Laurent Loty : « Pour l’indisciplinarité »
Laurent Loty nous fait le plaisir de nous envoyer un texte très intéressant sur la notion d’ »indisciplinarité », à laquelle il apporte ses compétences d’historien des relations entre mots, textes, savoirs et politiques. Ce texte correspond parfaitement aux interrogations qui nous motivent ici. La référence exacte du texte est la suivante :
Loty, Laurent. « Pour l’indisciplinarité », The Interdisciplinary Century ; Tensions and convergences in 18th-century Art, History and Literature, edited by Julia Douthwaite and Mary Vidal, Oxford, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century 2005:04, Voltaire Foundation, 2005, pp. 245-259.
Introduction du texte :
INDISCIPLINARITE: l’invention d’un mot est parfois nécessaire pour lutter contre le poids des idées inscrites en nos mémoires de génération en génération. Si ce mot me paraît utile, c’est qu’il peut aider a rejeter l’apprentissage de la soumission qui va souvent de pair avec le respect des disciplines. C’est aussi qu’il permet de souligner l’insuffisance de la pluri-, de l’inter-, ou même de la transdisciplinarité, au regard de mes aspirations et de ma conception de l’enseignement, de la recherche, et de leurs fonctions dans la société. J’espère avoir suffisamment suggéré, dans les lignes qui suivent, à quel point la défense de l’indisciplinarité est paradoxale (à divers titres, la discipline est indispensable), mais aussi à quel point elle est nécessaire. C’est-à-dire utile, pour la liberté, pour la découverte, pour la création, pour l’affirmation de valeurs qui dépassent largement les domaines de la recherche et de l’enseignement, à moins que recherche et enseignement ne soient conçus comme ce qui participe à une dimension culturelle fondamentale pour nos modes de vie en société.

D’abord, il y a la formation initiale : de la licence au Master 2. A chaque étape, il s’agit d’une formation à la recherche par la recherche. Du moins, en ce qui concerne les formations que je dirige, et qui sont orientées vers les professions de la recherche. Ensuite, vous êtes admis en thèse, sur la base d’un projet, généralement définit dans votre Master 2. C’est une commission qui valide cette inscription : elle ne se fait pas sur la seule fantaisie du doctorant et de son directeur de thèse. Ensuite, vous menez des travaux de recherche durant 3 à 6 ans, voire plus parfois en SHS. Chaque année vous devez fournir un dossier pour demander, à une commission et à votre directeur de thèse, une réinscription. Enfin, vous arrivez à la fin de ce premier parcours, et si vous vous estimez capable de soutenir votre thèse, vous en demandez l’autorisation à votre directeur de thèse. Celui ci vous dit oui ou non, mais s’il vous dit oui, il doit avant tout le signaler au directeur de l’École Doctorale qui contrôle la légalité formelle de la procédure, qui doit être publique.

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