Archive for février, 2009

mardi 10 février 2009 de 10h à 12h30

Giovanna Leonne (Professeure de Psychologie sociale, Département de sociologie et communication, La Sapienza, Rome) interviendra sur le thème : « L’élaboration collective du souvenir de la guerre. Notes sur les processus de déconstruction de l’image de l’ennemi« .

Séance proposée par le laboratoire hors les murs GRePS (Groupe de Recherche en Psychologie Sociale) de l’Université Lyon 2

Lieu : dans un espace “inhabituel”, Le Périscope. Il s’agit d’une salle de concert (http://www.periscope-lyon.com) qui est aussi consacrée aux enseignements de l’Université Populaire (http://uplyon.free.fr). Un énorme merci pour leur accueil.

Au Périscope (13 rue Delandine, 69002 Lyon)

métro + tram : Gare Perrache

    grandverreSi les débats autour de l’université et de la recherche sont si passionnés, c’est qu’ils ne se résument en aucun cas à des revendications corporatistes. En arrière plan des « réformes » en cours, il y a des visions du monde et des choix de société.

    Si je suis attaché à mon métier d’universitaire, c’est parce qu’il porte justement des conceptions du monde et du rapport aux autres. Disons, pour faire court, quelque chose qui a à voir avec l’humanisme et que les régimes autoritaires et bureaucratiques, de droite comme de gauche, ont toujours combattu.

    C’est ça, qui est en jeu depuis quelques années à l’université, et non nos payes, notre organisation ou nos supposés avantages. Ce qui se joue, c’est la lutte entre une vision de la société comme quelque chose d’égalitaire où la connaissance est considérée comme un patrimoine et un bien PUBLIC, contre une société de la concurrence, inégalitaire, où la connaissance, transformée en marchandise, se retrouvera privatisée et mise au service de quelques privilégiés.

    Je suis bien conscient que le comportement quotidien de bien des universitaires – de droite comme de gauche – n’a rien d’humaniste, et ce, depuis bien longtemps. Pour autant, il ne faut pas confondre la manière dont les individus actualisent les possibilités d’un système, et les règles de ce système. Si l’autoritarisme bureaucratique des actuelles réformes gagne, il n’y aura plus aucune place pour l’humanisme : la barbarie bureaucratique aura gagné.

    Pour le moment, nous héritons encore des derniers vestiges de l’humanisme et des Lumières : un savoir n’est pas une « donnée » échangeable sur un marché, mais quelque chose de construit collectivement et mis au service, souvent gratuitement, de la collectivité, dans le contexte d’une discussion publique entre pairs (la thèse, par exemple) ayant pour objectif l’établissement d’une vérité concernant une portion délimitée du réel. C’est pour cela que nous sommes des scientifiques ET des intellectuels, et non de simples techniciens de la connaissance : nous élaborons collectivement des discours à prétention de vérité portant sur la nature, les sociétés ou les individus, en principe dans le but de contribuer à une vie plus juste.

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    Sur le site Indépendance des chercheurs, on lit :

    Sans doute, il serait utile d’ajouter à ce débat une réflexion sur le rôle des intérêts privés dans la définition de politiques que l’on cherche à justifier par un « intérêt général » supposé. Voir nos articles du 28 novembre et du 29 novembre.

    Par exemple, les intérêts d’un grand groupe privé comme le groupe Bolloré dans le domaine de la recherche sont connus de longue date. Un article publié par Les Echos le 27 novembre 2006, intitulé « Bolloré met ses batteries en voiture » faisait déjà apparaître que les « recherches depuis 1992 » de ce groupe industriel « se sont appuyé[e]s sur les travaux menés par le CEA, EDF et différents laboratoires du CNRS ».

    Les rapports entre le groupe Bolloré et le secteur public vont donc beaucoup plus loin que ce qui avait été dévoilé à l’occasion des vacances de Nicolas Sarkozy à Malte. Raison de plus pour éviter, au niveau gouvernemental et ailleurs, toute apparence de risque de confusion d’intérêts.

    D’après Wikipédia, Valérie Pécresse est fille du président de Bolloré Télécom et mariée au directeur général délégue d’Imerys. Il s’agit de deux multinationales avec des intérêts directs dans la recherche et la technologie de pointe. Valérie Pécresse a été nommée à un ministère stratégique le 18 mai 2007. Dans les jours précédents, le voyage à Malte de Nicolas Sarkozy, aux frais de Vicent Bolloré avec notamment un jet de son groupe, avait déclenché une sérieuse polémique. Quelques mois plus tard, la même polémique rebondissait avec le voyage de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni en Egypte. » Précisément, les multinationales seront les grandes bénéficiaires de l’actuel processus de démolition de la recherche publique et des universités.

