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JOURNÉE D’ALERTE SERVICES PUBLICS

Salle Rameau, Lyon, samedi 16 mai 2009
(09h00-13h00 / 14h00-21h00)
1 rue Hippolyte Flandrin (69001, Lyon)
Entrée libre

Suite à « Navire Night. La Nuit blanche de l’université » (conférences scientifiques interdisciplinaires et performances artistiques, Université Lumière Lyon 2 et inter-sites, 8-9 avril 2009), le collectif universitaire qui a initié cette manifestation poursuit son action avec une « Journée d’alerte Services Publics ».

Cette nouvelle action s’inscrit dans la continuité de la mobilisation du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche contre un plan gouvernemental de réformes visant à en déconstruire les statuts, les structures et les valeurs. Mais ce sont les services en général qui sont gravement menacés par une révision des politiques publiques touchant la plupart des secteurs, notamment l’éducation dans son ensemble, l’information, la culture, la justice, la santé, et quantité d’autres besoins fondamentaux… C’est pourquoi il s’agit d’étendre l’action et de contribuer à une convergence des mobilisations, comme y incite la multiplication des appels en France, en Europe.

Quelques constats possibles : 1. Les réformes engagées dans différents secteurs sont pour beaucoup similaires par leur logique et leur idéologie. 2. Le caractère à la fois chaotique et systématique de ces réformes, ainsi que leur caractère autoritaire, vont à l’encontre des positions largement exprimées par les communautés concernées, ainsi que par nombre de citoyens bénéficiant des services qu’elles ont en charge. 3. Les communautés concernées, loin d’un supposé immobilisme, sont les premières à se préoccuper sans cesse d’une amélioration de leurs services, mais elles refusent la prétention au réformisme lorsque celui-ci est estimé dangereux pour la République.

La « Journée d’alerte Services Publics », ouverte à tous les publics, se présente sous la forme de conférences, de  tables rondes et de témoignages suivis de débats, au plus près de la conjoncture. En sollicitant des compétences respectives, il paraît d’abord nécessaire d’exposer des dossiers complexes, aussi objectivement que possible, selon une tâche d’information. Il paraît également nécessaire de proposer à la réflexion des éléments d’analyse et de proposition, selon une tâche critique.

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Il devient insupportable de devoir en permanence célébrer la nécessaire mutation de tout ce qui semble “figé”, c’est-à-dire vivant dans une échelle temporelle autre que celle des “années de chien”, selon l’expression employée par un informaticien pour l’échelle des changements technologiques (une année pour sept). Les luttes actuelles sont  donc nécessaires. Mais  l’anticipation des destructions, anticipation nécessaire à la mobilisation, nous amène parfois à considérer comme condamnés les environnements et les dynamiques quotidiennes menacées et donc à les frapper d’insignifiance. Pourquoi perdre du temps au soin et à l’attention quotidienne pour ce qui est bien vécu ici et maintenant puisqu’il faut s’occuper à plein temps de combattre les tendances de destruction ?  Si nous raisonnons ainsi, nous sommes déjà morts. Selon moi, la lutte et la critique n’ont d’intérêt que s’ils s’accompagnent de l’effort constant pour compter précisément avec tel lieu, tel équipe, telle configuration, telle personne et leur donner sans cesse la même densité et la même réalité expérientielle et discursive que ce  contre quoi nous luttons.

Mais comment parvenir à le penser ? De quoi s’agit-il ?

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Séminaires hors les murs en février 2009

L’université n’est pas simplement un établissement professionnellement géré, elle existe partout où ses valeurs et ses activités sont discutées et partagées

Le laboratoire “Communication, Culture et Société” ainsi que les masters en Sciences de la communication de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines de Lyon s’associent à l’action de résistance de l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a démarré le 2 février 2009 (voir : www.sauvonsluniversite.com).

Pendant le mois de février 2009 nos activités de séminaires, cours, réflexion, dialogue, partage intellectuel se dérouleront hors les murs dans des lieux culturels et associatifs.

Nous remercions très vivement la galerie Mathieu (48 rue Burdeau) et le Centre de Documentation et de Recherche sur les Alternatives Sociales (27 montée Saint-Sébastien)

Plus d’informations : voir le site du laboratoire (http://c2so.ens-lsh.fr).

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Par Francis Chateauraynaud

Dans un entretien accordé à Libération, le 15 novembre 2008, « Veille d’opinion dans l’Education : “En aucun cas on ne peut parler de fichage” » http://www.liberation.fr/societe/0101266365-veille-d-opinion-dans-l-educ, la direction de la communication des ministères de l’Education Nationale (MEN) et de l’Enseignement Supérieur et la Recherche (MESR), tente de justifier le contenu de l’appel d’offre qui a circulé sur la toile la semaine dernière et provoqué l’indignation de nombreux citoyens, internautes, dont beaucoup d’enseignants et d’enseignants-chercheurs. En guise de réponse à cette indignation, on trouve la très classique rhétorique de l’incompréhension. On nous explique qu’ « en aucun cas, on ne peut parler de fichage ou de surveillance », et qu’ « il ne s’agit absolument pas d’identifier des cas individuels ou de constituer des fiches nominatives ». Il s’agirait donc d’un pur « fantasme ». Mais si la direction de la communication estime qu’il y a eu un méchant « amalgame », elle ne va pas jusqu’à parler de « paranoïa » – ce qui est pourtant un anathème fréquent dès lors que l’esprit critique prend la parole pour aller au-delà de la langue de bois communicationnelle. Pour rassurer l’ « opinion », notre responsable ajoute que ce type d’appel d’offre a déjà eu lieu et que la seule nouveauté réside cette année dans l’ajout de « précisions » dans le cahier des clauses particulières – c’est-à-dire le document qui précise les éléments du cahier des charges acceptés par le ou les futurs prestataires : « nous parlons notamment de repérer des ’leaders d’opinion’, les ’lanceurs d’alerte’, etc. Mais ce vocabulaire a été mal interprété, particulièrement le second terme. Or s’agissant d’un appel d’offres, il nous fallait préciser au maximum le produit que l’on demande à la société prestataire. Et nous avons utilisé la terminologie habituelle pour ce type de service. »

