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Un texte de loi est actuellement en débat à l’assemblée. On en trouve une analyse sur l’excellent blog « La science au XXIème siècle » :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2009/07/03/cnrs-et-loi-de-licenciement-massif-des-fonctionnaires.html

Quelques extraits :

CNRS et loi de licenciement massif des fonctionnaires

Le 3 juillet, l’Assemblée Nationale a mis en ligne une nouvelle version du projet de loi de licenciement massif des fonctionnaires, appelé pour la forme « projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique ». Le texte est issu des débats d’hier et semble destiné à être adopté rapidement mardi prochain. Il guidera donc, entre autres, l’application du contrat d’objectifs 2009-2013 entre le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et l’Etat approuvé la semaine dernière et qui place la grande majorité des personnels du Centre dans une situation « atypique ». Les perspectives, très inquiétantes, ne paraissent guère différentes pour l’ensemble de la fonction publique.

Avec, notamment, ces deux petites phrases à la portée très générale :

« En cas de restructuration d’une administration de l’État ou de l’un de ses établissements publics administratifs, le fonctionnaire peut être placé en situation de réorientation professionnelle dès lors que son emploi est susceptible d’être supprimé ».

« La réorientation professionnelle (…) peut également prendre fin, à l’initiative de l’administration, lorsque le fonctionnaire a refusé successivement trois offres d’emploi public fermes et précises correspondant à son grade et à son projet personnalisé d’évolution professionnelle, et tenant compte de sa situation de famille et de son lieu de résidence habituel. Dans ce cas, il peut être placé en disponibilité d’office ou, le cas échéant, admis à la retraite ».

Il s’agit d’une machine légale qui permet de licencier de fait pratiquement tout fonctionnaire. C’est à cette machine, que le Conseil Scientifique du CNRS a ouvert la voie avec son vote du 16 juin favorable au contrat d’objectif.

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« Succès monstre de la Nuit des Universités à Lyon 2 : plus de 2000 personnes y ont participé dans une ambiance très festive, avec un Grand Amphi (450 places) blindé de 19h à 7h du matin pour une trentaine de conférences…

Toute la nuit est déjà « podcastée » et accessible en ligne sur le site de Lyon 2.

Je vous invite notamment à écouter la belle intervention introductive de Bruno Gelas, ancien président de l’université. »

Jacques Gerstenkorn Vice-Président de Lyon 2, chargé de la culture

Lire aussi l’article de Libé Lyon rendant compte de la Nuit Blanche.

Commentaire (1)

blocageLa quasi-totalité des acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche et leurs représentants (syndicats, coordinations, groupes informels), et ce de manière assez inédite depuis 1968, luttent actuellement ensemble contre des réformes catastrophiques et régressives. Face à ce front uni, ce qui caractérise la réponse gouvernementale face à ces remises en cause des « réformes » de l’université et de la recherche, c’est son autisme : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire à part des inepties ou des mensonges, et surtout  – mais ça, on le savait déjà -  ne rien penser. Dans ce contexte tendu de blocage du débat public, il est évident que la question de la radicalisation des formes d’action va se poser. Elle se pose d’ailleurs déjà, comme en témoigne le retour des occupations de bâtiments universitaires, encore assez sporadiques pour le moment, mais qui pourraient se multiplier si cet autisme perdure.

On risque alors de voir réapparaître de vieilles querelles au sein du front uni contre les réformes : quid de l’utilité et de la légitimité des blocages de bâtiments ?  Partisans et opposants au blocage pourraient, comme lors de la lutte contre la LRU ou le CPE, se renvoyer à leurs conceptions opposées de la légitimité des actions. Quel est donc le sens de ce qu’on appelle « radicalisation » dans ce contexte ?

Ce qu’il serait important de comprendre d’un point de vue tactique, c’est que la « radicalité » ne se résume pas à l’utilisation de la force pour bloquer physiquement un bâtiment universitaire ou de recherche. Il y a une radicalité de l’imagination, de l’inventivité, qui ne passe pas forcément par la violence. La théâtralisation des luttes (flash mobs, freeze in, etc.) ou la recherche de dispositifs alternatifs pour faire son travail (cours hors les murs, recherches hors financement et hors institution, dépôt systématique des résultats d’une recherche sous licence science commons au lieu d’une prise de brevet, etc.), ou encore la désobéissance civile (refus de remontée des maquettes de masters, grèves administratives, grève des signatures d’articles) sont des modes d’action au moins aussi radicaux que le blocage physique d’un bâtiment.

