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	<title>Indiscipline ! &#187; NdM</title>
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	<description>Recherche, université, culture, institutions et critique sociale</description>
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		<title>Dossier rétrospectif La Nuit des meutes : &#171;&#160;Une nuit d’émeutes festives, présentation factuelle de l’événement&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Feb 2007 22:54:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>drOne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[alternatif]]></category>
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		<description><![CDATA[Durant la nuit du 30 octobre 2004, plus d’une centaine d’actions revendicatives furent menées sur l’ensemble du territoire français. Il s’agissait d’une part de &#171;&#160;free parties&#160;&#187;, de rassemblements festifs inscrits dans la culture et dans les pratiques des activistes de la techno. Il s’agissait aussi d’un ensemble de discussions, de publications de textes et d’images, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- cartouche --></p>
<p class="chapo">Durant la nuit du 30 octobre 2004, plus d’une centaine d’actions revendicatives furent menées sur l’ensemble du territoire français. Il s’agissait d’une part de &laquo;&nbsp;free parties&nbsp;&raquo;, de rassemblements festifs inscrits dans la culture et dans les pratiques des activistes de la techno. Il s’agissait aussi d’un ensemble de discussions, de publications de textes et d’images, et de diverses actions menées durant la journée (volées de bisous dans le métro, tractage au Louvre, etc.). Plusieurs d’entre nous étaient très directement impliqués dans la préparation de ces actions, soit parce que nous sommes musiciens ou DJ amateurs, soit parce que notre intérêt pour les cultures en marge nous rend attentifs à ce type d’initiative.</p>
<div class="texte">
<p class="spip"><span class="spip_document_10 spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 157px;"> </span><img class="alignright size-full wp-image-325" title="faim-de-loup" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2009/02/faim-de-loup.jpg" alt="faim-de-loup" width="157" height="194" />L’idée a démarré sur l’un des plus gros forum de discussion techno, aujourd’hui disparu, un peu sous la forme d’une boutade : &laquo;&nbsp;<em class="spip">et si on organisait plein d’actions revendicatives en même temps, qu’est-ce que ça donnerait ?</em>&laquo;&nbsp;. Cette idée d’une multiplication d’actions revendicatives coordonnées entre elles, proche des principes de la guérilla, fut alors reprise par une micro communauté composée d’universitaires, d’organisateurs de free parties, et d’activistes intervenant dans le champ politique (Droit au logement, activisme anti-sécuritaire, etc.). Cette micro communauté, très éphémère, s’est ensuite isolée en secret sur un forum privé, et en quelques mois de préparation et de coordination, a élaboré des appels, des textes théoriques et poétiques, des flyers d’information, le tout regroupé dans un site web. L’appel fut diffusé largement, relayé par des centaines voire des milliers d’autres acteurs, sans que ne soient mobilisés les médias.</p>
<p class="spip">Il n’y avait pas à proprement parler de &laquo;&nbsp;revendication&nbsp;&raquo;, en dehors de l’expression d’un refus radical des mesures sécuritaires imposées depuis les lois dites &laquo;&nbsp;Sécurité quotidiennes&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;lois Mariani&nbsp;&raquo; (le 30 octobre en était la date anniversaire). Etait également visé par cette action le milieu de la techno lui-même : il s’agissait de démontrer qu’une action pouvait parfaitement être menée collectivement et mobiliser un nombre important d’acteurs, sans pour autant tomber dans le piège de la massification et des dérives des teknivals (l’appel demandait aux organisateurs locaux de faire en sorte que les soirées ne dépassent pas 250 personnes, afin de rester dans le cadre de la loi). Il s’agissait enfin de montrer une force d’organisation et de création de lien social entre des acteurs très différents, pour contrer les clichés tenaces sur l’identité de la scène techno, trop souvent considérée comme une scène composée de bourgeois hédonistes, de marginaux incultes, ou de drogués dépolitisés.</p>
