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prof_machineLes appels à la grève administrative dans l’enseignement supérieur et la recherche se multiplient, car ce type de grève paraît constituer un bon moyen de lutte contre les réformes en cours : il s’agit de “bloquer” la machine administrative là où ça lui fait mal, c’est à dire au niveau des flux d’information. Cette circulation d’information est en effet elle-même souvent directement reliée aux flux économiques internes aux établissements, aux prises de décision qui les accompagnent, et qui relient les établissements à leurs tutelles.

Mais on ne peut pas appeler à la grève administrative de manière purement théorique sans accompagner ces appels de modalités précises destinées à ne pas pénaliser une autre catégorie de personnels : les personnels administratifs. En effet, on constate que si nous pratiquons la grève des signatures, par exemple pour tous les documents administratifs circulant entre les responsables de formation et leur direction, ce sont les secrétariats qui sont alors en première ligne car leurs responsables exigent d’eux la remise de ces documents, sous peine de sanctions.

Il faut donc demander à tous les grévistes administratifs de “couvrir” leurs secrétariats. Pour cela, les grévistes peuvent signer une lettre type expliquant qu’ils ne fourniront plus à leurs secrétariats le moindre document, et que donc ce n’est pas la faute des secrétaires si rien ne remonte via les parapheurs. A chaque demande de document de la part d’un service administratif, les secrétaires pourraient alors glisser cette lettre type à la place du ou des documents demandés par l’administration.

Cette lettre type pourrait avoir le contenu suivant (à chacun de l’adapter selon son contexte institutionnel) :

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L’appel des appels

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Cet appel circule, et rejoint tout à fait l’enjeu d’une convergence des luttes :

http://www.appeldesappels.org/

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de “l’homme économique”, le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois “naturelles” du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en “faillite” le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »

Le 22 décembre 2008,

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L’enseignement supérieur et la recherche avec l’enseignement secondaire et l’enseignement primaire.

Ce n’est pas seulement par solidarité que nous devons marquer notre soutien au mouvement actuel des lycéens et aux protestations des collègues de l’enseignement primaire et secondaire contre les décisions affectant programmes et organisation des études : c’est aussi parce que ce qui se passe dans les écoles, dans les collèges et dans les lycées est à l’évidence en rapport avec ce qui est en route dans l’enseignement supérieur et la recherche.

La cohérence de la politique du gouvernement dans les domaines de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche apparaît en effet de plus en plus clairement. Il est frappant de constater à quel point, plus que jamais, des logiques analogues et symétriques animent les projets et les décisions dans les trois domaines en même temps. Même centralisation accrue du gouvernement au sein des établissements, mêmes inflexions budgétaires, même réorganisation des programmes et des diplômes, même traitement économique de l’éducation, même désinvolture à l’égard de la qualité d’enseignement, même façon de ne plus placer l’élève ou l’étudiant au cœur du système, même désengagement de l’État : l’action gouvernementale dans les différentes sphères est cohérente. Dictée en apparence par quelques convictions que l’on proclame « frappées au coin du bon sens », elle est en fait profondément idéologique : critique de la fonction publique budgétivore, flexibilité accrue contre la « rigidité des statuts », remise en cause systématique des disciplines que l’on dénonce comme « rétrogrades », rentabilité et évaluation non contradictoire et non paritaire.

En définitive, la politique d’enseignement semble par moments se résumer à la nécessité de diminuer le nombre de fonctionnaires, comme si l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur et la Recherche étaient des variables d’ajustement du budget de l’État.

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Romanesque et le Passager Clandestin

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Comment aujourd’hui peuvent naître et se développer des alliances entre des acteurs qui cherchent à défendre des formes d’action et de création indépendantes dans des milieux a priori très différents (création littéraire, milieu éditorial, recherche, éducation populaire) ?

Comment repérer et faire vivre ces alliances dans le contexte asphyxiant d’une injonction permanente à communiquer, promouvoir, rendre visible des initiatives qui la plupart du temps relèvent essentiellement du marché de l’innovation ?

Un exemple parmi d’autres nous en est donné avec la parution du roman « Romanesque » aux toutes nouvelles éditions du Passager Clandestin (en librairie, diffusion Pollen). Ce sont les nouveaux outils techniques d’aide à l’écriture et le contexte électoral qui ont inspiré son roman Romanesque 2.0 à Olivier Las Vergnas, par ailleurs astrophysicien, acteur de l’éducation populaire, directeur de la Cité des Métiers.

Ce roman paraît dans une maison d’édition créée ex-nihilo tout récemment : Le Passager Clandestin.

Ce que de telles initiatives montrent, c’est que la rationalisation forcenée des modes de production de l’innovation, y compris dans le domaine de la création littéraire, de l’édition, de la critique, ne peuvent pas empêcher l’initiative de recréer des espaces propres qui mobilisent à chaque fois de nouveaux collectifs.

C’est une dynamique toujours fragile, souvent saluée sur le mode ambigu d’une promotion de l’éclectisme et des démarches « expérimentales » pour mieux en minimiser la portée, mais qui peut fonctionner grâce aux liens entre des réseaux qui échappent aux déterminations politiques et professionnelles classiques. Ces réseaux ne se développent pas sur le mode d’une création marginale, clandestine, ils sont animés par des universitaires, des éditeurs, des acteurs institutionnels, des artistes, des militants, qui ne trouvent plus dans leurs milieux institutionnels professionnalisés les espaces d’action et de réflexion critique libre.

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