Rubrique "Criticas"


Standard & Poor’s : faire de la pauvreté un standard

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L’Europe angoisse face aux agences internationales de notation, qui font du bench marking une arme d’asservissement massive des peuples : la Grèce, le Portugal et maintenant l’Espagne sont sommés de changer de politique, de supprimer des postes de fonctionnaires, de réduire leur dette publique en faisant appel à des taux d’usuriers auprès de banques qui, elles, feront des bénéfices sur ces mêmes prêts, enclenchant un cycle pervers de nouvel assujettissement du politique à l’économique.

Mais Standard & Poor’s, ce n’est pas une abstraction : ce sont des gens, avec des bureaux, des ordinateurs, en Europe, aux USA, en Amérique latine, etc. Ces agences ne sont pas des entités surpuissantes et intouchables. En France, Standard & Poor’s c’est à deux pas de chez nous, en plein Paris :

http://www.standardandpoors.com

23 Rue Balzac cedex 08 Paris , France 75406
11-13, Avenue de Friedland Paris, France 75406

Je m’étonne que l’on ne mette pas la pression sur ces agences pour qu’elles cessent leurs actions de déstabilisation. Après tout, des milliers de familles vont souffrir en Grèce, au Portugal,  peut-être en Espagne, pourquoi pas en France bientôt, suite à leurs actions. Au nom de quoi devrait on les laisser faire ?

En attendant, voici quelques images de contre-propagande : cliquez dessus pour les agrandir, et n’hésitez pas à les diffuser.

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Aujourd’hui, j’ai reçu cette magnifique définition des différentes rubriques de l’animation scientifique dans un mai envoyé par notre administration de la recherche à tous ses personnels :

Rappelons qu’un colloque n’est pas une journée d’études ou un séminaire. Un colloque a une ampleur nationale ou internationale ; les journées d’études et les séminaires sont des activités internes aux laboratoires qui les financent sur leurs propres budgets.

On ne peut qu’être impressionné par le changement de définition des termes “colloques, “journée d’étude” et “séminaire”, dont la différence n’était pas, il y a peu, présentée uniquement sous l’angle de l’amplitude géographique et du mode de financement. Traditionnellement, un colloque est un espace de discussion scientifique régulé par des normes de sélection des propositions de communication, et qui suppose un comité scientifique et des lectures en double aveugle des papiers. Une journée d’étude est, en revanche, un espace de débat scientifique qui se passe de ces règles de sélection : les intervenants sont sollicités pour faire avancer un thème scientifique en privilégiant la fluidité des échanges sur les formalismes scientifiques. Enfin, un séminaire est destiné à la réflexion quotidienne, c’est le fonctionnement normal des laboratoires qui souhaitent avoir, ce qui devrait être le cas de tous, une activité d’animation de la recherche et de formation doctorale. Pas besoin de définir tout cela par l’appel aux modes de financement ou à “l’ampleur” géographique :  un colloque peut n’avoir qu’une ampleur régionale, et un séminaire peut faire intervenir des conférenciers étrangers. Les trois dispositifs sont tous aussi essentiels à la vie scientifique et intellectuelle, quelle que soit leur ampleur géographique et leur mode de financement. Le document accompagnant ce mail module quelque peu le caractère abrupt de ces nouvelles définitions des colloques, journées d’études et séminaires en introduisant en premier point l’idée que le conseil chargé de sélectionner les projets à financer tiendra compte de la “dimension intellectuelle du projet”. Le deuxième point signalé comme important est celui de la “dimension internationale”. Quoi qu’il en  soit, le document ne fait aucunement état des normes scientifiques de sélection qui caractérisaient autrefois la différence entre un colloque et une journée d’études ou un séminaire. Nous devrions mesurer ce que nous perdons – et continuerons de perdre – en acceptant de voir notre métier conformé quotidiennement par des cadres qui ne répondent plus à des exigences scientifiques et qui reposent sur des catégories qui n’ont pas été discutées collectivement.

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A la lecture de la presse quotidienne, et au vu de la vidéo diffusée, je me suis interrogé sur les propos d’Hortefeux que l’intéressé, ministre de l’Intérieur, les membres du gouvernement, dont Fadela Amara, l’UMP, et finalement la Licra, ne trouvent pas racistes.

“Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes…”
(Brice Hortefeux, 5 septembre, sur le campus d’été des Jeunes UMP à Seignosse, dans les Landes)

Brice Hortefeux parlait-il des Auvergnats ?

Ce qui précède, nous semble-t-il, sert de cadre référentiel, et montre l’objet de la phrase sans ambiguïté.

Pourquoi les journalistes du Monde ou de Libé, du Parisien, ne le relèvent-ils pas ?

Voici en effet une transcription personnelle à partir de la version Public Sénat (http://www.youtube.com/watch?v=B4XPV5J_bRI).

1  – Amine, un jeune militant UMP d’origine maghrébine : Monsieur le ministre, c’est possible de faire une photo s’il vous plaît ?
2  – BH : Ah non parce que moi, moi passé les 20 heures, je ne suis plus payé. (rires)
3  – J.-F. Copé : Noubliez jamais un truc, il est Auvergnat !
4  _ BH : Je suis Auvergnat.
5  _ J.-F. Copé : Il est Auvergnat !
6  – J.-F. Copé : C’est un drame ! C’est un drame !
7  – BH : Bon, enfin, je vais faire une exception pour, euh…
8  _ Amine : Bon, bah alors, je me mets entre les deux, alors.. Ouaih, entre les deux…
9  – J.-F. Copé : Oui parce que moi il y a aucun problème, moi je suis très facile,
10 – Les militants alentour : Oh, Amine, Amine, Amine Bravo !
11 – Les militants alentour : Amine !Amine !
12 – J.-F. Copé (?) : Ah ça, Amine, ça c’est l’intégration, ça ! ça c’est de l’intégration !
13 – Une femme : Amine, fran-che-ment…
14 – J.-F. Copé  : Il est bcp plus grand que nous, en plus, ça ne va pas du tout..
15 – X (Copé ?) : Lui, il parle arabe ! (rires)
16 – J.-F. Copé à Amine : Ne vous laissez pas impressionner… C’est des socialistes infiltrés !
17 – X (?), du public : On l’aime bien…
18 – X (?), du public : Il est catholique !
19 – X, femme : Il mange du cochon et il boit de la bière…
20 – Amine : Bah oui (regardant BH)
21 – BH : Ah mais ça ne correspond pas du tout au prototype, alors. C’est pas du tout ça ! (rires)
22 – X (?), du public : C’est notre petit arabe !
23 – BH : Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes…
(qq rires, mais moins)
24 – Allez, bon courage !

Mes conclusions :

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FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE
Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU)
10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS
Tél : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84
Courriel : « libre.pensee@wanadoo.fr »

- COMMUNIQUÉ -

Pour la pleine Séparation de l’Enseignement public et des écoles privées !

Nous avons pris connaissance, par nos Fédérations départementales de la Région Rhône-Alpes, d’une atteinte très grave à la laïcité. Pour la première fois, le Rectorat de Grenoble a décidé qu’un grand nombre de lycées privés seront centres d’examen pour le baccalauréat 2009. La Fédération Nationale de la Libre Pensée ne peut accepter que les élèves passent les épreuves du Baccalauréat, diplôme national et républicain, avec un crucifix au dessus de leur tête ou qu’un employé de l’évêché du diocèse soit le maître à bord lors des examens et donne des ordres aux enseignants fonctionnaires.

L’État français possède le monopole national de la collation des grades. Le baccalauréat est un diplôme d’état, et le principe républicain établit que seuls les établissements laïques qui accueillent tous les élèves sans exception sont habilités pour être les centres d’examens et concours d’État. Selon la Loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur (Art. 1er) : « Les examens et épreuves pratiques qui déterminent la collation des grades ne peuvent être subis que devant les facultés de l’État ».

Notre organisation défend la Loi de Séparation des Églises et de l’État et, à ce titre, demande l’abrogation de toutes les lois antilaïques, en particulier de la loi Debré qui, la première, a permis de considérer de fait les établissements confessionnels comme participant au service public. Elle considère que cette mesure est une atteinte supplémentaire à la laïcité de l’École.

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FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE
Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU)
10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS
Tél : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84
Courriel : « libre.pensee@wanadoo.fr »

- COMMUNIQUÉ -

La loi Falloux est rétablie par décret :
Le fait du Prince contre la République laïque !

