelle agence au sein de la communauté scientifique (4). En bref, les universitaires évaluateurs mettent déjà en œuvre un cadre d’évaluation des activités scientifiques qui ne doit pas grand-chose à ce que réclamerait une connaissance interne du milieu examiné. Ils font ainsi le travail de consultants externes, comme ont pu le constater les membres des unités visitées, à la pauvreté des sujets de questionnement des évaluateurs portant plutôt sur des points de gestion ou des aspects périphériques par rapport à ce qui fait la particularité et la réalité du travail scientifique. Ces thèmes ne sont pas pour autant anodins. En effet, une manière de parvenir à imposer cette démarche en surmontant au passage le manque d’envie de la part des évalués de coopérer avec  les évaluateurs et leurs manières de voir et de faire, est précisément de prendre parmi les critères d’évaluation, p.e., l’usage que les évalués font, dans leur travail, d’autres instances tout aussi récentes et mal considérées que peut l’être l’AERES. Il en va ainsi de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) dont les dotations augmentent en même temps que les crédits de base des laboratoires en provenance des organismes de recherche, le Cnrs en premier lieu, diminuent. Si un indicateur du critère de qualité et d’attractivité d’une équipe de recherche est lié au nombre de contrats obtenus en particulier auprès de l’ANR, alors il va de soi que la recherche de tels crédits pour des travaux à trois voire quatre ans maximum, deviendra une nécessité. Ce qui conduira à faire entrer progressivement dans le paysage de la recherche cette instance controversée du fait de la captation des crédits de recherche qu’elle induit et de la politique de pilotage de la recherche orientée vers des thèmes finalisés qu’elle réalise (5). Un résultat qui se fait au détriment de la recherche fondamentale, laquelle obéit à une temporalité plus longue, sans pouvoir toujours arguer de résultats clairement anticipables longtemps à l’avance (6). Il a du reste été rappelé la proposition faite par les Etats Généraux de la Recherche de 2004 en matière de structure d’évaluation. Ceux-ci prônaient la création d’un Haut Conseil de la Science, responsable des opérations d’évaluation des laboratoires et des personnes. Une instance collégiale composée pour partie d’élus et pour partie de membres nommés et faisant le tampon entre le monde de la recherche et le pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour conclure ces quelques remarques, je sortirai du cadre strict du débat pour proposer une réponse à la question initiale, celle de savoir si les évaluateurs sont des pairs de ceux qu’ils évaluent. Pour cela, il semble tout d’abord nécessaire de distinguer entre, d’une part, le statut professionnel des personnes impliquées, effectivement similaire, ainsi que nous l’avons dit,  et, de l’autre, l’activité d’évaluation conduite sous les auspices d’un modèle déployant des méthodes et procédures non spécifiques au milieu étudié. Par son extériorité même, ce dispositif d’évaluation investit le monde vécu de l’activité scientifique et modifie l’appréhension des pratiques de recherche et des modalités de son jugement. Il greffe sur des aspects effectifs de cette pratique des indicateurs arbitraires. En effet, il isole en les décontextualisant des éléments effectifs de la pratique du reste de celle-ci en leur faisant jouer le rôle de traits pertinents, non pas directement de l’activité de recherche concrète, mais en qualité d’éléments judicieusement choisis pour la constitution de son modèle. Ceci est réalisé en vue d’objectiver une production de recherche exprimée de manière quantitative et appuyée sur des outils quasi-automatisés à force connotation normative, permettant de décerner bons et mauvais points. Le tout sert à mesurer les « qualités » respectives des établissements, des équipes, et des personnes concourant à cette activité, ainsi qu’à faire des comparaisons entre pays (7). Au final, ce dispositif livre une image de la recherche sous les traits d’une activité banalisée qui soit compatible avec une description managériale et comptable de ses « outputs ». Elle peut être intégralement réduite à l’emploi d’un certain nombre de critères, d’indicateurs et d’une batterie de chiffres. Cette méthode a le défaut de sa qualité : sa (trop grande) universalité d’emploi. En d’autres termes, sa transversalité implique de pouvoir la référer à un niveau supérieur de synthèse, qui est, a minima, celui de l’Etat gestionnaire et de ses différents moyens et secteurs d’action.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, les mêmes « réformes » se retrouvent à l’œuvre dans d’autres organismes de recherche que le Cnrs (l’Inserm, par exemple) et dans d’autres secteurs de la fonction publique (outre l’éducation, la santé, notamment), et avec les mêmes objectifs : donner aux instances dirigeantes les moyens de contrôler et piloter l’activité de leurs établissements à l’aide notamment d’un système d’information alimentant des tableaux de bord. Par conséquent, leur extrême simplicité peut être vue, par leurs concepteurs et promoteurs, comme une force en leur donnant des outils pour mener une politique volontaire, réactive et, comme on le dit maintenant, « proactive ». Dans chacun de ces cas la collégialité, telle qu’elle se matérialise dans l’existence d’instances de concertation, fait les frais de la « réforme » (8).</p>
<p style="text-align: justify;">A cet égard, et dans le cadre précis de leur activité d’évaluation effectuée selon des normes empruntées à la démarche qualité issue du secteur privé, et gardant de celui-ci son orientation essentiellement budgétaire et quantitative des activités humaines appréhendées sous l’angle de la rentabilité et de la performance, les évaluateurs universitaires n’agissent pas en qualité de « pairs ». Il en est ainsi si l’on considère que leur mode d’action, leur processus de décision ne sont pas ceux traditionnellement en vigueur dans le milieu qui est le leur et où, comme indiqué précédemment, ils pourraient très bien être remplacés dans cette tâche par des évaluateurs professionnels étrangers au milieu en question.  Il y a là la source d’une ambigüité qui appelle un dépassement, d’une manière ou d’une autre.  En particulier, si dans le cadre strict de ces pratiques ces collègues ne sont pas des pairs – les membres de l’AERES ne sont pas élus, mais nommés ou cooptés, ils disposent d’un pouvoir unilatéral sur ceux qu’ils évaluent, leurs référents diffèrent profondément dans leur contenu et leur mode d’application de ceux des commissions fondées sur la collégialité, un principe central du mode de fonctionnement de cette communauté –, il se peut qu’ils représentent l’avant-garde en quelque sorte du visage futur de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche que la mise en place de ces nouveaux dispositifs contribuera à façonner. Ce peut être le cas si l’adhésion à cette nouvelle approche se diffuse sans entrave. Qu’est-ce que la recherche et la société ont à gagner à une telle concentration des pouvoirs dans les mains d’une poignée d’individus ? Mystère.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Cette agence possède un site particulièrement bien fourni en informations sur sa composition et ses missions. Cf. <a href="http://www.aeres-evaluation.fr/">http://www.aeres-evaluation.fr/</a></p>
<p style="text-align: justify;">(2) D’autant moins que Clémence Holleville du journal en ligne Médiapart en a présenté une synthèse. Cf. http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2265, cependant que l’intervention de Nicolas Dodier, sur laquelle je m’appuie plus particulièrement, est consultable (fichier audio) ici : <a href="http://www.slru.ehess.org/index.php?post/2009/03/28/un-nouveau-regime-d-objectivite">http://www.slru.ehess.org/index.php?post/2009/03/28/un-nouveau-regime-d-objectivite</a></p>
<p style="text-align: justify;">(3) Eux-mêmes sont membres d’unités de recherche qui sont ou seront évaluées par d’autres selon les mêmes principes et méthodes.</p>
