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On se souvient des déclarations du Medef critiquant certains manuels d’économie utilisés au lycée qualifiés de trop « marxistes »… Education et idéologie auraient des liens ténus. Soyons vigilants.

Quelles sont les valeurs enseignées à l’école en matière d’éducation civique ? Comment parle-t-on de citoyenneté aux nouvelles générations ?

Pour le savoir, il peut être utile de se référer au « Cahier du Citoyen » édité par Hachette Education (2005). Pour nombre de collèges, ce manuel figure dans la liste des fournitures et livres à acheter en début d’année de 5ième. Il en existe certainement d’autres, disponibles chez d’autres éditeurs : le traitement des axes du programme officiel y est-il sensiblement différent ? Comment sont choisis au collège les manuels pédagogiques de référence ?

Ces questions restent ouvertes mais la lecture critique du manuel édité chez Hachette fournit un début de réponse édifiant !

La citoyenneté enseignée à l’école : « Egalité, Solidarité, Sécurité »

Depuis quand la Sécurité est-elle une valeur citoyenne ?

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Au chapitre de cette éducation :

Passons sur la Sécurité routière page 58 redoublée par « un comportement responsable sur la route » (page 60) et un zoom de circonstance « conduire un 50 cm3 » (page 62).

- Page 54 : La sécurité dans la vie quotidienne

Où les notions enseignées sont désignées par « dangers », « accidents », « pièges » avec leur corollaires : bons « réflexes », « prévention ».

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Romanesque et le Passager Clandestin

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Comment aujourd’hui peuvent naître et se développer des alliances entre des acteurs qui cherchent à défendre des formes d’action et de création indépendantes dans des milieux a priori très différents (création littéraire, milieu éditorial, recherche, éducation populaire) ?

Comment repérer et faire vivre ces alliances dans le contexte asphyxiant d’une injonction permanente à communiquer, promouvoir, rendre visible des initiatives qui la plupart du temps relèvent essentiellement du marché de l’innovation ?

Un exemple parmi d’autres nous en est donné avec la parution du roman « Romanesque » aux toutes nouvelles éditions du Passager Clandestin (en librairie, diffusion Pollen). Ce sont les nouveaux outils techniques d’aide à l’écriture et le contexte électoral qui ont inspiré son roman Romanesque 2.0 à Olivier Las Vergnas, par ailleurs astrophysicien, acteur de l’éducation populaire, directeur de la Cité des Métiers.

Ce roman paraît dans une maison d’édition créée ex-nihilo tout récemment : Le Passager Clandestin.

Ce que de telles initiatives montrent, c’est que la rationalisation forcenée des modes de production de l’innovation, y compris dans le domaine de la création littéraire, de l’édition, de la critique, ne peuvent pas empêcher l’initiative de recréer des espaces propres qui mobilisent à chaque fois de nouveaux collectifs.

C’est une dynamique toujours fragile, souvent saluée sur le mode ambigu d’une promotion de l’éclectisme et des démarches « expérimentales » pour mieux en minimiser la portée, mais qui peut fonctionner grâce aux liens entre des réseaux qui échappent aux déterminations politiques et professionnelles classiques. Ces réseaux ne se développent pas sur le mode d’une création marginale, clandestine, ils sont animés par des universitaires, des éditeurs, des acteurs institutionnels, des artistes, des militants, qui ne trouvent plus dans leurs milieux institutionnels professionnalisés les espaces d’action et de réflexion critique libre.

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Babou, Igor et Le Marec, Joëlle, « Nova Atlantis – Manifeste pour une utopie baconienne en sciences humaines et sociales », Alliage n°47, Anais Editions, 2001, p. 3-10.

Croyons-nous encore à la possibilité d’un travail collectif en sciences humaines et sociales ? Certes, les réseaux, axes thématiques, groupements de recherche, et autres groupes d’études, ne cessent de se créer. Mais la plupart du temps, les chercheurs sont sommés de s’associer sous la pression des modes de financement de la recherche et des logiques administratives et comptables de constitution des équipes, en alignant des « forces » et des réseaux d’influence, en promettant une interdisciplinarité bien souvent commandée par la seule nécessité de faire avec l’hétérogénéité de démarches individuelles. Existe-t-il encore malgré tout la possibilité de faire exister des groupes de recherche qui soient fondés sur un véritable projet scientifique commun ?

Croyons-nous encore en une vision de la science comme travail collectif, empirique et public ? L’une des caractéristiques de la pratique scientifique est l’effacement de l’auteur derrière un discours dit « rationnel » qui évite le recours au « je » de la subjectivité et des positions d’autorité. La science tente de contrer la puissance des discours d’opinion et d’autorité en confrontant ses hypothèses à la résistance des portions de réalité qu’elle découpe conceptuellement et sur lesquelles elle travaille empiriquement. Mais dans le même temps, la métaphore du « champ » scientifique, les structures éditoriales et l’organisation de la recherche ne présupposent-t-elle pas une topologie, des guerres territoriales et des systèmes d’exclusion qui montrent que des sujets s’affirment et posent leur identité en tant qu’auteurs ?

La question que nous posons est alors la suivante : croyons-nous encore à l’utopie baconienne de l’organisation collective de la production des connaissances ?

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