<p><span id="more-324"></span></p>
<p class="spip">Voici comment était formulé l’appel de la Nuit des Meutes :</p>
<hr class="spip" />
<p class="spip"><strong class="spip">Le 30.10.04 nous serons en meutes dans toute l’Europe ! Non pas rassemblés en grands troupeaux pour faire masse, mais organisés en myriades de petits groupes : mobiles, agiles et partout !</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">La nuit des meutes : une nuit d’émeutes festives</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Nous, amateurs de musiques électroniques, avons été conduits à nous enfermer dans les masses panurgiennes pour nous protéger des politiques sécuritaires menées depuis plus de 15 ans par tous les gouvernements qui ont eu à traiter ce &laquo;&nbsp;problème&nbsp;&raquo;. Nous avons longtemps misé sur les gros évènements (teknivals, Techno Parade) pour acquérir une légitimité face aux politiques, et pour en imposer aux forces de l’ordre.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Aujourd’hui, cette démarche a conduit à une situation contradictoire. D’un côté de grosses soirées légales, co-organisées avec le Ministère de l’Intérieur, annoncées par tous les grands médias, et qui créent ainsi plus de problèmes qu’elles n’en résolvent (surnombre, public peu intéressé par l’éthique du mouvement techno, uniformisation musicale, désignation publique de la techno comme un &laquo;&nbsp;problème de sécurité&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;santé publique&nbsp;&raquo;). De l’autre, de petites soirées privées organisées avec ou sans autorisation au fin fond des campagnes, et qui restent généralement bien en dessous du seuil autorisé par la loi (250 personnes, public et organisateurs compris).</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Nous avons choisi cette clandestinité pour ne nous compromettre ni avec le marché, ni avec les forces réactionnaires et sécuritaires qui prétendent s’occuper de la culture techno en la confondant avec un problème de sécurité ou de santé publique. Grâce à nos choix, nous n’existons plus au yeux de l’opinion ou des médias. Au pire on nous confond avec les tekni-veaux, ces fêtes panurgiques qui ont de vilaines caractéristiques que nous n’avons pas, et que nous voulons en aucun cas favoriser (trop de monde, trop d’uniformisation, trop de compromissions, trop de pollution).</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Ceci n’est pas un manifeste contre les soirées légales, mais un manifeste pour que les représentants de l’Etat respectent le fameux article 23-1 de la Loi sur la Sécurité Quotidienne qui encadre &laquo;&nbsp;les rassemblements exclusivement festifs à caractère musical organisés sur des sites ou dans des lieux qui ne sont pas au préalable aménagés à cette fin par des personnes privées physiques ou morales, dont les participants et le personnel qui concourt à leur réalisation peut atteindre 250 personnes&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Nous organisons des manifestations exclusivement festives à caractère musical, sans jamais utiliser des annonces par voie de presse, d’affichage, de diffusion de tracts : pour nous, la discrétion est un art de vivre et le bouche à oreille une seconde nature !</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Nous organisons des manifestations exclusivement festives à caractère musical, en dépassant rarement les 250 personnes : les petits nombres favorisent la rencontre avec l’autre et la convivialité !</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Nous organisons des manifestations exclusivement festives à caractère musical, qui ne présentent pas de risque pour la sécurité des participants : c’est tout à fait possible même en l’absence d’aménagement et nous en avons acquis l’expérience au fil des années.