<p style="text-align: justify;">(4) On pourra se reporter notamment au texte de Sylvain Piron sur la différence entre évaluation gestionnaire et scientifique : <a href="http://evaluation.hypotheses.org/374">http://evaluation.hypotheses.org/374</a></p>
<p style="text-align: justify;">(5) La part des programmes blancs étant jugée insuffisante.</p>
<p style="text-align: justify;">(6) Un autre problème, grave pour l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur, est l’emploi des jeunes chercheurs, condamnés par la réduction des postes statutaires à travailler sur des contrats précaires de faible durée tels que ceux que propose l’ANR.</p>
<p style="text-align: justify;">(7) Sur ce dernier point, les outils statistiques utilisés inconsidérément réservent de mauvaises surprises en rendant équivalent ce qui ne l’est pas. Cf. à cet égard le texte de Jean François Méla [<a href="http://jfmela.free.fr/jfmblog/?p=125#more-125">http://jfmela.free.fr/jfmblog/?p=125#more-125</a>] sur les comparaisons entre les systèmes de recherche britanniques et français, où les données chiffrées négligent le fait que ce qu’elles mesurent n’est pas homogène, les différences structurelles et de pratiques d’un pays à l’autre n’étant pas prises en compte.</p>
<p style="text-align: justify;">(8) A ma connaissance, par exemple, la batterie d’indicateurs retenus pour évaluer la « bonne gouvernance » des équipes de recherche, notamment, ne comporte pas d’éléments permettant d’appréhender si les règles de fonctionnement des unités sont bien respectées (existence d’un règlement intérieur, de structures de concertation internes : conseil de laboratoire, assemblées générales, etc.) si la répartition des dotations budgétaires sont décidées collégialement ou pas, si les directeurs-trices sont imposé(e)s de l’extérieur ou sont issu(e)s des rangs des membres de l’équipe, si les directions n’excèdent pas le nombre limite de mandats autorisés pour permettre un renouvellement des personnes et des idées, etc.</p>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Indiscipline répond à Bruno Latour le trop discipliné</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Feb 2009 22:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[réformes]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Igor Babou et Joëlle Le Marec. Bruno Latour, sociologue des sciences, vient de publier un article d’opinion dans Le Monde sous le titre : « Autonomie, que de crimes on commet en ton nom ! » (Le Monde, 25.02.09. Lire l’article en ligne). Enfonçant les poncifs journalistiques, l’article de Bruno Latour commence par une phrase choc accusant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par Igor Babou et Joëlle Le Marec.</p>
<p style="text-align: justify;">Bruno Latour, sociologue des sciences, vient de publier un article d’opinion dans Le Monde sous le titre : « Autonomie, que de crimes on commet en ton nom ! » (Le Monde, 25.02.09. <a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/02/25/autonomie-que-de-crimes-on-commet-en-ton-nom-par-bruno-latour_1160199_3232.html">Lire l’article en ligne</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Enfonçant les poncifs journalistiques, l’article de Bruno Latour commence par une phrase choc accusant les intellectuels (tous les intellectuels) de gauche (selon le poncif, un intellectuel est forcément de gauche) d’immobilisme : tel des « <em>chauffeurs de taxi</em> », les universitaires seraient installés « <em>dans la défense obstinée du statu quo</em> ». Merci de la comparaison avec les chauffeurs de taxi : on ne sait pas trop, cependant, qui cette plate analogie est chargée d’insulter, et pour le moment, le syndicat des chauffeurs de taxi n’a pas réagi. Dans la foulée du discours méprisant de Nicolas Sarkozy le 22 janvier 2009, Bruno Latour naturalise sans honte, outre le registre de l’insulte et de la stigmatisation qui fait le lit de l’anti-intellectualisme ambiant, ce qu’il ne peut pas ne pas savoir être un mensonge : contrairement aux accusations d’immobilisme, il y a un rythme intensif des changements dans l’enseignement supérieur et la recherche. Ces changements ont pu être liés aux initiatives du milieu universitaire lui-même. Mais cette dynamique des changements internes est désormais paralysée par le rythme frénétique des mutations imposées pat l’État, et elles seront évidemment entravées par la logique tatillonne, gestionnaire, managériale de la loi sur l’Autonomie des Universités.</p>
<p style="text-align: justify;">Réaffirmons-le avec force : l’université n’a en aucun cas été un lieu d’immobilisme durant les dernières décennies. Elle a formé des centaines de milliers d’étudiants, a développé d’innombrables filières, a créé feu les IUP (Instituts Universitaires Professionnalisés), qui ont été des succès remarquables avant de se voir supprimés par des réformes imposées sans aucune connaissance de ce qui se faisait localement à l’initiative des dynamiques propres de chaque université.</p>
<p><span id="more-451"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont également des établissements d&#8217;enseignement supérieur et de  recherche qui ont eu l&#8217;initiative des double cursus « Sciences et  sciences politiques » dans lesquels Bruno Latour enseigne aujourd&#8217;hui. Il  est surprenant qu&#8217;il ne compte pour rien ce dont il a pu bénéficier et  faire bénéficier à d&#8217;autres, collègues et étudiants, dans la vision  caricaturale de cette université immobiliste qu&#8217;il évoque.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, ceux qui s’opposent actuellement à la réforme ne sont évidemment pas tous des « gauchistes » : l’Académie des sciences, l’Institut Universitaire de France, le Conseil National des Universités, les Présidents d’université, les sociétés savantes, un grand nombre de laboratoires ont rejoint le mouvement. Bruno Latour est bien seul à penser que tous ces collègues en colère ne seraient « que » des gauchistes (de toute manière, cet usage injurieux du terme « gauchiste » n’est pas digne de quelqu’un qui prétend par ailleurs refonder le politique sur des bases écologiques).</p>
<p style="text-align: justify;">La mauvaise foi n’est pas surprenante de la part de Bruno Latour. Sa tendance à caricaturer des positions fictives au lieu d’affronter les arguments réels était manifeste lors de la discussion de questions comme la relation des sociétés à la nature, à la modernité ou aux sciences [[Voir à ce propos l’excellent – et vif – échange entre Alain Caillé et Bruno Latour dans la revue du MAUSS : <em>Revue du MAUSS </em>n° 17 - « Chassez le naturel… écologisme, naturalisme et constructivisme », 1er semestre 2001.]].</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le second paragraphe de l’article du Monde, cette mauvaise foi prend une dimension démesurée : au nom de ses travaux, ayant montré l’étroite imbrication entre les savoirs et les pratiques sociales – travaux auxquels nous adhérons -, Bruno Latour prétend que la remise en cause de la loi sur l’autonomie des universités serait contradictoire : la science n’ayant jamais été « autonome » (au sens de séparée des pratiques et des enjeux sociaux), ce serait un non sens que de lutter contre une réforme lui apportant une autonomie qu’elle n’aurait jamais eue. Passons sur le caractère équivoque du raisonnement, mais on ne peut que s’étonner de l’analogie entre l’usage du mot « autonomie » quand il est mobilisé pour analyser le grand partage entre Science et Société (en effet, on peut accepter l’idée qu’il n’y ait pas « autonomie » des sciences) et l’usage du terme « autonomie » dans les discours ministériels et gouvernementaux sur l’université : il s’agit dans ce cas d’un mode d’organisation délégant un certain nombre de pouvoirs autrefois assumés collégialement au président de l’université, transformé en manager dirigeant son établissement comme un patron. Bruno Latour ne peut pas ne pas être au courant de cette distinction, et c’est donc en connaissance de cause qu’il confond un niveau descriptif et conceptuel de raisonnement avec celui, pratique et normatif, de la démagogie gouvernementale. Mais, fait significatif, c’est dans la presse « de qualité » du Monde qu’il s’exprime, certain qu’il est de ne pas être repris par des relecteurs qui lui auraient demandé de revoir sa copie au nom d’un refus d’analogies infondées s’il s’était exprimé dans une revue scientifique.