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    Séminaires hors les murs en février 2009

    L’université n’est pas simplement un établissement professionnellement géré, elle existe partout où ses valeurs et ses activités sont discutées et partagées

    Le laboratoire « Communication, Culture et Société » ainsi que les masters en Sciences de la communication de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines de Lyon s’associent à l’action de résistance de l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a démarré le 2 février 2009 (voir : www.sauvonsluniversite.com).

    Pendant le mois de février 2009 nos activités de séminaires, cours, réflexion, dialogue, partage intellectuel se dérouleront hors les murs dans des lieux culturels et associatifs.

    Nous remercions très vivement la galerie Mathieu (48 rue Burdeau) et le Centre de Documentation et de Recherche sur les Alternatives Sociales (27 montée Saint-Sébastien)

    Plus d’informations : voir le site du laboratoire (http://c2so.ens-lsh.fr).

      S’appuyant sur les mensonges propagés par les tutelles gouvernementales, une vague de critique de la sinécure universitaire enfle de blogs en forums : les universitaires et les chercheurs – quel scandale Mme Michu ! – ne seraient pas évalués ! On nous cache des choses, et que fait-on de nos impôts, je vous l’demande ?

      Contre cette désinformation, et contre les préjugés et autres idées fausses qui circulent en ce moment, voici une mise au point rappelant quelques données de base sur l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Car il est faux, archi-faux, de dire que la recherche ne serait pas évaluée : elle l’est en permanence.

      Voilà, schématiquement, à quoi ressemble le parcours typique d’un universitaire :

      escalier-livresD’abord, il y a la formation initiale : de la licence au Master 2. A chaque étape, il s’agit d’une formation à la recherche par la recherche. Du moins, en ce qui concerne les formations que je dirige, et qui sont orientées vers les professions de la recherche. Ensuite, vous êtes admis en thèse, sur la base d’un projet, généralement définit dans votre Master 2. C’est une commission qui valide cette inscription : elle ne se fait pas sur la seule fantaisie du doctorant et de son directeur de thèse. Ensuite, vous menez des travaux de recherche durant 3 à 6 ans, voire plus parfois en SHS. Chaque année vous devez fournir un dossier pour demander, à une commission et à votre directeur de thèse, une réinscription. Enfin, vous arrivez à la fin de ce premier parcours, et si vous vous estimez capable de soutenir votre thèse, vous en demandez l’autorisation à votre directeur de thèse. Celui ci vous dit oui ou non, mais s’il vous dit oui, il doit avant tout le signaler au directeur de l’École Doctorale qui contrôle la légalité formelle de la procédure, qui doit être publique.

      Je passe les détails, mais avant la constitution d’un jury, on envoie votre document à deux rapporteurs, qui sont spécialistes du domaine que vous traitez, et qui évaluent votre dossier (publications, formation, participation à la vie de la communauté, responsabilités) et votre thèse. Ces deux rapporteurs écrivent un rapport argumenté qui autorise, ou pas, la soutenance et qui sert d’argumentation préalable pour le doctorant et son directeur, ainsi que pour le président du jury.

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      statlerjpg1Un même mouvement de réformes réactionnaires frappe l’ensemble des champs du savoir, de leur production à leur transmission, de l’Ecole à l’université. Ces réformes s’installent avec autoritarisme et convergent dans la direction d’une bureaucratisation des métiers du savoir, et de leur assujettissement aux pouvoirs économiques et politiques.

      Ce mouvement régressif, du point de vue des plus élémentaires libertés démocratiques et d’une conception humaniste du savoir, s’installe dans la brutalité. Il nécessite une analyse globale. Il ne s’agit en effet pas seulement de réformes réactionnaires, mais sans doute d’un changement sociologique important qu’on ne comprendrait qu’imparfaitement si on n’y voyait que la trace des idéologies étroites de l’actuel gouvernement : il y a sans doute plus en jeu.

      L’une des clés de lecture – non exclusive et certainement insuffisante – peut être trouvée dans le changement de la démographie française. Je me contenterai ici de signaler cette piste. Je ne vais pas faire dans la subtilité universitaire : il n’y a rien de très subtil à analyser, et nous sommes confrontés à une telle brutalité et à des enjeux suffisamment vitaux pour qu’on laisse la rhétorique molle de l’universitaire au placard, du moins pour cette fois.