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Nous organisons des manifestations exclusivement festives à caractère musical, sans troubler l’ordre public, sans faire de tapage préjudiciable aux riverains, et nous respectons les terrains que nous utilisons : ils sont souvent même plus propres après notre passage qu’avant !</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Nous organisons des manifestations exclusivement festives à caractère musical, et nous sommes effectivement des personnes privées dans des espaces non aménagés et où ont lieu des diffusions de musique amplifiée : nous rentrons donc parfaitement dans le cadre prévu par la loi.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Malgré cela, et en dépit de notre respect de la loi, les forces de police et de gendarmerie continuent à nous confondre avec des entreprises de déménagement : elles nous chassent de leur zone d’activité et nous envoient simplement chez leurs confrères un peu plus loin.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Malgré cela nous sommes chassés par la police au petit matin, même si cela représente une mise en danger d’autrui organisée par ceux-là mêmes qui devraient protéger le public.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">En effet, l’exécutif judiciaire de terrain n’interprète pas la loi de la même manière que les tribunaux : dans ce cas on ne peut que constater des abus. La majorité des gendarmes ou policiers que nous rencontrons, de toutes façons, ne sont ni officiers de police judiciaire, ni au courant de la législation en vigueur et de ses décrets d’application.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Selon nous, la loi Mariani/Vaillant et son article 23-1 sont abusivement sécuritaires. Cette loi n’est destinée qu’à museler la culture et toute forme d’initiative artistique et intellectuelle, et à installer des valeurs autoritaires et régressives au sein de la société française. Nous persistons à demander son abrogation. Mais en attendant cette abrogation, nous demandons que les critères qu’elle définit s’appliquent au moins de manière non arbitraire, et que la police et les gendarmes soient formés spécifiquement pour cela.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Contre la logique pesante des grands nombres, des troupeaux de gnous et des éléphants, nous ferons triompher l’esprit frondeur et carnassier des loups : ni une tekno parade, ni une manifestive, ni un teknival, ni un &laquo;&nbsp;free legal open festival&nbsp;&raquo;, mais des milliers de petits spots de sons pirates qui s’illumineront tous ensemble la même nuit !</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">C’est la tactique de la chasse en meute contre les stratégies de l’ordre sécuritaire.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Ainsi, nous lancerons un pavé dans la mare de tous les conformismes : conformisme de la pensée des grands nombres supposés en imposer à l’Etat (les tekni-veaux), conformisme des styles musicaux uniformes qui s’imposent au public et lui dictent une attitude et un uniforme, et enfin conformisme sécuritaire du quiet sound (dormez bien, braves gens, ou j’envoie la police !).</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">Pour cette nuit d’émeute festive, nous demandons à chaque sound system, à chaque artiste ou activiste intéressé d’essayer de respecter les critères suivants :</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">- ne rien organiser qui amène plus de 250 personnes : ce n’est pas la fête du gigantisme, proliférons les joyeuses soirées privées à taille humaine ! N’invitez que des gens impliqués et engagés, vos proches, et restez discrets avec les autres.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">- pas de surenchère aux kilowatts : Ceux qui viendront seront invités, et non pas parce qu’ils auront entendu dire que X kilos allaient être posés là ce soir.</strong></p>