</p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, le raisonnement latourien s’inverse lors de l’évocation du métier d’enseignant-chercheur. Bruno Latour y voit lui-même un de ces Grands Partages qu’il dénonce pourtant si souvent : le métier d’enseignant et le métier de chercheurs seraient distincts. Cet énoncé est sidérant sous la plume d’un professeur des universités. Notre actuel statut d’enseignants-chercheurs, celui-là même qui figure sur la fiche de paye de Bruno Latour en tant que professeur des universités, comme la pratique des chercheurs à plein temps du CNRS qui sont très nombreux à enseigner, indiquent suffisamment que les deux métiers ne sont pas dissociés. L’idée que l’enseignement serait une sorte de punition pour ceux qui ne sont pas des chercheurs assez performants est un implicite de sens commun, une naïveté étonnante des membres du cabinet Pécresse, tout à fait révélateur de leur méconnaissance du milieu, et qui a choqué profondément la communauté universitaire. Bruno Latour ne peut pas l’ignorer. A moins qu’il ne nous révèle là sa vision toute personnelle des liens entre l’enseignement et la recherche…</p>
<p style="text-align: justify;">Prétendre que cette séparation des fonctions pourrait favoriser le lien entre les enseignants et leur public d’étudiants, relève là aussi de la pure mauvaise foi.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le moment le plus désolant arrive à la phrase suivante, d’une violence et d’un mépris confondants : « <em>Les universitaires ont tellement perdu le goût de la liberté qu&#8217;ils se sont mis à confondre la dépendance à l&#8217;État avec la garantie de l&#8217;excellence </em>». Bruno Latour sait qu’en réalité c’est au nom des libertés académiques menacées par une réforme visant à concentrer les pouvoirs entre les mains des présidents d’universités et des directeurs de grandes écoles au détriment des instances collégiales, que l’actuel mouvement de remise en cause des réformes est né. Il ne peut pas ignorer non plus que la lutte contre les réformes vise à desserrer les liens structurels entre les champs politique et économique d’une part et le champ de la production des connaissances d’autre part, et qu’elle est donc une lutte pour une autonomie <em>intellectuelle</em> face à une bureaucratie et un pouvoir autoritaire chaque jour plus étouffants. Comment confondre aussi grossièrement la dépendance à l’État qui va se renforcer avec les réformes, et le fonctionnement collégial des sciences tel qu’il a été historiquement institué ? Cette collégialité menacée par les réformes est une garantie d’autonomie intellectuelle vis-à-vis des pouvoirs même si elle est fragile et si chacun d’entre nous en connaît bien les limites : autonomie non pas de la science vis-à-vis de la société &#8211; merci de ne pas nous faire l’injure de penser que nous ne vous avons pas bien lu ou que nous n’avons pas nous-mêmes mené assez de travaux de recherche sur les sciences pour ne pas en être déjà amplement convaincus &#8211; mais autonomie à l’égard de tutelles politiques et du modèle idéologique de la concurrence.</p>
<p style="text-align: justify;">Le simple constat de la brutalité et de la vulgarité de l’expression présidentielle à l’égard des universitaires et de la recherche, ou encore la lecture attentive des nombreux textes issus des coordinations ou des divers collectifs informels constitués depuis l’entrée en vigueur des accords de Bologne et de l’application de l’AGCS (accord général sur le commerce et les services) au secteur de l’enseignement supérieur, auraient du suffire à éviter à Bruno Latour d’écrire autant de bêtises !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il a préféré, comme souvent, jouer sur les mots et mettre en scène une fausse rupture avec des positions qu’il invente. Pierre Bourdieu, analysant ses travaux, avait déjà analysé ces glissements de sens et ces analogies outrancières :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>[…] on peut, en jouant sur les mots ou en laissant jouer les mots, passer à des propositions d’allure radicales (propres à faire de grands effets, surtout sur des campus d’Outre-Atlantique dominés par la vision logiciste-positiviste). En disant que les faits sont artificiels au sens de fabriqués, Latour et Woolgar laissent entendre qu’ils sont fictifs, pas objectifs, pas authentiques. Le succès de leurs propos résulte de « l’effet de radicalité », comme le dit Yves Gingras (2000), qui naît de ce glissement suggéré et encouragé par un habile usage de concepts amphibologiques. La stratégie de passage à la limite est un des ressorts privilégiés de la recherche de cet effet (je pense à l’usage qui, dans les années 1970,  a été fait de la thèse illitchienne de l’abolition de l’école pour combattre la description de l’effet reproducteur de l’école) ; mais elle peut conduire à des positions intenables, insoutenables, parce que tout simplement absurdes. [[Bourdieu, Pierre. <em>Science de la science et réflexivité</em>. Paris : Raisons d’Agir, 2001, p. 56.]]</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est ici insoutenable, outre l’usage d’analogies et le jeu sur le sens du mot « autonomie », c’est de voir un chercheur de renommée internationale s’appuyer sur son accès direct à une presse qui n’a eu de cesse de censurer la parole et les arguments des universitaires en lutte, pour s’exprimer, au nom d’une légitimité académique, contre un fonctionnement académique qu’il caricature au lieu de le décrire honnêtement, tout en ne tenant aucun compte des vrais arguments des opposants à la réforme qui, eux n’ont que peu de chance d’accéder aux pages du Monde : ou comment fausser le débat public en ne tenant aucun compte de sa propre position dans le champ médiatique et dans le marché aux idées de sens commun.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais tout cela ne serait pas grand chose, finalement, en regard de l’avant dernier paragraphe de l’article : « <em>Les mauvaises universités disparaîtront enfin, libérant des ressources pour les autres : ce n&#8217;est pas à la gauche de défendre les privilèges de la noblesse d&#8217;État.</em> ». Alors que Bruno Latour a passé des années à nous assurer du caractère complexe, « touffu », « échevelé » des médiations construisant la relation « non moderne » entre les sciences et la société, alors qu’il a passé des années à nous mettre en garde contre les dichotomies et les grands partages abusifs constitutifs de la « modernité », voilà qu’il en revient à une conception essentialiste des institutions comme s’opposant, <em>sui generi</em>, sur l’axe du bon et du mauvais ! Il y aurait finalement des « bonnes » universités (sans doute les grandes écoles ou les universités bien dotées du centre de Paris) et les « mauvaises » : on imagine sans peine que les exclues du tableau d’honneur latourien seront les petites universités de province, ou celles n’ayant pas de double cursus avec Science Po Paris…</p>
<p style="text-align: justify;">Nul doute que ce retour à une sociologie de comptoir appuyée sur des catégories dichotomiques de sens commun (bon <em>vs</em> mauvais), insensible à la dynamique des institutions, à l’évolution complexe des recrutements, des travaux empiriques, de la programmation de la recherche, des soutiens financiers, de l’impact des réformes, de la gouvernance des établissements, ou encore aux enjeux démocratiques du savoir, sera propre à apparaître comme une position radicale et anticonformiste à Science po ou à l’ENA où la rhétorique journalistique et les raccourcis de sens commun font figure d’argumentation : en l’absence de travail sur les faits et sur les discours, le <em>faitichisme</em> des opinions et du jeu sur le sens des mots peut se déployer et prendre l’allure d’une lutte hardie contre les corporatismes, d’une sainte colère contre l’immobilisme académique.</p>