      En 1946, la part des 18-24 ans et celle des 65 ans et plus dans la population étaient à peu près équivalentes (respectivement 12,9 % et 12,5 %). En 2007, la part des seniors est presque deux fois plus importante que celle des jeunes (respectivement 18 % et 9,8 %). En chiffres absolus, les 65 ans et plus ont dépassé les 10 millions. [[Mariette Sineau, Effets de genre, effets de génération ? Le vote hommes/femmes à l’élection présidentielle 2007, Revue française de science politique, Vol 57, n° 3-4, juin-août 2007, p. 353-369.]]

      Le retour aux « fondamentaux » autoritaristes de l’avant 68 s’explique finalement assez bien quand on fait un lien entre le vieillissement de la population française et la droitisation de son opinion publique : Sarkozy n’a pas été élu par la jeunesse et ne représente aucunement – les statistiques et diverses études le prouvent – un élan de la jeunesse vers un avenir radieux. Non, comme certains démographes et politologues l’ont montré, le vieillissement de la population française (et plus généralement celui de la population des régions industrialisées de l’hémisphère nord : Europe, Canada, USA) porte le plus souvent des valeurs réactionnaires, xénophobes, et également hostiles au savoir. D’autres études sont disponibles, qui montrent de plus une certaine détestation des jeunes. Ainsi, selon une enquête de l’INSEE portant sur la Perception et le vécu des comportements intolérants (enquête « Histoire de vie ») [[http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es393-394h.pdf ]] : Lire la suite

      mercredi 11 février 2009 de 9h30 à 17h

      Journée d’étude organisée par le laboratoire hors les murs « Communication, culture et société » (C2So), ENS-lsh

      « Modèles économiques et discours à propos d’économie dans les musées »

      Contact : Joëlle Le Marec et Ekaterina Scherbina

      Lieu : Galerie Mathieu, 48 rue Burdeau

      Les intervenants de cette journée seront :

      - Françoise Benhamou (Université de Rouen)
      - Eric Delamotte (Université de Lille), Sophie Deshayes (C2SO, ENS-lsh)
      - Anne Gombault (Ecole de management de Bordeaux)
      - François Mairesse (Musée Royal de Mariémont, Belgique)
      - Ekaterina Scherbina (C2SO, ENS-lsh).

        4 février 2009 de 14h à 17h

        Séminaire du cluster 14 : Nouvelles frontières, nouveaux objets, 2009

        La première séance 2009 du séminaire « Nouvelles frontières, nouveaux objets », du cluster de recherche « Enjeux et représentations des sciences, des technologies et de leurs usages » (cluster 14) portera sur le thème « Penser la trivialité »

        Elle aura lieu de 14h à 17h au Centre de Documentation et de Recherche sur les Alternatives Sociales (CEDRATS) Centre Michel-Marie Derrion, 27 montée Saint-Sébastien, 69001 Lyon – metro croix-paquet ou hotel de ville

        Intervenants :

        - Monsieur Yves Jeanneret

        Professeur à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, membre du laboratoire Culture et communication, directeur de recherche dans le programme de doctorat international Muséologie, médiation, patrimoine, Yves Jeanneret mène en dirige des recherches sur la circulation des savoirs, l’écriture, les transformations médiatiques et l’épistémologie de sciences sociales Enseignant – Chercheur / Professeur d’Université Responsable de la mention de Master Stratégie du développement culturel Membre du Collège des études doctorales Membre du Conseil scientifique.

        - Monsieur Brian Wynne

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        4 février 2009 de 10h à 12h

        De 10h à 12h, conférence du professeur Thomas Kisser (Université de Munich) philosophe, chercheur invité à l’ENS-lsh :

        « La société comme communication – il n’y a qu’une seule société, la société mondiale ».

        Séance proposée par le laboratoire hors les murs « Communication, Culture et Société » de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines.

        Cette séance sera l’occasion de présenter les travaux de Niklas Luhmann sur la communication, travaux non encore traduits en français.

        Elle se déroulera au Centre de Documentation et de Recherche sur les Alternatives Sociales (CEDRATS)

        Centre Michel-Marie Derrion

        27 montée Saint-Sébastien

        69001 Lyon

        Tél. 04 78 29 90 67

        metro croix-paquet ou hotel de ville

        Merci à Clémence Emprin pour sa participation.

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