<p class="spip"><strong class="spip">- hétérogénité des sons ! Mixité des genres ! Evitez les &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; du speed-core, &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; du hard-core, &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; de l’XP, &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; du nartek&#8230;). Soyons inventifs et prenons enfin des risques !</strong></p>
<hr class="spip" />
<p class="spip">L’opération &laquo;&nbsp;Nuit des meutes&nbsp;&raquo; fut un véritable succès, non seulement parce qu’elle a, dans le plus grand secret, mobilisé une impressionnante partie des milieux de la techno des free parties, mais aussi parce qu’elle a largement débordé dans d’autres milieux culturels ou d’autres disciplines d’expression artistique (vidéastes, plasticiens, jongleurs, musiciens rock, punk, rap, etc.). Ce fut enfin un succès dans la mesure où elle a pris une dimension européennes : il y eu des soirées organisées en Italie, en Allemagne, en Suisse, en République Tchèque (le site et l’appel avaient été réalisés en français, italien, anglais, allemand, tchèque, suédois, hollandais, espagnol et même en esperanto).</p>
<p class="spip">Une fois terminée, cette Nuit des meutes a retrouvé la part de secret qui devait être la sienne : le site fut fermé. Nous avons demandé à quelques uns des témoins-acteurs de cette soirée exceptionnelle et de l’ébullition intellectuelle qui l’a précédée et qui l’a suivie, de témoigner des raisons de leur engagement.</p>
<p class="spip"><strong class="spip">drÖne</strong></p>
<p class="spip"><em class="spip">d’où, chose remarquable, rien ne s’ensuit&#8230;</em></p>
<p class="spip"><em><a href="http://indiscipline.fr/tag/ndm/"><em>Voir les autres articles du dossier</em></a></em></p>
</div>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Dossier rétrospectif La Nuit des meutes : &#171;&#160;Témoignage de Miss_yl, une des organisatrices, Lilloise, graphiste, membre de collectifs musicaux et artistiques&#160;&#187;</title>
		<link>http://indiscipline.fr/fr/dossier-retrospectif-la-nuit-des-meutes-temoignage-de-miss_yl-une-des-organisatrices-lilloise-graphiste-membre-de-collectifs-musicaux-et-artistiques/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 Feb 2007 23:23:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Miss_yl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
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		<description><![CDATA[Voir tous les articles du dossier Le concept de la Nuit des Meutes faisait écho avec les valeurs que je souhaitais défendre : mixité artistique, liberté d’expression, auto-gestion&#8230; Je me suis donc impliquée presque naturellement. Je me suis surtout penchée sur la communication de l’événement, la création graphique. De toute façon, nous ne pouvions qu’apporter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://indiscipline.fr/tag/ndm/"><em>Voir tous les articles du dossier</em></a></p>
<p>Le concept de la Nuit des Meutes faisait écho avec les valeurs que je souhaitais défendre : mixité artistique, liberté d’expression, auto-gestion&#8230; Je me suis donc impliquée presque naturellement.</p>
<p><a href="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2009/02/flyerfrancais_ndm.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-334" title="flyerfrancais_ndm" src="http://indiscipline.fr/wp-content/uploads/2009/02/flyerfrancais_ndm-212x300.jpg" alt="flyerfrancais_ndm" width="212" height="300" /></a>Je me suis surtout penchée sur la communication de l’événement, la création graphique. De toute façon, nous ne pouvions qu’apporter une aide logistique puisque chacun était acteur de sa propre Nuit des Meutes. Avec l’aide d’autres graphistes, nous avons mis en place une bannière web, des flyers, des affiches&#8230; Et je me suis également impliquée dans la vie du forum de la Nuit des Meutes en essayant d’y apporter des infos, des données et d’y faire venir les artistes de ma région.</p>