<p style="text-align: justify;">Une dernière chose, mais non des moindres : lors de la remise des premiers diplômes des double cursus « sciences et sciences politiques », et l’inauguration des nouveaux doubles cursus « sciences et histoire », dans l’amphithéâtre de la  Sorbonne, les présidents des universités de Paris IV, Paris VI, et le directeur de l’IEP de Paris faisaient face à des centaines d’étudiants lauréats ou nouvellement inscrits dans ces nouvelles filières issues non des réformes, mais de l’initiative des universitaires eux-mêmes. C’était un moment important, et Georges Molinié, président de l’Université Paris IV, a su s’adresser aux étudiants pour évoquer ce que signifiait dans le contexte actuel l’apparition de formations combinant les sciences de la nature et les sciences humaines et sociales. Il a su évoquer l’unité du projet académique, de son utopie jamais atteinte, mais toujours inspiratrice. C’est l’explorateur Jean-Louis Etienne qui, étonnamment, a tenté assez maladroitement, mais avec beaucoup de chaleur, de tenir un discours sur les enjeux de ces formations pionnières, très exigeantes. Et Bruno Latour ? Assis sur le premier rang des gradins, il était plongé dans la lecture de son courrier, délibérément absent et indifférent, ne se réveillant que pour remettre les nouveaux diplômes et serrer des mains. Pas un mot de celui qui a tant écrit sur la politique de la nature, ou sur ce que la sociologie fait aux sciences.</p>
<p style="text-align: justify;">A côté de l’un d’entre nous, sur les gradins, deux étudiants venus à la rencontre du monde universitaire tentent comme ils peuvent de reconstituer l’évènement qui n’aura pas lieu en surinvestissant les quelques paroles de Georges Molinié, les seules qui aient été à la hauteur de leur attente. Et Bruno Latour ? Il n’a rien à leur dire. Il se réserve pour d’autres tribunes, plus rentables éditorialement. Un cénacle d’intellectuels pontifiant à Venise [[Latour, Bruno. <em>Les atmosphères de la politique : Dialogue pour un monde commun</em>. Paris : Empêcheurs de Penser en Rond, 2006.]], un article dans le journal « Le Monde ».</p>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Le présent n&#8217;est pas déjà le passé mort d&#8217;un futur encore abstrait</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Feb 2009 01:11:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joëlle Le Marec</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous participons en permanence à cette insignifiance de notre propre vie présente : nos efforts pour maintenir des espaces sociaux, forcément petits, où règnent la solidarité et la joie de vivre, sont minés non seulement par une autorité qui ne souffre plus rien de petit et rêve de visibilité mondiale, mais aussi par notre propre propension à voir ces espaces condamnés par les tendances lourdes qui les menacent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]><xml> <w :WordDocument> </w><w :View>Normal</w> <w :Zoom>0</w> <w :HyphenationZone>21</w> <w :PunctuationKerning /> <w :ValidateAgainstSchemas /> <w :SaveIfXMLInvalid>false</w> <w :IgnoreMixedContent>false</w> <w :AlwaysShowPlaceholderText>false</w> <w :Compatibility> <w :BreakWrappedTables /> <w :SnapToGridInCell /> <w :WrapTextWithPunct /> <w :UseAsianBreakRules /> <w :DontGrowAutofit /> </w> <w :BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4</w> </xml>< ![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <w :LatentStyles DefLockedState="false" LatentStyleCount="156"> </w> </xml>< ![endif]--><!--[if !mso]><span class="mceItemObject"  classid="clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D" id=ieooui></span><br />
<mce :style>< !  st1\:*{behavior:url(#ieooui) } --></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il devient insupportable de devoir en permanence célébrer la nécessaire mutation de tout ce qui semble &laquo;&nbsp;figé&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire vivant dans une échelle temporelle autre que celle des &laquo;&nbsp;années de chien&nbsp;&raquo;, selon l&#8217;expression employée par un informaticien pour l&#8217;échelle des changements technologiques (une année pour sept). Les luttes actuelles sont  donc nécessaires. Mais  l&#8217;anticipation des destructions, anticipation nécessaire à la mobilisation, nous amène parfois à considérer comme condamnés les environnements et les dynamiques quotidiennes menacées et donc à les frapper d&#8217;insignifiance. Pourquoi perdre du temps au soin et à l&#8217;attention quotidienne pour ce qui est bien vécu ici et maintenant puisqu&#8217;il faut s&#8217;occuper à plein temps de combattre les tendances de destruction ?  Si nous raisonnons ainsi, nous sommes déjà morts. Selon moi, la lutte et la critique n&#8217;ont d&#8217;intérêt que s&#8217;ils s&#8217;accompagnent de l&#8217;effort constant pour compter précisément avec tel lieu, tel équipe, telle configuration, telle personne et leur donner sans cesse la même densité et la même réalité expérientielle et discursive que ce  contre quoi nous luttons.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Mais comment parvenir à le penser ? De quoi s&#8217;agit-il ?</p>
<p><span id="more-382"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Des historiens amérindiens comme Sioui relatent que certains récits à propos des hommes blancs font état de leur étrange désir de mort : ce désir les fait sans cesse aspirer à autre chose que ce qu’ils vivent, et courir vers les catastrophes qu’ils fabriquent et auxquelles ils mêlent tous les peuples qu’ils rencontrent. Selon le conteur, quand l’homme blanc aura accompli son destin et atteint la mort, la prairie enfin reverdira.<img class="alignright" style="margin: 5px;" title="Indien Bororo" src="http://www.netlexfrance.net/images/2008/bororo517.jpg" alt="" width="186" height="178" /></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Pierre Clastres et Claude Levi-Strauss ont tenté chacun à leur manière de rendre compte de la figure inversée de notre dynamique de changement, tiré par l’imaginaire d’un Progrès qui a de fait parfois pris le visage de la Mort.  Les peuples amazoniens qu’ils ont étudiés s’activent sans cesse pour <span> </span>maintenir des états d’équilibre qui exigent tout le contraire d’une passive immobilité. Clastres évoque les efforts permanents des sociétés Guarani pour éviter que l’État n’apparaisse. Inversant l’idée de sens commun selon laquelle ces sociétés n’étaient pas encore arrivées au stade d’un État, il a montré que tout au contraire, elles faisaient tour pour éviter de glisser la pente de l’évolution vers l’État.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Levi-Strauss décrit le phénomène par lequel les sociétés amazoniennes (Nambikwaras et Bororo) tentent de maintenir un éternel présent des temps de la fondation de leur société, au prix là aussi d’un effort constant pour réajuster les mythes avec des éléments nouveaux. Là encore, ce n’est pas que les sociétés qu’il étudie soient sans histoire, c’est qu’elles ré-organisent sans cesse leurs mythes pour réactualiser le présent d&#8217;un état encore originel.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Que l&#8217;analyse porte sur la dimension politique ou sur la dimension sémiotique du fonctionnement social, l&#8217;idée est toujours celle d&#8217;une dynamique forte déployée pour maintenir le présent comme futur.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Rien de tout cela en ce qui nous concerne : non seulement nous en sommes venus à l’État mais nous allons plus loin, nous allons au-delà vers des systèmes plus massifs encore, plus intégrés, au-delà des échelles auxquelles se déroulent nos existences d’humains biologiques.