Immédiatement, après avoir épuré de sa composante cléricale, le conseil supérieur de l’Instruction publique en votant la loi du 27 février 1880, la majorité républicaine issue des élections des 14 et 28 octobre 1877 et le ministre Jules Ferry portaient un nouveau coup à la loi Falloux du 15 mars 1850 modifiée par celle du 12 juillet 1875, adoptées l’une et l’autre par des assemblées monarchistes. Confiée depuis cinq ans à des jurys mixtes comprenant des membres du clergé, la collation des grades universitaires revenait désormais à l’Etat et à lui seul, conformément à la loi du 18 mars 1880. Jules Ferry avait raison de dire, lors la première séance du conseil supérieur laïcisé, que l’Université devenait « un corps vivant, organisé et libre. » Ce principe éminemment républicain a été sans cesse réaffirmé depuis. L’alinéa premier de l’article L. 613-1 du code de l’éducation, dans sa version issue de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 actuellement en vigueur, dispose que « L’Etat a le monopole de la collation des grades et titres universitaires. »

Après d’autres, ce pilier de la République vient d’être abattu, au moment même où une série de « contre-réformes », également adoptées par décret, contre l’avis de l’ensemble de la communauté universitaire, menacent de destruction l’université française publique et laïque et tout son système de formation non marchand. Par l’effet d’un décret simple, la loi Falloux est partiellement rétablie. Après en avoir été privée pendant cent vingt-neuf ans, la secte romaine retrouve le pouvoir d’intervenir dans la collation des grades universitaires. C’est intolérable.

Par un décret du 16 avril 2009, le président de la République vient, en effet, de publier l’accord de Paris du 18 décembre 2008 par lequel la France et le Saint-Siège ont entendu décliner au plan bilatéral le processus de Bologne initié par la convention du 11 avril 1997 sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région « Europe », ratifiée le 18 septembre 2000. L’une et l’autre acceptent de reconnaître mutuellement « des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité compétente de l’une des Parties ».

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Par Michel Barthélémy, Sociologue, CNRS.

Le quatrième « grand débat de l’EHESS » a eu pour thème la réception de la lettre pétition adressée au comité de visite de l’AERES (1) chargé d’évaluer l’établissement « EHESS » dans son ensemble. Cette évaluation administrative fait suite aux évaluations scientifiques des centres de l’Ecole. Programmée pour la période 27-30 avril, cette visite a finalement été reportée sine die.


La visite administrative serait-elle sans importance ?

La « section des établissements » est l’une des trois sections de l’AERES (les deux autres sections étant : « unités de recherche » et « formations et diplômes ») (2). Elle est compétente pour l’évaluation des universités, établissements d’enseignement supérieur, organismes de recherche, ANR, pour l’ensemble de leurs missions et activités. Elle est également compétente pour la validation des procédures d’évaluation des personnels de ces établissements et organismes.

La description des profils des six membres de ce comité de visite fait ressortir une orientation marquée d’administrateurs de la recherche issus de disciplines, pour les chercheurs et universitaires, assez éloignées des sciences sociales.

L’argument développé dans cette partie découle de l’enquête sur les profils et la méthodologie suivie par les membres des comités AERES pour procéder à l’évaluation des établissements d’enseignement supérieur. L’accent est mis sur un certain de mots-clés de la démarche telle qu’elle est présentée sur le site de l’agence (sous l’intitulé : « Le guide de l’expert »). Il en ressort que le protocole et les critères d’évaluation qui ont la faveur de l’agence sont étrangers au monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. Le point étant que le « danger » représenté par cette visite est que l’établissement visité accepte que lui sont appliquée une grille d’évaluation contestable car reposant sur une vision des choses qui ne tient aucun compte de la spécificité du milieu ainsi évalué. Ce qui peut à terme peser négativement sur l’organisation des activités de l’établissement, le choix de ses priorités, l’évaluation interne de ses résultats, en surdéterminant ces derniers de l’extérieur par les propres outils et concepts de l’AERES (stratégie, pilotage, gouvernance, tableaux de bord, sentiment d’appartenance, adhésion au projet d’établissement…), eux-mêmes largement empruntés au monde de l’entreprise et à la démarche qualité qui y est appliquée. Ce qui va naturellement avec la logique de l’orientation hiérarchique qui prévaut dans ce milieu. Ainsi les universitaires administrateurs sont-ils une catégorie liée de manière cohérente à celle du président-manager d’université. Ils sont le produit et les agents des réformes en cours. C’est tout cela qui serait implicitement accepté par les établissements jouant le jeu, sans réserves, de l’agenda imposé par ces agences. Par conséquent, c’est ce risque qu’entendait dénoncer la lettre-pétition.