<p>Mes proches, ma familles, mes collègues&#8230; tous connaissent mes convictions et mon engagement pour le milieu alternatif. Et nombreux ceux qui me soutiennent même si tous ne comprennent pas vraiment le fond des choses. De toute façon, je pense que c’est fondamentalement dans mon tempérament de me battre pour mes convictions. Je travaille dans le monde du graphisme, et je me sers de mes contacts, de mes connaissances pour nourrir cette dimension militante de mes occupations. On me demande souvent comment j’arrive à jongler entre les deux, tellement le fossé semble énorme. En fait, je ne jongle pas, je crée des passerelles. Mais toujours en faveur de mon activité militante.</p>
<p>En ce qui concerne la Nuit des Meutes, de mon point de vue, il ne s’agissait pas de se battre contre quelqu’un ou quelque chose, mais plutôt d’ouvre pour quelque chose la reconnaissance de cultures artistiques et musicales.. Il ne s’agissait pas non plus de convaincre, mais de faire prendre conscience.</p>
<p><span id="more-335"></span></p>
<p>La puissance publique doit réaliser qu’elle fonctionne énormément sur la base de préjugés, négatifs bien sûr, à l’égard les acteurs des mouvements alternatifs. Ceux-ci sont sont nombreux, responsables , créatifs.</p>
<p>De plus, nous voulions montrer que les petits événements sont bien plus stimulants et intéressants à tous égards que les gros rassemblements qui nous sont proposés aujourd’hui.</p>
<p>Je rapprocherais la Nuit des Meutes de toutes manifestations revendicatives, quelles qu’elles soient. L’enjeu principal est avant tout faire entendre une opinion, à travers la convergence de différents mouvements. Habituellement nous ne sommes pas écoutés par ceux qui ont l’autorité, ou ceux qui ont les moyens (de production, de programmation), alors nous nous sommes écoutés les uns les autres, entre collectifs et individus tous différents et tous proches par la démarche</p>
<p>Ce qui m’a semblé être le plus important dans la Nuit des Meutes a été la convergence de différents mouvements culturels, de différents points de vue, de différents tempéraments et de nombreuses valeurs pour défendre des objectifs communs.</p>
<p>Il reste encore des tonnes de choses à faire&#8230; À court terme, je continuerai d’être au côté des Meutes, où qu’elles se reforment, pour leur apporter mes compétences et les aider comme je le pourrai. De plus, je continuerai de créer des images au service de mes engagements, et j’accompagnerai encore et toujours mon collectif dans le créativité musicale et artistique. Je pense que pour être réellement novateur et créatif, il faut se faire violence. Et cette violence là, ce combat là, c’est de loin celui que je préfère !</p>
<p><strong>Miss_yl</strong>
<ul class="lang_switch"></ul>
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		<title>Dossier rétrospectif La Nuit des meutes : &#171;&#160;Habiter le même monde : un exercice&#160;&#187;</title>
		<link>http://indiscipline.fr/fr/dossier-retrospectif-la-nuit-des-meutes-habiter-le-meme-monde-un-exercice/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 Feb 2007 23:14:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bituur esztreym</dc:creator>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[alternatives]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[loi]]></category>
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		<description><![CDATA[Voir tous les articles du dossier Je me suis retrouvé embringué dans la Nuit des meutes en vertu du &#171;&#160;Pacte de collaboration militaro-artistique&#160;&#187; [[voir http://oia.vnatrc.net/ ; sites respectifs : http://vnatrc.net/ http://drone-zone.org/]] conclu fin 2002 entre v.n.a.t.r.c.? &#38; la Drönésie Orientale. Tous les échanges entre nous, les actions menées ou fêtes vécues depuis lors portent pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://indiscipline.fr/tag/ndm/"><em>Voir tous les articles du dossier</em></a></p>