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Non seulement nous préférons sans cesse le futur au présent, mais nous préférons sacrifier celui-ci, quoique tout vivant, à l&#8217;avènement d&#8217;un futur dont la vie est toute rationnelle. Notre société est à l&#8217;image d&#8217;un Muséum : un gigantesque  cimetière  de créatures héroïquement sémiotisées, sacrifiées à la vie biologique pour servir l&#8217;avènement d&#8217;un autre ordre d&#8217;existence plus vivant même si c&#8217;est d&#8217;une vie toute abstraite : le discours sur la nature.<img class="alignright" style="margin: 5px;" title="Chronos dévorant ses enfants" src="http://www.solidariteetprogres.org/IMG/gif/26-site-chronos.gif" alt="" width="232" height="404" /></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Mais nous n&#8217;avons pas la foi, la grandeur, les espoirs des naturalistes du XVIIIème siècle. Les Romantiques ont flairé le danger, mais ils ont échoué à mettre en cause cette substitution des mots aux choses dans le rapports à la nature.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il est possible qu&#8217;au delà du rapport à la nature, ce soit le rapport à la vie qui soit en question, à la vie sociale notamment, aussi chaotique que l&#8217;a été la nature chaotique précédant sa classification. Les sciences sociales tardent à opérer sur le même modèle pour ordonner la société. Les sciences tout court l&#8217;ont tenté au moment des dictatures : pour Lefort, l&#8217;utopie, le modèle de la société humaine est le  camp lui-même. Soljenitsyne n&#8217;a pu s&#8217;empêcher de faire avouer à un protagonistes du Premier Cercle : la charachka, à certains moments, est le laboratoire atrocement idéal.  Mais la dictature s&#8217;achève, les Lumières réapparaissent comme si elles n&#8217;avaient jamais été éteintes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Le fait que la science émancipatrice des Lumières nous ait conduit par deux fois au moins vers la Mort, par des dictatures fondées sur une autonomisation hystérique, atroce, de la rationalité instrumentale et sociale, ne nous a pas fait dévier d’un pouce de notre course au Progrès. Bien au contraire, les sciences humaines et sociales, sentinelles de nos sociétés, semblent aujourd’hui devenues d’encombrantes mythologies, absorbant inutilement des moyens et des énergies qui seraient mieux employés à produire, produire des artefacts, des informations, de la connaissance, de la croissance, de la valeur marchande, du futur, et pour ce futur, des modèles…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Mais les sciences humaines nous fournissent encore la réflexion sur notre vie sociale vivante.  Dans un ouvrage récent, Davallon propose une inversion du sens commun de notre relation au patrimoine : celui-ci est la transmission non pas d’un bien qui nous rattache au passé, mais d’une dette qui nous engage vers l’avenir.  Cette inversion des rapports du présent au passé et à l’avenir  est  particulièrement stimulante pour penser bien des contradictions. Par exemple :  le porte à faux perpétuel entre d’une part un ensemble de déclarations réitérées à propos du caractère fondamental du service de l’héritage des Lumières, et d’autre part, au nom même de ces discours, les pratiques qui visent à anticiper en permanence la menace d’obsolescence de ces mêmes valeurs  et qui organisent de ce fait la réalité future de cette obsolescence supposée regrettable.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">En d’autres termes, non seulement le passé n’organise pas notre rapport au présent, mais de plus, notre présent finit par ne devenir que le passé du futur qui seul importe, quand bien même nous n’en serions pas encore. Qu&#8217;importe puisque ce qui est véritablement, c&#8217;est la perspective future, globale  si possible.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Récemment, un auditeur posant une question à la radio formulait la remarque suivante : comment pouvons-nous supporter que notre quotidien familier, nos enfants, notre vie, deviennent insignifiants à nos propres yeux, comparés aux monde global, aux tendances cosmiques dans lesquels nous sommes plongés en permanence par la puissance des discours médiatiques.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Concrètement, nous participons en permanence à cette insignifiance de notre propre vie présente : nos efforts pour maintenir des espaces sociaux, forcément petits, où règnent la solidarité et la joie de vivre, sont minés non seulement par une autorité qui ne souffre plus rien de petit et rêve de visibilité mondiale, mais aussi par notre propre propension à voir ces espaces condamnés par les tendances lourdes qui les menacent.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Plus concrètement encore, nos petites équipes de recherche, échoppes d’artisans, jardins ouvriers de la sciences, communautés singulières infiniment attachantes et précieuses, nos bricolages amicaux entre collègues, entre maîtres et élèves, entre secrétaires et chercheurs, sont deux fois menacés : par ces grandes tendances qui condamnent les échelles du vivant social,  par nous-mêmes qui anticipons déjà le fait que cette vie  sociale fragile  de sa vie même est condamnée si tout se réalise comme imposé par l’autorité. Or il ne faut pas : il ne faut pas que nos vies quotidiennes, nos sociabilités humaines et intellectuelles, soient déjà à nos propres yeux le passé mort d’un futur déjà trop vivant en tant que construction fictive.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi, j&#8217;avance l&#8217;idée suivante : critiquer  bien sûr, sans relâche, non seulement des volontés autoritaires que nous subissons pour les dénoncer et les combattre, mais aussi témoigner  de notre présent de vivants sociaux correct, de la vie sociale structuré par des liens vivants. Décrire le présent qui est vivant.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p></mce>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Appel de Lyon aux Jeunes Chercheurs</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Feb 2009 23:35:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[doctorat]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

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		<description><![CDATA[Indiscipline relaie l&#8217;appel de Lyon aux Jeunes chercheurs : Nous disons non au projet de décret de contrat doctoral unique. Pour une véritable reconnaissance, sécurisation et valorisation du parcours doctoral Signer la pétition Voir les signataires NB : Nous invitons toutes les catégories (étudiants, doctorants, enseignants, chercheurs, BIATOSS, &#8230;) à signer cet appel. Nous, doctorant-e-s, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Indiscipline relaie l&#8217;appel de Lyon aux Jeunes chercheurs :</p>
<blockquote><p><em><strong>Nous disons non au projet de décret de contrat doctoral unique. Pour une véritable reconnaissance, sécurisation et valorisation du parcours doctoral</strong></em></p>
<div class="actions"><span class="signer"><a href="http://petitions.alter.eu.org/index.php?petition=5&amp;signe=oui">Signer la pétition</a></span> <span class="voir"><a href="http://petitions.alter.eu.org/index.php?petition=5&amp;pour_voir=oui">Voir les signataires</a></span></div>
<p><em>NB : Nous invitons toutes les catégories (étudiants, doctorants, enseignants, chercheurs, BIATOSS, &#8230;) à signer cet appel.</em></p>
<p>Nous, doctorant-e-s, futurs doctorant-e-s ou jeunes docteur-e-s, collectifs ou organisations de doctorants et de l&#8217;enseignement supérieur et de la recherche, refusons les conséquences que pourrait avoir la mise en place du « contrat doctoral unique » sur le parcours doctoral. Nous nous associons aux fortes inquiétudes exprimées par l&#8217;ensemble de la communauté universitaire face aux réformes de l&#8217;enseignement supérieur et de la recherche. Nous constatons, notamment avec la mise en place de la LRU, une cohérence politique entre toutes les mesures gouvernementales (modification statuts enseignants-chercheurs, mastérisation, réformes des CROUS, démantèlements des EPST, &#8230;), dans laquelle s&#8217;inscrit celle concernant les études doctorales.</p>
