Rubrique "Brèves"


Séminaires hors les murs en février 2009

L’université n’est pas simplement un établissement professionnellement géré, elle existe partout où ses valeurs et ses activités sont discutées et partagées

Le laboratoire « Communication, Culture et Société » ainsi que les masters en Sciences de la communication de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines de Lyon s’associent à l’action de résistance de l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a démarré le 2 février 2009 (voir : www.sauvonsluniversite.com).

Pendant le mois de février 2009 nos activités de séminaires, cours, réflexion, dialogue, partage intellectuel se dérouleront hors les murs dans des lieux culturels et associatifs.

Nous remercions très vivement la galerie Mathieu (48 rue Burdeau) et le Centre de Documentation et de Recherche sur les Alternatives Sociales (27 montée Saint-Sébastien)

Plus d’informations : voir le site du laboratoire (http://c2so.ens-lsh.fr).

    Pour en savoir plus sur les réformes et leurs sous-bassements idéologiques, un livre récemment paru pourrait s’avérer un bon compendium :

    http://www.liens-socio.org/article.php3 ?id_article=4226

    Je copie-colle la critique qui en a été faite sur « Liens socio » :

    « Le cauchemar de Humboldt. Les réformes de l’enseignement supérieur européen

    Un ouvrage sous la direction de Franz Schultheis, Marta Roca i Escoda et Paul-Frantz Cousin (Raisons d’agir, coll. « Cours et Travaux », 2008, 231 p., 17 €)

    Par Igor Martinache

    Philosophe, linguiste diplomate et ministre, Wilhelm von Humboldt prit également le temps de fonder, en 1810, l’Université à Berlin qui porte aujourd’hui son nom. Son projet est alors visionnaire puisqu’il décide d’y réunir différentes disciplines afin que professeurs et étudiants de divers horizons se confrontent pour mener de cette manière une « libre recherche », affranchie des systèmes philosophiques et autres préjugés [1]. Significativement, aussi illustre en Allemagne que son naturaliste de frère Alexander, Humboldt est peu connu de ce côté-ci du Rhin. Une lacune que semblerait devoir combler la mise en place d’un « espace européen de l’enseignement supérieur », initiée par la « Déclaration de Bologne » que signent les ministres de l’Éducation de 29 États européens le 19 juin 1999 [2]. Un texte qui marquait en fait surtout le ralliement de vingt-cinq de ses responsables à la volonté exprimée un an plus tôt par leurs collègues français, britannique, allemand et italien dans la « déclaration de la Sorbonne » du 25 mai 1998, impulsé par les seuls ministres [3]. Si cette harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur semble partir d’une bonne intention, venant infléchir la pente par trop mercantile de la construction européenne et permettre enfin l’émergence d’une conscience européenne [4]. Hélas, si elles posent les bases d’une telle Europe de la connaissance, c’est sur son plus petit dénominateur commun que les modalités de cette mise en œuvre de cette déclaration se sont appuyées, à savoir la culture gestionnaire.

    Telle est donc la démonstration des différents contributeurs de cet ouvrage, issu du colloque « Les systèmes d’enseignement nationaux et les catégories nationales de pensée » organisé par le réseau ESSE (pour un réseau des sciences sociales européennes) à Coppet (Suisse) en 2004, mais auquel les réformes actuellement en cours dans les universités françaises viennent -malheureusement- redonner une actualité brûlante. La marchandisation de l’enseignement supérieur dont il est question passe ainsi par une uniformisation gestionnaire des cursus, qui, faisant fi des spécificités disciplinaires, largement inspirée des préconisations de l’OCDE (organisation pour la coopération économique et le développement) pour l’invention d’une « prestation de service éducatif » uniforme. Celle-ci passe ainsi par la mise en œuvre d’instruments a priori neutres – illusion savamment comprise et entretenue par les dirigeants contemporains [5] – tels que la tripartition des parcours en 3, 5 ou 8 ans (le fameux « LMD » (Licence-Master-Doctorat) dans la terminologie française) au détriment des diplômes intermédiaires, la modularisation de l’enseignement allant de pair avec la mise en place du système de « crédits » transférables (les ECTS – European Credits Transfer System) entre établissements européens, favorisant a priori la mobilité des étudiants -mais pas n’importe lesquels-, mais surtout réduisant la valeur des enseignements à leur seule mesure horaire. C’est surtout l’autonomisation accrue des établissements, encourager à quêter leurs propres ressources à travers la mise en place de chaires sponsorisées par des entreprises privées, ou la mise en place de frais d’inscription – quand elle n’était pas encore mise en œuvre- de plus en plus élevés, avec la privatisation pure et simple en ligne de mire. Bref, bien plus qu’une simple harmonisation des contenus d’enseignement, c’est bien un « projet de grande envergure visant à transformer les conditions de production et de diffusion du travail intellectuel » qui est ainsi dessiné depuis « Bologne », avec la réduction de l’éducation supérieure à un service standardisé de formation assuré par des universités mues en entreprises compétitives pilotées par de véritables managers initiant projet après projet et visant bien davantage à assurer la « professionnalisation » des étudiants qu’à cultiver leur esprit critique, ainsi que le montre bien Sandrine Garcia dans sa contribution. « La réduction de la durée moyenne des études sous le régime du bachelor [la nouvelle « Licence » française] s’accompagne d’un renforcement du caractère scolaire de l’apprentissage et d’un abaissement du niveau des connaissances et des compétences scientifiques pour la majorité des étudiants [...] Le prix à payer sera, en dehors des nouvelles inégalités sociales en matière d’accès aux biens culturels, du côté de la capacité de réflexion critique autonome et des compétences scientifiques « moyennes » » résument en introduction Franz Schultheis, Marta Roca i Escoda et Paul-Frantz Cousin.

