L’ANR vue par les praticiens de la recherche : Réflexions autour du deuxième des « Grands débats de l’EHESS », du 1/04/09
Par Michel Barthélémy, Sociologue, CNRS.
Suivi d’une réponse de Jean-Michel Roddaz, Responsable Département SHS/ANR
Après le débat consacré à l’AERES (1), des enseignants-chercheurs de l’EHESS organisaient une deuxième rencontre (2) portant cette fois sur une autre institution récente, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) (3). Celle-ci a pour objet de financer des recherches sur projet, émanant d’équipes de recherche publiques comme privées (entreprises, notamment), autour de certaines thématiques, et concernant les grandes branches de la connaissance. A côté de ces programmes, il existe la possibilité de soutenir un petit nombre de projets de recherches libres quant à leur sujet, appelés « programmes blancs ». Les financements portent sur une période maximale de quatre ans (4).
L’apport ambivalent de l’ANR à la recherche
Les constats des participants à ce débat qui ont soit participé au conseil scientifique de l’ANR à ses débuts ou bien bénéficié d’un contrat de cet organisme, se rejoignent sur un certain nombre de points. Ils reconnaissent tout d’abord que les sommes que l’ANR met au service des équipes dépassent de loin ce qu’ils auraient pu obtenir de leurs laboratoires de recherche. L’ANR a pu ainsi concourir à la réalisation de recherches de qualité y compris en finançant des disciplines sous-dotées.
Si au départ l’apport financier de l’ANR se faisait dans une perspective de supplémentation des ressources dont les équipes disposent sur les crédits récurrents de leur laboratoire, l’évolution négative de ces crédits tend de plus en plus à faire prévaloir un caractère substitutif.
Par ailleurs, un problème soulevé par divers intervenants tient à l’absence de modulation possible dans le soutien financier qui ne concerne que des projets assez lourds, pas toujours adaptés aux besoins de la recherche en SHS, ceux où quelques milliers d’euros suffisent. Or ce n’est pas le format des contrats ANR.







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