<p>Les jeunes chercheurs prennent une part active et indispensable dans les missions de services publics d&#8217;enseignement et de recherche. Ils participent du dynamisme des universités et des laboratoires et constituent leur avenir. Pour autant, la situation des études doctorales en France est loin d&#8217;être satisfaisante : forte précarité, éclatements des statuts, disparités des financements, peu de considération, peu de reconnaissance, formations inadaptées, peu de moyens alloués, peu de débouchés appropriés.</p>
<p>Nous reconnaissons donc la nécessité d&#8217;apporter des réponses ambitieuses et cohérentes face à ces difficultés. Pour autant, le projet de décret instituant un « contrat doctoral unique », s&#8217;il marque une volonté d&#8217;élaborer un cadre juridique pour les doctorants, aura pour conséquence d&#8217;accentuer ces difficultés. En mettant le doctorant dans une situation de subordination locale, individuelle et déséquilibrée, la rémunération, son service annuel d&#8217;activités et le contenu de ses travaux de thèses seront conditionnés à une négociation « à la tête du client », qui ouvre à toutes les dérives. De plus, il accentue la précarité en prévoyant une période d&#8217;essai pouvant aller jusqu&#8217;à six mois, en attribuant aux doctorants beaucoup de devoirs mais peu de droits (pas de droit de recours, droits du licencié incertains, &#8230;), et en inscrivant les doctorants dans un rapport de concurrence au sein de l&#8217;université. Enfin, le caractère universitaire des missions du doctorant est remis en cause par des conditions d&#8217;exercice d&#8217;activités en entreprise mal définies, et dont l&#8217;ampleur de la charge est inquiétante.</p>
<p><span id="more-339"></span></p>
<p>Au-delà de ces problèmes, ce projet de décret ne répond pas aux nombreux enjeux que soulèvent les études doctorales. Ainsi nous exigeons :</p>
<ul>
<li><strong>Le retrait immédiat et sans conditions du projet de décret de « contrat doctoral »</strong></li>
<li><strong>La mise en place d&#8217;un véritable processus de réflexion et d&#8217;élaboration collectif</strong> sur l&#8217;avenir des études doctorales en France avec TOUS les acteurs de l&#8217;enseignement supérieur et de la recherche concernées.</li>
</ul>
<p>Nous accompagnons ces demandes de propositions concrètes :</p>
<p><strong>1. Reconnaissance du caractère universitaire du doctorat</strong></p>
<ul>
<li><strong>Maintien du caractère national du doctorat et de son financement public.</strong></li>
<li><strong>Rendre la charte des thèses contraignante par voie de décret</strong> (formations, droits et devoirs du doctorant et du directeur de recherche, &#8230;)</li>
<li><strong>Réaffirmer l&#8217;indépendance du doctorant dans ses recherches</strong> et vis-à-vis de la pression économique ; la dimension de service public dans laquelle s&#8217;inscrit son travail ; ses droits vis-à-vis de sa hiérarchie ; ses besoins de reconnaissance et de formation.</li>
<li>Nous demandons que <strong>la particularité des domaines de savoir</strong> soit respectée, en termes de durée, de missions et de formations.</li>
<li>Réaffirmer <strong>le droit pour tous de contribuer à la culture et à la connaissance</strong> que sous-entend la possibilité pour chacun de faire une thèse. En ce sens, <strong>nous demandons qu&#8217;un effort budgétaire public conséquent soit fait pour le financement des thèses ;</strong> celui-ci devra à terme se généraliser pour toutes les thèses, résorbant les inégalités entre doctorants. Cependant, dans la situation actuelle et sans effort budgétaire important, <strong>il ne doit pas être une condition contraignante pour effectuer un doctorat</strong>. Nous demandons que les doctorants non-financés soient exonérés des frais d&#8217;inscription et qu&#8217;ils soient concernés par l&#8217;application contraignante de la charte des thèses.</li>
</ul>
<p><strong>2. Sécurisation et valorisation du doctorat</strong></p>
<ul>
<li><strong>Elaborer un véritable statut pour les doctorants :</strong> contrat de travail de droit public avec application totale du décret du 17 janvier 1986 (droit de recours, droit du licencié, &#8230;), dont la rémunération et les conditions d&#8217;embauche seront fixées entièrement par un cadre national et se basant sur la Charte des thèses il devra indiquer clairement les responsabilités des trois parties au contrat, à savoir le doctorant, le directeur de thèse et l’institution d’accueil.</li>
<li><strong>Reconnaissance du doctorat dans l&#8217;ensemble des conventions collectives</strong> et dans les trois Fonctions Publiques en terme de grade et de recrutement.</li>
<li><strong>Nous demandons qu&#8217;un effort budgétaire public conséquent soit fait, pour le financement de toutes les thèses</strong> et pour la création d&#8217;emplois statutaires dans l&#8217;enseignement supérieur et la recherche.</li>
</ul>
<hr /><strong>Nous appellons tous les doctorant-e-s à rejoindre les mobilisations et à s&#8217;associer à la motion suivante, qui pourra être votée et débatue lors des assemblées générales :</strong></p>
<p><em>L&#8217;assemblée générale demande le retrait du projet de décret instituant un « contrat doctoral unique ». Elle accompagne cette demande de l&#8217;exigence de retravailler avec TOUS les acteurs concernés sur l&#8217;élaboration d&#8217;un véritable statut pour les doctorants, et de l&#8217;application immédiate d&#8217;un décret rendant la charte des thèses obligatoire et contraignante.</em></p>
<p><strong>Appel soutenu par :</strong></p>
<p>SNTRS-CGT, FercSup-CGT, SNESUP Lyon, SNPREES-FO Rhône, Bureau du comité lyonnais SLR, Sud-Recherche-EPST Lyon, Sud-Education Rhône, Sud-étudiant Lyon, Collectif formation des maîtres de la CGT Educ&#8217;action, Collectif « Pour Une Autre Université », JC² (Réseau des Jeunes Chercheurs Communistes), UEC (Union des Etudiants Communistes), FSE-Lyon (Fédération Syndicale Etudiante), Collectif Lyonnais de jeunes Chercheurs, Collectif PAPERA (Pour l&#8217;Abolition de la Précarité dans l&#8217;Enseignement, la Recherche et Ailleurs), ATTAC-Rhône, &#8230;</p></blockquote>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>L’évaluation de la recherche et des universitaires : quelques réponses à la désinformation gouvernementale et aux idées de sens commun</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 11:08:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[évaluation]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

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		<description><![CDATA[S’appuyant sur les mensonges propagés par les tutelles gouvernementales, une vague de critique de la sinécure universitaire enfle de blogs en forums : les universitaires et les chercheurs &#8211; quel scandale Mme Michu ! – ne seraient pas évalués ! On nous cache des choses, et que fait-on de nos impôts, je vous l’demande ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>S’appuyant sur les mensonges propagés par les tutelles gouvernementales, une vague de critique de la sinécure universitaire enfle de blogs en forums : les universitaires et les chercheurs &#8211; quel scandale Mme Michu ! – ne seraient pas évalués ! On nous cache des choses, et que fait-on de nos impôts, je vous l’demande ?</p>
<p>Contre cette désinformation, et contre les préjugés et autres idées fausses qui circulent en ce moment, voici une mise au point rappelant quelques données de base sur l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Car il est faux, archi-faux, de dire que la recherche ne serait pas évaluée : elle l’est en permanence.</p>