La réception de la lettre-pétition

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Par Michel Barthélémy, Sociologue, CNRS.

Suivi d’une réponse de Jean-Michel Roddaz, Responsable Département SHS/ANR

Après le débat consacré à l’AERES (1), des enseignants-chercheurs de l’EHESS organisaient une deuxième rencontre (2) portant cette fois sur une autre institution récente, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) (3). Celle-ci a pour objet de financer des recherches sur projet, émanant d’équipes de recherche publiques comme privées (entreprises, notamment), autour de certaines thématiques, et concernant les grandes branches de la connaissance. A côté de ces programmes, il existe la possibilité de soutenir un petit nombre de projets de recherches libres quant à leur sujet, appelés « programmes blancs ». Les financements portent sur une période maximale de quatre ans (4).

L’apport ambivalent de l’ANR à la recherche

Les constats des participants à ce débat qui ont soit participé au conseil scientifique de l’ANR à ses débuts ou bien bénéficié d’un contrat de cet organisme, se rejoignent sur un certain nombre de points. Ils reconnaissent tout d’abord que les sommes que l’ANR met au service des équipes dépassent de loin ce qu’ils auraient pu obtenir de leurs laboratoires de recherche. L’ANR a pu ainsi concourir à la réalisation de recherches de qualité y compris en finançant des disciplines sous-dotées.

Si au départ l’apport financier de l’ANR se faisait dans une perspective de supplémentation des ressources dont les équipes disposent sur les crédits récurrents de leur laboratoire, l’évolution négative de ces crédits tend de plus en plus à faire prévaloir un caractère substitutif.

Par ailleurs, un problème soulevé par divers intervenants tient à l’absence de modulation possible dans le soutien financier qui ne concerne que des projets assez lourds, pas toujours adaptés aux besoins de la recherche en SHS, ceux où quelques milliers d’euros suffisent. Or ce n’est pas le format des contrats ANR.

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Les évaluateurs de l’AERES sont-ils des « pairs » ?

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Réflexions sur le débat à l’EHESS sur le thème « L’AERES et après ? »

Par Michel Barthélémy, Sociologue, Cnrs

Le premier des « Grands Débats de l’EHESS » à s’inscrire dans le prolongement de l’opération « Changeons le programme » s’est tenu le 25 mars 2009. Il a présenté un ensemble de témoignages, de réflexions et d’analyses présentés quasiment à chaud sur la dernière vague en voie d’achèvement de l’évaluation des équipes de recherche par les comités de visite de l’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) (1). Ces interventions étaient le fait d’universitaires dont l’unité avait été l’objet de l’une de ces visites.

Le présent texte ne prétend pas restituer en détail les différents points du débat (2). Il est plus limitativement consacré à discuter l’affirmation courante, et du reste réitérée par le représentant de l’AERES qui participait au débat, qui tient que l’évaluation à laquelle concourent ces comités est le fait de « pairs ». En ajoutant que le choix offert était entre cette configuration là ou bien le recours à un cabinet de consultants externes ou encore à des administratifs – « comme en Allemagne », a-t-il précisé.

D’un point de vue formel, il est indéniable que les participants à ces comités de visite sont composés de membres de la communauté universitaire. Un certain nombre d’entre eux sont des universitaires étrangers. A ce titre, ils peuvent se réclamer légitimement de ce statut de « pairs » vis-à-vis des membres des unités de recherche qu’ils viennent évaluer (3). Toutefois, une bonne partie du débat a avancé des arguments rendant cette identité pour le moins problématique. Le point faisant problème était précisément la signification qu’il convient d’accorder au terme évaluation en comparant les anciennes aux nouvelles pratiques qui se mettent en place.

