Tous les articles de la catégorie: ‘ Récits ’

Nicolas et Michaël

26 juin 2009

Café de la comète : nous avons 25 ans, et nous avons également en même temps 12 ou 15 ou 16 ans.

Nous sommes en bande, une dizaine, les plus récentes recrues de l’équipage du grand Vaisseau du Futur, de la Science, de la Culture, de l’Histoire peut-être, l’histoire gaie et légère, pas trop sérieuse, mais l’histoire quand même, on a une mission, on est convoqué, on s’y met, le bâtiment en face nous a aimantés et arrachés à nos études, nous sommes éblouis par l’importance de l’expédition auquel est promis un si beau vaisseau : La Cité des Sciences.

Dans la bande : Nicolas. Celui-là je voudrais bien qu’on soit amis, il est solaire, avec quelque chose de classique et d’intemporel dans les traits et les gestes, on dirait Gérard Philippe et justement il est en train de parler de Gérard Philippe, il parle de théâtre, évidemment, ça semble soudain aller de soi. Nous sommes dans notre semaine de formation à l’animation, trop jeunes encore pour être réellement critiques mais toujours prêts à nous échapper dans la dérision ou la danse des mots. Une semaine plus tard nous sommes tous les dix inséparablement heureux d’avoir été recrutés ensemble, nous marchons de front dans la rue par quatre ou cinq, soucieux de ne pas perdre ce qui se déroule en simultané sur les trois rangs, le soleil frappe sur une robe claire, le cafetier ouvre de grands yeux et me désigne les transparences désarmantes, un nuage passe, pas grave mon cher.

Nicolas de temps en temps m’adresse la parole en propre, dans le cas de choses un peu plus sérieuses peut-être. Il s’agit par exemple de la récupération de quelques ouvrages savants dans les Algeco du chantier de la Cité des Sciences qui vient d’ouvrir, rutilante, proche de notre humeur conquérante et positive.

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Réponse à l’appel d’offre

« Veille de l’opinion »

du

Ministère de l’Amour du Savoir et de la Libre Pensée

brazil

Proposé par :

Laboratoire d’Ergonomie de la Connaissance Pure

Université Autonome de l’Élysée

janvier 1984

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Table des matières

Objectifs. 4

1. Diagnostic scientifique de la situation politique et morale française. 4

2. Problématique : liquider la pensée déviante. 4

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4 février 2009 de 10h à 12h

De 10h à 12h, conférence du professeur Thomas Kisser (Université de Munich) philosophe, chercheur invité à l’ENS-lsh :

« La société comme communication – il n’y a qu’une seule société, la société mondiale ».

Séance proposée par le laboratoire hors les murs « Communication, Culture et Société » de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines.

Cette séance sera l’occasion de présenter les travaux de Niklas Luhmann sur la communication, travaux non encore traduits en français.

Elle se déroulera au Centre de Documentation et de Recherche sur les Alternatives Sociales (CEDRATS)

Centre Michel-Marie Derrion

27 montée Saint-Sébastien

69001 Lyon

Tél. 04 78 29 90 67

metro croix-paquet ou hotel de ville

Merci à Clémence Emprin pour sa participation.

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Humeur noire

Par Sophie Roux (Grenoble II / Institut universitaire de France)

nuages-noirsCela sent le cliché. Elle était sans travail, et avait commencé à garder mes enfants un jour de grand hiver : elle n’avait pas de manteau. Croyant lui rendre service, je la présentai quelques mois plus tard à une autre famille, où elle devait garder d’autres enfants que les miens. Mais, d’une anicroche à l’autre, ça ne passait pas. « Ces gens-là, me disait-elle plus ou moins, ne me respectent pas. Chez vous, j’aime le travail, mais eux, ils me prennent ma dignité ». Alors elle, elle qui était presque sans travail, elle leur déclara un jour qu’entre elle et eux, ce n’était pas possible. C’est une dignité du genre de la sienne que je m’étonne ces jours-ci de ne pas voir plus répandue ou plus manifeste parmi nous, et qui me fait penser que l’honneur de l’Université est depuis longtemps perdu — à moins qu’il n’ait jamais existé que dans l’esprit de quelques-uns.

L’honneur de l’Université, tel que je me le représente, c’est l’honneur d’une communauté d’enseignants et de chercheurs, qui sait qu’elle a des valeurs et des normes propres. Dans le cas particulier de la France, l’histoire avait adossé cet honneur au statut de fonctionnaire : de sorte que chacun pouvait de droit dire ce qui fâche et ne pas perdre son âme dans l’exercice de ses fonctions. Bien sûr, les choses humaines étant ce qu’elles sont, il arrivait tout de même qu’il y ait quelques petits arrangements. Je dois dire que je n’aimais pas ça, comme un chat n’aime pas l’eau j’imagine : je me hérissais, et ne savais plus trop quoi faire de moi. Jusqu’alors, il m’avait cependant semblé qu’on pouvait s’en sortir — à peu près — indemne.