<p>Voilà, schématiquement, à quoi ressemble le parcours typique d’un universitaire :</p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-375" style="margin: 5px;" title="escalier-livres" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2009/02/escalier-livres-280x300.jpg" alt="escalier-livres" width="252" height="270" />D’abord, il y a la formation initiale : de la licence au Master 2. A chaque étape, il s’agit d’une formation à la recherche par la recherche. Du moins, en ce qui concerne les formations que je dirige, et qui sont orientées vers les professions de la recherche. Ensuite, vous êtes admis en thèse, sur la base d’un projet, généralement définit dans votre Master 2. C’est une commission qui valide cette inscription : elle ne se fait pas sur la seule fantaisie du doctorant et de son directeur de thèse. Ensuite, vous menez des travaux de recherche durant 3 à 6 ans, voire plus parfois en SHS. Chaque année vous devez fournir un dossier pour demander, à une commission et à votre directeur de thèse, une réinscription. Enfin, vous arrivez à la fin de ce premier parcours, et si vous vous estimez capable de soutenir votre thèse, vous en demandez l’autorisation à votre directeur de thèse. Celui ci vous dit oui ou non, mais s’il vous dit oui, il doit avant tout le signaler au directeur de l’École Doctorale qui contrôle la légalité formelle de la procédure, qui doit être publique.</p>
<p>Je passe les détails, mais avant la constitution d’un jury, on envoie votre document à deux rapporteurs, qui sont spécialistes du domaine que vous traitez, et qui évaluent votre dossier (publications, formation, participation à la vie de la communauté, responsabilités) et votre thèse. Ces deux rapporteurs écrivent un rapport argumenté qui autorise, ou pas, la soutenance et qui sert d’argumentation préalable pour le doctorant et son directeur, ainsi que pour le président du jury.</p>
<p><span id="more-76"></span></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-377" style="margin: 5px;" title="soutenance" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2009/02/soutenance-299x224.jpg" alt="soutenance" width="299" height="224" />Le jour de la thèse arrive, et on a constitué un jury de spécialistes reconnus du domaine, entre 4 et 6 personnes en général, devant qui vous devez plancher un temps variable selon les disciplines, en exposant vos résultats. Cette soutenance est publique : il est interdit, légalement, à de rares exceptions près (thèse portant sur des sujets militaires ou brevets industriels privés) de faire une soutenance non publique. Cela permet au citoyen lambda (et surtout à des universitaires qui ne seraient pas dans le jury) d’accéder à l’exposer de la thèse et éventuellement de dénoncer des pompages. Bref, vous soutenez et une discussion s’en suit, de plusieurs heures. On critique vos arguments, votre méthode, vos références théoriques, etc. On vous pousse publiquement dans vos retranchement : c’est un rituel fantastique d’accession non pas à un &laquo;&nbsp;poste&nbsp;&raquo;, mais à la possibilité d’argumenter rationnellement avec des pairs au nom de la vérité sur un domaine circonscrit du réel. Ensuite, vous quittez la table, et le jury se retire pour délibérer, parfois de manière contradictoire : certains sont content de la prestation et du texte, d’autres en désaccord, etc. Le jury vote, et si tout se passe bien, il vous délivre un titre de Docteur de l’université, avec un certain nombre de modulations (en gros, des mentions) et un document écrit qui synthétise votre soutenance et qui vous suit dans votre dossier.</p>
<p>Cela n’était que la première étape de l’évaluation. Vient ensuite la promulgation de postes par le ministère, au bulletin officiel (chacun peut y accéder, c’est public). Là, il s’agit d’un concours national. Du moins, c’était le cas avant la réforme&#8230; Plusieurs candidats se présentent devant une commission (il faut en parler au passé, la réforme a tout changé) composée de spécialistes de diverses disciplines (s’il s’agit d’un petit établissement) ou de spécialistes de votre discipline (s’il y en a assez dans l’établissement où vous postulez). Ces gens étaient pour partie élus, et pour partie nommés, et siégeaient durant plusieurs années ce qui leur permettait de voir passer différents dossiers et de garder une mémoire des candidatures. Bref, vous passez un oral devant ces spécialistes, après qu’ils aient évalué votre dossier (thèse, rapport de thèse, publications, etc.). L’oral permet de vérifier qu’en plus de vos compétences, vous avez la capacité à comprendre la logique (pédagogique et de recherche) de l’établissement dans lequel vous souhaitez travailler. Il y avait alors un classement des dossiers et des candidats en fonction de l’évaluation réalisée par cette commission. Ensuite seulement, quand vous aviez été élu, vous étiez nommé par le ministère sur un poste de maître de conférences. Et vous démariez alors le salaire mirifique de&#8230; 2 068,85 €</p>
<p>Je mets au défi quiconque de me trouver, dans le privé ou ailleurs, un système d’évaluation aussi difficile et un parcours aussi régulièrement évalué que celui que je viens de présenter.</p>
<p>Ce système d’évaluation et de recrutement fonctionnait avec quelques ratés : les commissions de spécialités étaient souvent critiquées, mais le diagnostic de leur fonctionnement, à mon sens, n’a jamais fait consensus dans la communauté. J’ai siégé dans plusieurs de ces commissions de recrutement durant des années, sans constater de gros problèmes. J’ai peut-être eu de la chance, mais je pense surtout qu’un système aussi exigeant en termes d’évaluation des chercheurs était une garantie, même si aucun système n’est parfait. Le nouveau ne tardera pas, j’en suis certain, à montrer des failles pires que le précédent : il a en effet été créé pour réduire le contrôle par les pairs et donner plus de pouvoir au directeur de l’établissement, ce qui est une régression.</p>
<p>Ensuite, car ce n’est pas fini, vous entrez dans la &laquo;&nbsp;carrière&nbsp;&raquo; : maître de conférences, donc. L’évaluation est, là encore, présente en permanence. A travers les publications, bien entendu. Quand tout marche bien, chaque &laquo;&nbsp;papier&nbsp;&raquo; est lu par deux experts, souvent internationaux, dans une procédure dite &laquo;&nbsp;en double aveugle&nbsp;&raquo; : vous fournissez un texte sans votre nom à des gens que vous ne connaissez pas, mais qui ont été sélectionnés par la revue parce qu’ils sont spécialistes de votre sujet. Ils évaluent alors votre travail, et vous êtes autorisé ou non à publier. J’ai réalisé des expertises de ce type, et je m’y soumets régulièrement : c’est passionnant. Là encore, comme tout système humain, ça fonctionne plus ou moins bien, mais même des machines peuvent dysfonctionner. Alors, imaginez, quand il s’agit d’évaluer la recherche ! Les vrais colloques (j’en ai co-dirigé un) mettent en place le même type d’évaluation, tant pour vous autoriser à vous exprimer publiquement, qu’après coup pour publier les actes.</p>
<p>Dans d’autres cas, l’évaluation repose plus sur de la cooptation par des collègues qui vous demandent un texte pour une revue, parce qu’ils savent que vous bossez sur tel thème, et que vous êtes bon, et ce n’est pas infamant comme mode d’évaluation. De toute manière, dans les deux cas (double aveugle et cooptation), il y a généralement des allers-retours entre la revue et vous avec des demandes de correction : l’évaluation est donc continue, et touche y compris votre mode d’écriture, dans ce qu’il y a parfois de plus &laquo;&nbsp;intime&nbsp;&raquo;. Là encore, quand c’est bien géré, c’est passionnant.</p>
<p>Autre processus d’évaluation : les projets de recherche. C’est plus compliqué à décrire, car il y a une grande diversité de situations. Mais disons qu’avant d’être financé par l’État, une proposition de recherche, généralement émanant d’une équipe (laboratoire reconnu ou regroupement de chercheurs et/ou de laboratoire reconnus, présence ou non de doctorants, etc.), des spécialistes du domaine examinent les propositions et font des recommandations, suite à quoi si votre projet tient la route il peut y avoir une série d’allers-retours avec les experts qui demandent des précisions, etc. Là encore, l’évaluation est constante et l’argent public n’est en aucun cas mobilisé n’importe comment.</p>