Il se trouve que je suis l’auteur, avec Didier Torny, de la notion de « lanceur d’alerte », notion créée dans un but précis, au cours de travaux sur les risques sanitaires, environnementaux et technologiques menés entre 1995 et 1999. De quelles alertes nous parle-t-on dans ce marché public sinon de prises de parole critiques assumées par des personnes, expressions qui relèvent de la citoyenneté, de la protestation et du débat démocratique sur les enjeux du service public d’enseignement et de recherche ? On nous dit qu’il s’agit d’être « précis » mais on utilise une notion sans voir que son sens est dévoyé dans le contexte. Soyons clairs : la notion de lanceur d’alerte désigne un individu ou un groupe qui passe une information problématique, inquiétante ou incertaine à d’autres, en les interpellant sur des événements ou des faits non encore vérifiés et sur leurs conséquences éventuelles. Ce faisant il amorce un processus de mise en discussion d’un danger ou d’un risque, et ce processus a une visée collaborative. Lorsque l’alerte est déniée ou maltraitée, comme ce fut le cas à plusieurs reprises dans l’histoire récente (du sang contaminé aux excès de sel dans l’alimentation, en passant par l’amiante ou les pesticides) la critique se développe très socio-logiquement, le lanceur d’alerte devient un porteur d’alerte ou passe le relais à des acteurs critiques, et il devient impossible de dissocier alerte et dénonciation. Le rôle de lanceur d’alerte ou de tireur d’alarme, que tout le monde peut prendre, fonctionne assez bien quand l’alerte est détachable des personnes et qu’un accord se forme sur le sens du message et les suites à lui donner.

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Motions de la coordination universitaire le 22 janvier : le 2 février l’université s’arrête

La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universités. Elle a voté les motions suivantes :

Motion n°1 :

La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.

Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :

1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs

2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré

l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée : le 2 février 2009 l’université s’arrête.

Unanimité moins 3 voix contre

Motion n°2 :

La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.

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L’appel des appels

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Cet appel circule, et rejoint tout à fait l’enjeu d’une convergence des luttes :

http://www.appeldesappels.org/

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de “l’homme économique”, le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois “naturelles” du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en “faillite” le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »

Le 22 décembre 2008,

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Depuis quelques temps circule sur le web l’appel d’offre pour les ministères de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la “veille de l’opinion” : doté de 200000 euros, il s’agit d’un appel invitant les sciences humaines et sociales à participer au Grand Œuvre Sécuritaire de l’État français, en contribuant à la surveillance des débats, leaders d’opinion, et réseaux susceptibles d’exercer encore une pensée critique.

Olivier Ertzscheid, dans son blog http://affordance.typepad.com/ affo…, a décidé de répondre à sa manière à cette juste et légitime exigence de notre ministère. J’espère qu’il ne nous en voudra pas de relayer ici son action : http://affordance.typepad.com/mon_w….

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goyaQu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, minorité dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. (E. Kant, 1784)

La situation de l’enseignement supérieur et de la recherche

De toute évidence, au rythme où avancent les réformes, la recherche de qualité – c’est à dire la recherche qui se développe dans des temporalités et en fonction d’objectifs non uniquement utilitaristes, techniques ou mercantiles – va disparaître. Dans le secteur des sciences humaines et sociales, il est maintenant évident que l’enjeu est de préserver non pas nos laboratoires, ni nos budgets (bien que cela compte évidemment), mais tout simplement un minimum de liberté intellectuelle afin de pouvoir nous consacrer à autre chose qu’à accompagner l’innovation technologique auprès des citoyens, puisque c’est ce rôle que nos tutelles et le marché souhaitent nous voir endosser : accompagnement idéologique que l’on construit sous la forme (et avec la rhétorique mensongère) du « débat », de la « concertation », et où les SHS sont supposées « mettre de l’huile » afin de favoriser « l’acceptabilité » de mesures ou d’innovations qui ne sont en réalité jamais discutée ni remises en cause.

Confrontés à une bureaucratie écrasante, au mépris de nos institutions, au régime de l’urgence, à des réformes continuelles et toutes plus absurdes les unes que les autres, à la dépolitisation croissante des enseignants et des chercheurs, nous nous avançons benoîtement vers la privatisation de l’enseignement supérieur et de la recherche (déjà bien entamée, même en SHS, avec la diffusion au sein des structures des acteurs du marché ou des valeurs de la concurrence). Dans ce processus de transformation structurelle et idéologique, c’est toute la fonction critique des SHS qui est en train de disparaître au profit d’une fonction d’accompagnement technique d’une conception du « progrès » (industriel, technologique, économique, etc.) dont on sait les dégâts au plan écologique. On ne peut donc plus se satisfaire d’une coupure entre sciences humaines et sciences de la nature en ce qui concerne les enjeux écologiques : en ce moment, une partie des SHS participe du mouvement de destruction de la planète et il est nécessaire que nous prenions conscience du rôle souvent ambigu que nous jouons.

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Indiscipline dans L’Autre Campagne

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L’Autre Campagne vient de publier une version résumée de notre article “Culture et savoirs aux prises avec la (dé)raison technocratique”. Nous les en remercions chaleureusement. Pour coller à l’esprit de L’Autre Campagne, nous avons réduit le texte initial à 6500 signes et avons introduit une conclusion plus “opératoire” au plan politique.