Projet d’Institut autonome des sciences humaines et sociales
Pour une structure d’enseignement et de recherche cohérente
Par Igor Babou , Joëlle Le Marec
Ce texte est en cours de rédaction : il s’inscrit dans une réflexion en cours. Les avis extérieurs sont les bienvenus !
L’enseignement supérieur et la recherche en sciences humaines et sociales traversent actuellement une crise très profonde. Fondamentalement, cette crise n’est pas liée à un manque de moyens et encore moins à l’inadaptation des structures au marché. En réalité, le problème majeur que nous affrontons quotidiennement, en tant que chercheurs, est celui de la perte de nos libertés : on assiste à l’assujettissement croissant de la recherche et de l’enseignement à des logiques économiques et politiques, à une bureaucratisation effrénée, à une obsession pour l’évaluation et la productivité et à une uniformisation des structures, des formats et des temporalités de la recherche. Ces évolutions sont évidemment incompatibles avec l’esprit des Lumières ainsi qu’avec les aspirations exprimées par le public. Celui-ci continue en effet à soutenir une vision généreuse de la science et s’inquiète de sa dépendance à des intérêts contraires au bien-être collectif de l’humanité.
Nous nous fondons sur la nécessité, reconnue y compris par les instances académiques et politiques, de maintenir une diversité de paradigmes et de modes de production et de transmission, pour proposer une association, une structure dont le mode d’organisation et de fonctionnement soient la simple mise en œuvre des principes de liberté et d’indépendance, de créativité et de concentration, de fraternité et de solidarité, principes aujourd’hui remplacés par les mots d’ordre de rationalisation, productivité, concurrence et compétitivité.
Nous nous fondons sur l’exigence absolue pour toute société de maintenir les conditions d’une critique et d’une réflexivité dont la disparition est extrêmement dangereuse : car une société qui se refuse à la critique et à la réflexivité est une société qui court le risque de plonger dans la barbarie, l’Histoire récente nous a donné bien des exemples de ces catastrophes.