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Sur le site Indépendance des chercheurs, on lit :

Sans doute, il serait utile d’ajouter à ce débat une réflexion sur le rôle des intérêts privés dans la définition de politiques que l’on cherche à justifier par un « intérêt général » supposé. Voir nos articles du 28 novembre et du 29 novembre.

Par exemple, les intérêts d’un grand groupe privé comme le groupe Bolloré dans le domaine de la recherche sont connus de longue date. Un article publié par Les Echos le 27 novembre 2006, intitulé « Bolloré met ses batteries en voiture » faisait déjà apparaître que les « recherches depuis 1992 » de ce groupe industriel « se sont appuyé[e]s sur les travaux menés par le CEA, EDF et différents laboratoires du CNRS ».

Les rapports entre le groupe Bolloré et le secteur public vont donc beaucoup plus loin que ce qui avait été dévoilé à l’occasion des vacances de Nicolas Sarkozy à Malte. Raison de plus pour éviter, au niveau gouvernemental et ailleurs, toute apparence de risque de confusion d’intérêts.

D’après Wikipédia, Valérie Pécresse est fille du président de Bolloré Télécom et mariée au directeur général délégue d’Imerys. Il s’agit de deux multinationales avec des intérêts directs dans la recherche et la technologie de pointe. Valérie Pécresse a été nommée à un ministère stratégique le 18 mai 2007. Dans les jours précédents, le voyage à Malte de Nicolas Sarkozy, aux frais de Vicent Bolloré avec notamment un jet de son groupe, avait déclenché une sérieuse polémique. Quelques mois plus tard, la même polémique rebondissait avec le voyage de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni en Egypte. » Précisément, les multinationales seront les grandes bénéficiaires de l’actuel processus de démolition de la recherche publique et des universités.

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Séminaires hors les murs en février 2009

L’université n’est pas simplement un établissement professionnellement géré, elle existe partout où ses valeurs et ses activités sont discutées et partagées

Le laboratoire « Communication, Culture et Société » ainsi que les masters en Sciences de la communication de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines de Lyon s’associent à l’action de résistance de l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a démarré le 2 février 2009 (voir : www.sauvonsluniversite.com).

Pendant le mois de février 2009 nos activités de séminaires, cours, réflexion, dialogue, partage intellectuel se dérouleront hors les murs dans des lieux culturels et associatifs.

Nous remercions très vivement la galerie Mathieu (48 rue Burdeau) et le Centre de Documentation et de Recherche sur les Alternatives Sociales (27 montée Saint-Sébastien)

Plus d’informations : voir le site du laboratoire (http://c2so.ens-lsh.fr).

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Pour en savoir plus sur les réformes et leurs sous-bassements idéologiques, un livre récemment paru pourrait s’avérer un bon compendium :

http://www.liens-socio.org/article.php3 ?id_article=4226

Je copie-colle la critique qui en a été faite sur « Liens socio » :

« Le cauchemar de Humboldt. Les réformes de l’enseignement supérieur européen

Un ouvrage sous la direction de Franz Schultheis, Marta Roca i Escoda et Paul-Frantz Cousin (Raisons d’agir, coll. « Cours et Travaux », 2008, 231 p., 17 €)

Par Igor Martinache

Philosophe, linguiste diplomate et ministre, Wilhelm von Humboldt prit également le temps de fonder, en 1810, l’Université à Berlin qui porte aujourd’hui son nom. Son projet est alors visionnaire puisqu’il décide d’y réunir différentes disciplines afin que professeurs et étudiants de divers horizons se confrontent pour mener de cette manière une « libre recherche », affranchie des systèmes philosophiques et autres préjugés [1]. Significativement, aussi illustre en Allemagne que son naturaliste de frère Alexander, Humboldt est peu connu de ce côté-ci du Rhin. Une lacune que semblerait devoir combler la mise en place d’un « espace européen de l’enseignement supérieur », initiée par la « Déclaration de Bologne » que signent les ministres de l’Éducation de 29 États européens le 19 juin 1999 [2]. Un texte qui marquait en fait surtout le ralliement de vingt-cinq de ses responsables à la volonté exprimée un an plus tôt par leurs collègues français, britannique, allemand et italien dans la « déclaration de la Sorbonne » du 25 mai 1998, impulsé par les seuls ministres [3]. Si cette harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur semble partir d’une bonne intention, venant infléchir la pente par trop mercantile de la construction européenne et permettre enfin l’émergence d’une conscience européenne [4]. Hélas, si elles posent les bases d’une telle Europe de la connaissance, c’est sur son plus petit dénominateur commun que les modalités de cette mise en œuvre de cette déclaration se sont appuyées, à savoir la culture gestionnaire.