Si l’on reprend l’affirmation du représentant de l’AERES, et qu’on la compare à l’intervention de N. Dodier, on s’aperçoit que les deux formes d’évaluation qui se font face sont très différentes l’une de l’autre dans leur esprit comme dans leur procédure. L’évaluation en vigueur jusque là, dans les commissions des organismes de recherche, notamment, est le fait de petits groupes de chercheurs et d’enseignants-chercheurs, dont une partie sont élus par leurs pairs, pour une durée de quelques années et qui mettent en place des règles d’évaluation ad hoc. Ils le font en fonction de critères qu’ils dégagent de l’intérieur même de leur comité et pour les fins pratiques de la tâche qui leur est assignée, soit l’évaluation d’équipes, projets de colloque ou d’édition, chercheurs, etc. La mise en place des critères jugés pertinents donc objectifs, c’est à dire acceptables par les participants comme fondement adéquat de leur travail d’évaluation, et reconnaissable sous ce jour par les instances supérieures de même que, potentiellement, par l’ensemble des membres de la communauté scientifique à laquelle ils appartiennent, suppose de faire activement partie de ces commissions et de prendre part à leur définition collective. En ce sens, la commission est à une double place d’observateur et de juge de la vie de la communauté dont elle est appelée à se prononcer sur les réalisations les plus récentes de ses membres ainsi que sur les activités projetées. Elle évalue leur intérêt et portée scientifique, sur la base de critères localement établis, internes à la profession, à son état et ses pratiques disciplinaires du moment, à la nature et à la teneur des dossiers à traiter ici-et-maintenant, en mobilisant la compétence et l’expertise variées de ses membres qui sont appelés à parvenir à une position commune sur les principes leur permettant de traiter les dossiers soumis à l’appréciation de la commission. C’est une version éprouvée de la parité et de la collégialité. Perfectible, certes, mais effective.

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Par Igor Babou et Joëlle Le Marec.

Bruno Latour, sociologue des sciences, vient de publier un article d’opinion dans Le Monde sous le titre : « Autonomie, que de crimes on commet en ton nom ! » (Le Monde, 25.02.09. Lire l’article en ligne).

Enfonçant les poncifs journalistiques, l’article de Bruno Latour commence par une phrase choc accusant les intellectuels (tous les intellectuels) de gauche (selon le poncif, un intellectuel est forcément de gauche) d’immobilisme : tel des « chauffeurs de taxi », les universitaires seraient installés « dans la défense obstinée du statu quo ». Merci de la comparaison avec les chauffeurs de taxi : on ne sait pas trop, cependant, qui cette plate analogie est chargée d’insulter, et pour le moment, le syndicat des chauffeurs de taxi n’a pas réagi. Dans la foulée du discours méprisant de Nicolas Sarkozy le 22 janvier 2009, Bruno Latour naturalise sans honte, outre le registre de l’insulte et de la stigmatisation qui fait le lit de l’anti-intellectualisme ambiant, ce qu’il ne peut pas ne pas savoir être un mensonge : contrairement aux accusations d’immobilisme, il y a un rythme intensif des changements dans l’enseignement supérieur et la recherche. Ces changements ont pu être liés aux initiatives du milieu universitaire lui-même. Mais cette dynamique des changements internes est désormais paralysée par le rythme frénétique des mutations imposées pat l’État, et elles seront évidemment entravées par la logique tatillonne, gestionnaire, managériale de la loi sur l’Autonomie des Universités.

Réaffirmons-le avec force : l’université n’a en aucun cas été un lieu d’immobilisme durant les dernières décennies. Elle a formé des centaines de milliers d’étudiants, a développé d’innombrables filières, a créé feu les IUP (Instituts Universitaires Professionnalisés), qui ont été des succès remarquables avant de se voir supprimés par des réformes imposées sans aucune connaissance de ce qui se faisait localement à l’initiative des dynamiques propres de chaque université.

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Réponse à l’appel d’offre

« Veille de l’opinion »

du

Ministère de l’Amour du Savoir et de la Libre Pensée

brazil

Proposé par :

Laboratoire d’Ergonomie de la Connaissance Pure

Université Autonome de l’Élysée

janvier 1984

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Table des matières

Objectifs. 4

1. Diagnostic scientifique de la situation politique et morale française. 4

2. Problématique : liquider la pensée déviante. 4

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