<p>Je me suis retrouvé <em>embringué </em>dans la Nuit des meutes en vertu du &laquo;&nbsp;Pacte de collaboration militaro-artistique&nbsp;&raquo; [[voir http://oia.vnatrc.net/ ; sites respectifs : http://vnatrc.net/ http://drone-zone.org/]] conclu fin 2002 entre v.n.a.<em>t.r.c.</em>? &amp; la Drönésie Orientale. Tous les échanges entre nous, les actions menées ou fêtes vécues depuis lors portent pour moi cette marque d&#8217;une entente de fond. La Nuit des meutes retentit encore comme une réjouissante, stimulante convergence ; i&amp;i bituur esztreym, finno-magyar filolog &amp; expert en propagande perplexe de v.n.a.<em>t.r.c.</em>? &amp; de dogmazic.net (aka musique-libre.org), m&#8217;y suis dédié le temps qu&#8217;il a fallu comme à un des exercices naturels constitutifs d&#8217;une présence au monde.</p>
<p>Je me suis souvent représenté comme &laquo;&nbsp;<em>en marge</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>promeneur</em>&nbsp;&raquo; de ce monde &amp; de cette société. Aussi loin que je me rappelle, un sentiment d&#8217;étrangeté m&#8217;a toujours habité, d&#8217;où un écart et un peu d&#8217;appétence à &laquo;&nbsp;faire partie&nbsp;&raquo; ; une volonté aussi, longue à se formuler &amp; dessiner, d&#8217;agir &amp; parler. Toutes les entreprises que j&#8217;ai pu tenter visaient, je crois, à rendre habitable ce monde, y pouvoir habiter moi-même, &amp; la communauté humaine inséparablement. L&#8217;aphorisme des pères du désert de Scété : &laquo;&nbsp;si tu vois quelqu&#8217;un monter au ciel tout seul, fais-le descendre !&nbsp;&raquo; s&#8217;applique au monde, à la communauté présente. Reste à trouver comment.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il y a, pour l&#8217;homme, son commencement et sa fin, la terre natale et funèbre, et les autres humains, tous les autres. Une société n&#8217;est pas un amas de groupes, ni un torrent d&#8217;affinités, mais le théâtre où se joue, tragique et comique, la raison de vivre&nbsp;&raquo; [[Pierre Legendre, La fabrique de l'homme occidental, Mille et une Nuits, 1996]]. L&#8217;initiative de la Nuit des Meutes m&#8217;a d&#8217;emblée convaincu d&#8217;une pertinence que le nom seul résume dans sa polysémie : meutes, précisément comme contradiction portée à la massification grégaire &amp; à la particularisation forcenée ; émeutes comme insurrection festive &amp; consciente des enjeux proprement politiques d&#8217;organisation, de liberté &amp; de loi ; nuit comme pénombre ou ténèbre, &amp; vigile du temps à venir, temps de concentration, préparation &amp; constance.<br />
La Nuit des meutes a placé la loi au premier plan : cela peut sembler paradoxal et pas très sexy pour une initiative qui put, quand on connaît le contexte régnant de communication lénifiante &amp; raccourcis abêtissants, être perçue comme une manif de jeunes excités, de fêtards, amateurs de sons perturbants &amp; de produits illicites.</p>
<p>La contradiction était portée justement là : agir comme êtres humains, citoyens, collectifs, communautés, en se saisissant de plein droit &amp; résolument des dispositions de l&#8217;article 23-1 de la loi d&#8217;orientation et de programmation relative à la sécurité (LOPS) n° 95-73 du 21 janvier 1995 (&amp; son décret d&#8217;application n° 2002-887 du 3 mai 2002), lequel, fixant un cadre pour les &laquo;&nbsp;<em>rave parties</em>&nbsp;&raquo; soumet à déclaration toute manifestation de plus de 250 personnes, organisateurs compris.<br />
Eh bien, au lieu de se soumettre, contents &amp; consommant, aux appels &amp; oukases d&#8217;en haut &amp; s&#8217;agglutiner en autant de &laquo;&nbsp;tekni-veaux&nbsp;&raquo; dans autant de &laquo;&nbsp;sarko-vals&nbsp;&raquo;, organiser soi-même des fêtes où se réunir en toute liberté, respect &amp; imagination. Politiquement, cela veut dire, au lieu d&#8217;accepter une sorte de contrat entre un ministre médiatique agissant en son nom &amp; des &laquo;&nbsp;amas de groupes&nbsp;&raquo; trop contents d&#8217;être &laquo;&nbsp;reconnus&nbsp;&raquo; &amp; qu&#8217;on leur permette d&#8217;être &laquo;&nbsp;libres&nbsp;&raquo;, préférer le cadre anonyme, public, de la loi, où chacun est respecté : &laquo;&nbsp;Le contrat peut se privatiser, la loi définit un espace public de l&#8217;intérêt commun, que fondent des principes&nbsp;&raquo; [[Bernard Stiegler, in Pourquoi le droit ?, in Colloque Unesco Droits d'auteur &amp; droits voisins, BNF, 28-29 nov. 2003]].</p>