Telle est donc la démonstration des différents contributeurs de cet ouvrage, issu du colloque « Les systèmes d’enseignement nationaux et les catégories nationales de pensée » organisé par le réseau ESSE (pour un réseau des sciences sociales européennes) à Coppet (Suisse) en 2004, mais auquel les réformes actuellement en cours dans les universités françaises viennent -malheureusement- redonner une actualité brûlante. La marchandisation de l’enseignement supérieur dont il est question passe ainsi par une uniformisation gestionnaire des cursus, qui, faisant fi des spécificités disciplinaires, largement inspirée des préconisations de l’OCDE (organisation pour la coopération économique et le développement) pour l’invention d’une « prestation de service éducatif » uniforme. Celle-ci passe ainsi par la mise en œuvre d’instruments a priori neutres – illusion savamment comprise et entretenue par les dirigeants contemporains [5] – tels que la tripartition des parcours en 3, 5 ou 8 ans (le fameux « LMD » (Licence-Master-Doctorat) dans la terminologie française) au détriment des diplômes intermédiaires, la modularisation de l’enseignement allant de pair avec la mise en place du système de « crédits » transférables (les ECTS – European Credits Transfer System) entre établissements européens, favorisant a priori la mobilité des étudiants -mais pas n’importe lesquels-, mais surtout réduisant la valeur des enseignements à leur seule mesure horaire. C’est surtout l’autonomisation accrue des établissements, encourager à quêter leurs propres ressources à travers la mise en place de chaires sponsorisées par des entreprises privées, ou la mise en place de frais d’inscription – quand elle n’était pas encore mise en œuvre- de plus en plus élevés, avec la privatisation pure et simple en ligne de mire. Bref, bien plus qu’une simple harmonisation des contenus d’enseignement, c’est bien un « projet de grande envergure visant à transformer les conditions de production et de diffusion du travail intellectuel » qui est ainsi dessiné depuis « Bologne », avec la réduction de l’éducation supérieure à un service standardisé de formation assuré par des universités mues en entreprises compétitives pilotées par de véritables managers initiant projet après projet et visant bien davantage à assurer la « professionnalisation » des étudiants qu’à cultiver leur esprit critique, ainsi que le montre bien Sandrine Garcia dans sa contribution. « La réduction de la durée moyenne des études sous le régime du bachelor [la nouvelle « Licence » française] s’accompagne d’un renforcement du caractère scolaire de l’apprentissage et d’un abaissement du niveau des connaissances et des compétences scientifiques pour la majorité des étudiants [...] Le prix à payer sera, en dehors des nouvelles inégalités sociales en matière d’accès aux biens culturels, du côté de la capacité de réflexion critique autonome et des compétences scientifiques « moyennes » » résument en introduction Franz Schultheis, Marta Roca i Escoda et Paul-Frantz Cousin.

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Motions de la coordination universitaire le 22 janvier : le 2 février l’université s’arrête

La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universités. Elle a voté les motions suivantes :

Motion n°1 :

La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.

Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :

1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs

2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré

l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée : le 2 février 2009 l’université s’arrête.

Unanimité moins 3 voix contre

Motion n°2 :

La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.

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L’appel des appels

Cet appel circule, et rejoint tout à fait l’enjeu d’une convergence des luttes :

http://www.appeldesappels.org/

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de « l’homme économique », le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois « naturelles » du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en « faillite » le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »

Le 22 décembre 2008,

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Depuis quelques temps circule sur le web l’appel d’offre pour les ministères de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la « veille de l’opinion » : doté de 200000 euros, il s’agit d’un appel invitant les sciences humaines et sociales à participer au Grand Œuvre Sécuritaire de l’État français, en contribuant à la surveillance des débats, leaders d’opinion, et réseaux susceptibles d’exercer encore une pensée critique.

Olivier Ertzscheid, dans son blog http://affordance.typepad.com/ affo…, a décidé de répondre à sa manière à cette juste et légitime exigence de notre ministère. J’espère qu’il ne nous en voudra pas de relayer ici son action : http://affordance.typepad.com/mon_w….

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Le site Indicipline, qui a pour but d’accueillir les articles de fondse complète d’un forum destiné aux échanges, au débat d’idée et la réactivité. L’adresse de ce forum est la suivant : http://indiscipline.fr/forum/

Il estaccessible en cliquant sur l’onglet « Forum » au dessus du bandeau de titre du site.

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