Mais aujourd’hui ? Il y avait déjà l’ANR, puis il y a eu la LRU. Nous n’avons peut-être pas encore oublié le vote à la sauvette de cette absurde réforme, et les cortèges de CRS qu’elle a amenés dans les enceintes de l’Université. Sont arrivés les campus de l’excellence, de vastes entreprises immobilières. Il a fallu mettre en place le Plan Réussite Licence, profiter de l’aubaine. Se demander si l’on allait encore une fois faire un projet pour rapporter un peu d’argent à son équipe. Pour les plus gradés d’entre nous, se mettre en costume pour la visite de l’AERES, faire un petit tour en piste avec ses experts, répondre diligemment à des rapports prévisibles : trois petits tours et puis s’en vont. Et voilà que cette même Agence nous sort, sans s’appuyer sur quelque procédure que ce soit et sans avoir pris le temps de s’informer minimalement sur les questions de bibliométrie, mais juste histoire de faire semblant de se mettre aux normes internationales, un classement des revues de sciences humaines et sociales. La ministre choisit, au mépris des jurys qu’elle a nommés et en dépit des lois existantes, vingt-deux membres d’un institut prestigieux. Une université voisine prévoit de recenser les étudiants absents, alors que d’autres étudiants se sont vus refuser leur permis de séjour s’il était attesté qu’ils manquaient d’assiduité.

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Historias Latinas


« Desde la lejanía de su autoostracismo, me escribió a través de ese odioso cajón electrónico, para explicarme que hurgando en las entrañas de la red me acababa de descubrir, y decía que me reconocía como uno de los suyos… »

Escribe Joan Guimaray Molina1

Hace poco he conocido a una dama. Sí, a una dama la he conocido no hace mucho. Supongo que a la hora de articular el saludo me mostró la mejor de su sonrisa. Imagino que me alumbró el rostro con el refinamiento digno de sus modales. Pero aunque parezca inverosímil, yo no le extendí la mano para estrecharla con la suya, ni ella me ofreció su mejilla para sellarle mi afecto. Creo que cuando la familiaridad late a distancia y la afinidad se percibe a legua, los códigos convencionales y los esquemas consuetudinarios son perfectamente prescindibles.

Pues, he conocido a Carmen de Zaragoza, una dama limeña y pueblolibrina que se ha hecho aragonesa. No por que ella haya querido, ni porque la vanidad le haya obligado ; sino, por circunstancias de la vida, por la arbitrariedad del destino, por las pulsaciones del corazón y las inclinaciones del alma.

No siento su ausencia, ni me extraña su silencio. Tampoco me entristece el vacío que ha dejado en su natal Pueblo Libre, porque yo nunca supe de su existencia. Y, me alegro de que se haya marchado sin que la conociera. Celebro por lo que haya cruzado el Atlántico sin que yo supiera de ella. Porque de haberla conocido, hoy estaría recordando el color de sus gestos, extrañando el aroma de sus ironías y evocando la dimensión de su generosidad.

Pero ahora, pienso que la conozco, creo saber de ella, incluso, siento que es una gentil dama que conoce los recodos del destino por donde los humanos transitamos sin medir la distancia exacta de nuestro destino. Porque desde aquella tibia mañana de primavera en que leí su primera cibermisiva, ella no ha dejado de expresarme su constancia y su encanto. No ha cesado de alegrarme la existencia y entristecerme el ánimo con la mixtura de sus mensajes : unas veces con la voz de una novicia, en otras, con el registro de una soprano, y en ocasiones, con la terneza de una aeda.

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  1. Escritor y periodista peruano []

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« Severo, constante y sin tregua es el odio de Dios, y no cesará mientras el hombre no haga uso de su sano juicio, y mientras la mujer no decida usar por propia voluntad el poder de ese maravilloso obsequio : el cerebro »

Escribe Joan Guimaray Molina1

Las horrorosas criaturas de nuestra especie nacen hablando de Dios y mueren hablando de Dios. Se levantan con sus mugres hablando de Dios y se acuestan sobre sus cochambres hablando de él. Envidian clamando a Dios, calumnian masticando su santo nombre, insultan pensando en su divinidad, estafan pronunciando su autoridad, aconsejan pensando en su poder, saludan creyendo en su ubicuidad, desean desgracias ajenas, esperando su bendición, envían mensajes asustando con su ira, y se despiden proclamando su omnipotencia. Y luego dicen : Dios tarda pero nunca olvida.

Claro, él tarda y jamás olvida. Dios tarda porque odia a todas sus espantosas criaturas, quienes a pesar de que les ha dado el infinito poder del cerebro, no hacen uso de él. Desde luego, odia al político que ejerce el cargo público y que por dedicarse únicamente a la satisfacción de sus propias ambiciones, no se fija en los problemas de las grandes mayorías.

Odia al empresario que en lugar de generar más riqueza con el talento que le ha destinado, lo único que hace es aprovecharse de sus trabajadores y luego despedirlos sin reconocer sus derechos laborales.

Odia al trabajador asalariado que cuando tiene la estabilidad, ya no hace mas que cumplir los días para cobrar, y que sólo trabaja como debiera, cuando es controlado por otro, sin importarle que su puesto depende del éxito y la continuidad de la empresa para la cual trabaja.

Odia al rico que por disfrutar de su riqueza económica no advierte su pobreza espiritual, y cree que en el mundo todos son de su condición y que viven disfrutando de sus opulencias y sus comodidades.

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  1. Escritor y periodista peruano []

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