<p>Enfin, il y a l’enseignement. Là, il faut distinguer deux situations : les premiers cycles (Licence) et le reste (M1, M2, doctorat). En L, il y a souvent un programme, définit par discipline, mais qui est spécifique de l’université : local, donc. On sait à peu près ce qu’il faut enseigner, et c’est là qu’on envoie au casse pipe les plus jeunes, face aux amphis bondés, les mandarins se réservant généralement les cycles les plus faciles (M1 et M2). Je connais mal ces cycles, même si je ne suis pas un mandarin, aussi je passe directement à la suite : M1, M2. Si vous êtes maître de conférences, ça signifie que vous êtes l’un des seuls spécialistes d’un micro-domaine et qu’on vous a recruté pour enseigner ce micro-domaine. Qui donc peut vous évaluer ? Par définition, personne, et ce n’est pas un problème, car l’université, ce n’est plus le lycée : on forme autrement, avec d’autres contraintes et d’autres objectifs, un autre type de personnes que les lycées. On n’a donc pas à respecter un programme tout fait et pondu par un ministère. On enseigne le savoir vivant d’une recherche récente. Sinon, ça n’a plus aucun sens, et si on veut tout évaluer, on va tuer le caractère vivant de ces savoirs issus de la recherche. C’est bien le sens de ces réformes : tuer la créativité en se basant sur un modèle bureaucratique et autoritaire de la pensée. Bref, je passe. Peut-on évaluer la pédagogie, vieux fantasme et vieille récrimination des étudiants ? Je ne sais pas. Je sais vaguement ce qu’est la didactique (articulation d’un contenu disciplinaire avec un public et des objectifs), mais la pédagogie ? Quand on est le seul spécialiste d’un domaine ? Je ne vois pas&#8230;</p>
<p>Enfin, pour conclure, il y a un autre niveau d’évaluation des enseignements, qui est lui aussi continuel, c’est celui des relations avec le ministère qui évalue nos propositions d’enseignement tous les 4 ans, et les remets en réalité sur le tapis tous les 2 ans (au &laquo;&nbsp;mi parcours&nbsp;&raquo;). Le ministère est tellement incompétent en matière de gestion de ces procédures, et tellement versatile dans ses stratégies, qu’un étudiant entrant dans un cycle n’était jamais sur de le terminer. La nullité des fonctionnaires du ministère en matière d’évaluation (eux, d’ailleurs, ne sont jamais évalués&#8230;) est bien connue, et c’est une folie furieuse de voir le rythme frénétique avec lequel on nous demande de fournir, chaque année en fait, de nouvelles maquettes de cours pour les évaluer. Évaluations tout à fait sommaire, puisque nous n’avons pratiquement jamais le moindre retour argumenté&#8230; . Les réformes se succèdent donc, sans cohérence ni logique autre que celle de l’ego maniaque des ministres désireux d’y attacher leurs noms, et rendent le travail et la réflexion sur le long terme, ainsi que le recueil d’expérience et la réflexivité, à peu près impossible. Dans ces conditions, je vois mal comment on pourrait mettre en place un système d’évaluation des enseignements efficace.</p>
<p>Voilà, j’ai été un peu long, mais j’espère que ça répond correctement aux interrogations en matière d’évaluation des chercheurs et de contrôle, par la société, de notre travail. Je précise que je n’ai présenté que la pointe de l’iceberg de l’évaluation : il m’aurait fallu écrire un livre entier pour décrire l’ensemble des processus d’évaluation et tenir un discours moins descriptif et moins superficiel sur ce sujet. Maintenant, ce serait bien que tous ceux qui critiquent la recherche acceptent de décrire comment ils sont évalués dans leur métier. On verrait alors que, contrairement à ce que prétend le sens commun, il y a peu de métiers aussi contrôlés que celui d’enseignant chercheur, et cela ferait apparaître en pleine lumière la grossièreté des mensonges gouvernementaux à ce sujet.
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		<title>Motions de la coordination universitaire le 22 janvier : le 2 février l’université s’arrête</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jan 2009 15:09:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Igor Babou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[coordination]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[résistance]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

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		<description><![CDATA[Motions de la coordination universitaire le 22 janvier : le 2 février l’université s’arrête La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universités. Elle a voté les motions suivantes : Motion n°1 : La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- cartouche --><strong>Motions de la coordination universitaire le 22 janvier : le 2 février l’université s’arrête</strong></p>
<div class="texte">
<p class="spip">La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universités. Elle a voté les motions suivantes :</p>
<p class="spip"><strong class="spip">Motion n°1 :</strong></p>
<p class="spip">La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.</p>
<p class="spip">Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :</p>
<p class="spip">1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs</p>
<p class="spip">2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré</p>
<p class="spip"><strong class="spip">l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée : le 2 février 2009 l’université s’arrête.</strong></p>
<p class="spip">Unanimité moins 3 voix contre</p>
<p class="spip"><strong class="spip">Motion n°2 :</strong></p>
<p class="spip">La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.</p>
<p><span id="more-114"></span></p>
<p class="spip">Rappel : Coordination Nationale des Universités (22/01/09) &#8211; Première réunion du jeudi 22 janvier à 11h à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. La Coordination Nationale des Universités est réunie à l’initiative de la coordination de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne qui rassemble des non syndiqués et des représentants de l’UNSA, CGT, FSU, FO, UNEF, FSE et SUD.</p>
<p class="spip">Les représentants nationaux de la plupart des syndicats sont présents.</p>
<p class="spip">UNIVERSITÉS (47)</p>
<p class="spip">Université d’Aix I Université de Bordeaux 3 Université de Bourgogne Université de Clermont Ferrand II Université de Caen Université d’Evry Université de Franche-comté Université du Havre Université de Lille 1 Université de Lille 2 Université de Lyon 1 Université de Lyon 2 Université de Lyon 3 Université Paris 1 Université Paris 3 Université Paris 4 Université Paris 5 Université Paris 6 Université Paris 7 Université Paris 8 Université Paris 10 Université Paris 11 Université Paris 12 Université Paris 13 Université de Paris Ouest Nanterre Université du Maine (le Mans) Université de Marne-la-Vallée Paris-Est Université Montpellier 3 Université de Nantes Université d’Orléans Université de Picardie Université de Poitiers Université de Provence Université de Toulouse 1 Université de Toulouse 2 Université de Toulouse 3 Université de Tours Université de Rennes 1 Université de Rennes 2 Université de Reims Université de Rouen Université de Saint-Étienne Université de Strasbourg Université Technologique de Compiègne Université Versailles St Quentin EHESS Ecole Normale Supérieure</p>
<p class="spip">ASSOCIATIONS (7)</p>
<p class="spip">Collectif pour la Défense de l’Université Qualité de la Science Française (QSF) Collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement Supérieur, la Recherche et Ailleurs) Défense de l’université (majoritairement juristes) SAGES (PRAG, professeurs ENSAM et PRCE) Sauvons l’Université (SLU) Sauvons la Recherche (SLR)</p>
<p class="spip">SOCIETES SAVANTES (3)</p>
<p class="spip">Société Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC) Sociétés Française des Seiziémistes (SFDES) Société Française d’Etude du XVIIIe</p>
<p class="spip">Des membres du CNU participent à la Coordination Nationale des Universités</p>
</div>
<div class="chapo">Voir en ligne : <a href="http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article1458">Sauvons l’Université</a></div>
<ul class="lang_switch"></ul>
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