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    Motions de la coordination universitaire le 22 janvier : le 2 février l’université s’arrête

    La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universités. Elle a voté les motions suivantes :

    Motion n°1 :

    La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.

    Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :

    1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs

    2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré

    l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée : le 2 février 2009 l’université s’arrête.

    Unanimité moins 3 voix contre

    Motion n°2 :

    La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.

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    L’appel des appels

    Cet appel circule, et rejoint tout à fait l’enjeu d’une convergence des luttes :

    http://www.appeldesappels.org/

    « Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

    A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

    Au nom d’une idéologie de « l’homme économique », le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois « naturelles » du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

    Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en « faillite » le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

    Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »

    Le 22 décembre 2008,

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    Depuis quelques temps circule sur le web l’appel d’offre pour les ministères de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la « veille de l’opinion » : doté de 200000 euros, il s’agit d’un appel invitant les sciences humaines et sociales à participer au Grand Œuvre Sécuritaire de l’État français, en contribuant à la surveillance des débats, leaders d’opinion, et réseaux susceptibles d’exercer encore une pensée critique.

    Olivier Ertzscheid, dans son blog http://affordance.typepad.com/ affo…, a décidé de répondre à sa manière à cette juste et légitime exigence de notre ministère. J’espère qu’il ne nous en voudra pas de relayer ici son action : http://affordance.typepad.com/mon_w….

      Ouverture d’un forum de discussion sur Indiscipline

      Le site Indicipline, qui a pour but d’accueillir les articles de fondse complète d’un forum destiné aux échanges, au débat d’idée et la réactivité. L’adresse de ce forum est la suivant : http://indiscipline.fr/forum/

      Il estaccessible en cliquant sur l’onglet « Forum » au dessus du bandeau de titre du site.

        Rapport de l’OCDE sur l’éducation

        L’OCDE produit régulièrement des rapports comparatifs sur le thème de l’éduction. Le dernier en date, publié le 18 septembre 2007, contient des données (essentiellement quantitatives) qui complètent le rapport de 2005.

        Le rapport est à cette adresse : cliquer ici.

        Certaines données battent en brèche des préjugés courants du discours libéral et technocratique sur la place de la France au plan international en ce qui concerne l’enseignement supérieur.

        On y lit ainsi :

        « Les taux d’échec pour l’enseignement supérieur dans sa globalité sont moins élevés en France par rapport à la moyenne de l’OCDE. Toutefois, 15% d’élèves abandonnent les formations de niveau universitaire pour se réorienter vers des formations plus techniques.

        Moins de 60 % des étudiants arrivent au terme de leurs études supérieures en Grèce et en Nouvelle-Zélande, alors qu’ils sont au moins 75 % à y parvenir en Communauté flamande de Belgique, en France, en Irlande et au Japon. En France, sur 100 élèves qui commencent une formation de niveau universitaire (Supérieur de type A), 64 obtiendront un diplôme au moins équivalent à la licence et 15 se réorienteront vers une formation du supérieur plus technique de type IUT, STS (Supérieur de type B) et obtiendront un diplôme tandis que 21 sortiront du système sans obtenir un diplôme du supérieur (voir le tableau A3.6 et l’Annexe 3). »

        Ou encore :

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        Indiscipline dans L’Autre Campagne

        L’Autre Campagne vient de publier une version résumée de notre article « Culture et savoirs aux prises avec la (dé)raison technocratique ». Nous les en remercions chaleureusement. Pour coller à l’esprit de L’Autre Campagne, nous avons réduit le texte initial à 6500 signes et avons introduit une conclusion plus « opératoire » au plan politique.
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