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Dans un article du 05.02.11 intitulé “Les chercheurs français sommés d’être discrets“, la rédaction du Monde relaie les propos de Bernard Valéro, porte-parole du Quai d’Orsay. On y lit que les chercheurs fonctionnaires seraient “astreints à une obligation de réserve” :

Le Quai d’Orsay a demandé aux spécialistes français de l’Egypte présents sur place de ne plus s’exprimer dans les médias sur ce pays. L’information, révélée par Mediapart, a été confirmée par le ministère, samedi 5 février.

Le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, a précisé que cette recommandation concernait des chercheurs français fonctionnaires, qui sont astreints à “une obligation de réserve”. Il a ajouté que cette règle s’appliquait au fonctionnaire “surtout lorsqu’il s’agit de parler de ce qui se passe dans le pays où il a reçu une autorisation de séjour et de travail”.

“La deuxième raison, c’est que compte tenu du contexte en Egypte, pour des raisons de sécurité, il y a eu une recommandation de l’ambassade de dire n’en faisons pas trop, n’apparaissez pas trop publiquement. Si vous rentrez en France, vous pouvez vous exprimer, mais là, il faut faire attention”, a-t-il estimé.

Les attaques contre des journalistes ou des étrangers, commises le plus souvent par des partisans de M. Moubarak se sont multipliés ces derniers jours.

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Réflexe citoyen et universitaire, nous avons, à l’ENS de Lyon, voulu manifester notre indignation suite à la censure de la conférence de Stéphane Hessel prévue le 18  janvier dernier à l’ENS de Paris. Cette conférence devait se dérouler avec Leïla Shahid, représentante de la Palestine à Bruxelles, les pacifistes israéliens Michel Warschawski et Nurit Peled,  la députée socialiste Elisabeth Guigou et le secrétaire-général-adjoint du Syndicat de la magistrature, Benoist Hurel. Le débat portait sur la répression de l’opération de boycott des produits israéliens, l’opération BDS « Boycott, désinvestissement, sanction ».

Un appel a été lancé à l’ENS de Lyon, en direction des syndicats, collectifs et individus sur quelques listes de discussion locales. Nous proposions d’écrire à Mme Canto-Sperber pour dénoncer ces abus de pouvoir et ces atteintes à la liberté d’expression, de réunion, de débat, etc. Dans le même temps, nous souhaitions exprimer notre solidarité collective à nos camarades et collègues d’Ulm qui ont dénoncé cette censure, ainsi bien entendu qu’à Stéphane Hessel et aux intervenants censurés (Stéphane Hessel et Régis Debray ont d’ailleurs réagi dans un article du Monde en décrivant ce qu’ils auraient pu dire si la censure ne les avait pas frappés).

Nos collègues lyonnais étant trop tétanisés à l’idée de prendre position collectivement, nous avons donc envoyé individuellement des mails de protestation à Mme Canto-Sperber. Nous ne savons pas si, par ailleurs, d’autres courriers de protestation ont été envoyés individuellement.

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