<p><span id="more-329"></span></p>
<p>La domination de l&#8217;information &amp; de la culture par des industries change fondamentalement les rapports sociaux. La cybernétique prend peu à peu le contrôle. On craint peu encore la puissance de dévastation de l&#8217;intime &amp; du collectif par la marchandisation de tout. La Nuit des meutes visait, par les méthodes employées, les modes de relation &amp; de rencontre proposés, à renverser la domination : rien de moins, mais par des biais subtils. Soulignons le climat amical &amp; inventif dans lequel l&#8217;opération a été montée, menée, poursuivie sur d&#8217;autres lancées. Je vois là une quasi exemplarité, une manifestation réfléchie. Un exercice de liberté.</p>
<p>Ce fut, au quotidien, sur le site nuitdesmeutes.ouvaton.org, attention portée aux convictions, plus affirmées chez les participants les plus actifs, aux interrogations des plus ignorants ou moins informés, notamment sur la dimension légale, politique, engagée, de la Nuit des meutes. J&#8217;apprécie la disponibilité éprouvée alors, l&#8217;éveil provoqué à de multiples reprises. Les récits sur le forum du site des différentes Nuits organisées sur tout le territoire en ont montré, je crois, le bénéfice concret : telle manifestation sur une place publique, telle discussion courtoise avec les forces de l&#8217;ordre au coin d&#8217;une forêt, telle découverte des tenants &amp; aboutissants sociaux &amp; politiques, au delà du son (&amp; il n&#8217;y eut pas que de la grosse tek), sont autant de signes.</p>
<p>Toute occasion d&#8217;approprier sa pensée &amp; son action, de résurrection du désir &amp; de la parole, est une fête. La cité, la <em>polis</em>, est irréductiblement &amp; d&#8217;abord fondée sur cela. Il manque, sinon, une qualité essentielle. Toute proposition ne respectant pas ce donné-là se trouve, pour moi, récusée par le fait même ; qu&#8217;on ne s&#8217;étonne pas de voir la suspicion &amp; le dépit croître, après. Les questions qui se posent aujourd&#8217;hui ne sont pas nouvelles, en fait, la technologie a commencé avec le premier silex, avec le premier mot. Nous sommes confrontés aux mêmes défis, aux mêmes périls. La volonté de puissance &amp; de domination est la même dommageable bêtise, seul change le rayon d&#8217;action ; la portée des outils actuels peut être plus grande, il ne dépend toujours que de nous d&#8217;en bien user.</p>
<p>La Nuit des meutes s&#8217;inscrit à cette aune dans le vaste pullulement d&#8217;initiatives qui concourrent à ce qu&#8217;on voit progressivement émerger comme une coalition des biens communs : axe des combats actuels qui traverse les oppositions, scléroses, marquant les pensées, les politiques. La rigueur inhumaine du marché globalisé devenu fou, la ruineuse fascination médiatique, télécratique [[cf. Bernard Stiegler, La télécratie contre la démocratie. Lettre ouverte aux représentants politiques, Flammarion, 2006 – cf. aussi http://arsindustrialis.org/]], le cynisme sans vergogne du populisme industriel détruisant les consciences, l&#8217;avidité démentielle des profiteurs de la propriété intellectuelle : ces puissants du jour sont très vieux, d&#8217;une impardonnable &amp; stupide incapacité de trans-formation. Le coût d&#8217;un possible effondrement est à méditer.<br />
{Sub specie aeternitatis}, la partie est gagnée : à son rang, que nous avons assumé, la Nuit des meutes y a son mérite, son bénéfice. &laquo;&nbsp;Sûrs et précis et inaudibles ils sèment leurs spectacles et leurs efforts dans l&#8217;unité de quelques sentiments. Qui veut les connaître ne doit pas ouvrir un livre, ni fouiller des résidus, il doit seulement éviter de marcher en arrière&nbsp;&raquo; [[Javier Urdanibia, Sonnets blancs - Journal, Antoine Soriano éditeur, 1998]].</p>
<p><strong>bituur esztreym</strong></p>
<p>déc. 2004 &#8211; fév. 2007
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